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CENI: Le retour des factions maléfiques

La CENI revient sur la scène par un petit tour de sondage interne à Kindia et un détour politique à Sékhoutouréya pour confirmer sans détours que ses vilains tours recommencent. Elle revient avec ses discours, questions et hypothèses maléfiques.

Bakary Fofana, président de la CENI

Bakary Fofana, président de la CENI

Lisez, si vous n’étiez pas à la retraite de la cité des agrumes: « Il s’agissait … de savoir si les ressources publiques ont été mobilisées à temps et utilisées à bon escient, si les contributions annoncées par les partenaires sont effectivement libérées et dans les délais impartis, si les forces de défense et sécurité ont joué leurs rôles et ont agi professionnellement».

A ces trois « si » évocateurs des soucis et « besoins » tant financiers que sécuritaires de la CENI, les guinéens auraient bien voulu qu’on ajoute un couple de « si » une institution aussi gourmande en ressources et si avare en informations a joué son rôle dans l’indépendance et l’équité. Les commissaires qui en sont les membres connaissent la réponse même s’ils ont besoin de la FOSSEL pour leur sécurité en la donnant à la face du monde.

Les populations de toutes les régions ont certainement gardé un souvenir amer des constructions géopolitiques géométriquement immondes qui leur ont été appliquées en guise de listes de bureaux de vote mais ont tu douloureusement leurs souffrances atroces dans une accalmie sociale précaire que la CENI revient perturber.

Les nombreux compatriotes assassinés dans les manifestations doivent aussi et sans doute faire partie de cette réponse globale  délicate.

La communauté internationale en sait beaucoup de choses car ses experts ont dû dormir à la belle étoile, lors du dépouillement des votes des élections législatives pour aider à éviter de justesse, des résultats truqués à Conakry. On ne le dira jamais assez ! Cette CENI s’est donné une profession : « fatiguer le peuple de Guinée » !

Par ses combines interminables et ses complaintes marginales ponctuées d’exclusions bruyantes de groupes ou d’individus d’appartenance ou d’affiliation provisoires bâties sur des intérêts du moment plutôt que sur la cause commune des guinéens. Il y a à redouter que l’audience discriminatoire au haut niveau après la rencontre de Kindia n’annonce un plan secret qui se concrétisera en annexe impératif d’une feuille de route « mythique » que la CENI, sortie de sa piste constitutionnelle et institutionnelle, a confectionnée pour arbitrer les prochaines échéances électorales.

En tout cas, pour une fois sur la planète « Terre », il y aura un « calendrier sans date ». C’est le nouveau chronogramme que l’institution chargée des élections propose en toute indépendance au peuple mobilisé de la Guinée indépendante. Il paraît qu’une « date » – une seule– viendra d’elle-même quand les acteurs politiques auront fini de s’approprier du rôle de tripatouillages que la CENI a décidé de leur concéder à partir de sa retraite de Kindia. Cette stratégie risque de prospérer sur un terrain fertile. En effet, les empressements habituels ont commencé à dicter de tous côtés des concessions majeures pour laisser intacte la machine électorale sous le prétexte naïf d’une course contre la montre. Dans cet enjeu à hauts risques on aurait tort de faire du tort à l’opérateur technique qui risque d’être gardé pour le plaisir du maître à bord. En tout cas si tout le monde semble pressé, on sait qui a toujours accéléré la marche électorale. La même cause produisant les mêmes effets, on attend que ce « maître » des pas vers les élections soit prêt. En attendant il devient certain que le chemin à parcourir d’ici 2015 semble semé d’embûches pour une opposition en recomposition perpétuelle et d’incertitudes pour le climat politique national dans son ensemble.

Ces deux derniers mois avant la fin de ce semestre essentiellement sanitaire, nombre d’acteurs sont en vacances ou en villégiatures politiques. D’autres profitent d’un certain silence parlementaire pour réétudier leurs alliances récentes en vue d’afficher leur intention la plus vraisemblable en rapport avec une candidature ou des candidatures aux élections de 2015. Quoi qu’il en soit les déclarations récentes semblent dire qu’en la matière, les paroles prononcées dans l’euphorie législative ne sont guère des montagnes. Il appartient aux plus concernés de comprendre cet énigme politicien.

Encore une fois que « chacun se trompe de plat mais non de parole». Celle qui vient d’être dite à Dalaba par le jeune leader des NFD « appartient » de droit à quelqu’un dont la générosité politique risque d’être payante ou plutôt coûter cher.

Ce n’est pas seulement de ces côtés que des interrogations existent.

L’absence prolongée d’un des leaders charismatiques de l’opposition classique suscitent des commentaires sur sa volonté d’imputer ou pas d’une voix essentielle le parlement guinéen. Pendant ce temps une transfuge de son parti a décidé de s’inscrire en « non inscrite » à l’assemblée nationale alors que les gros bonnets de sa formation politique prennent la tangente, on ne sait vers quelle direction bénéfique ou bénéficiaire.

C’est dans ce contexte de combustions électorales secrètes que des commissaires  dénoncent à cor et à cri leur marginalisation lors des récents conciliabules nocturnes de Sékhoutouréyah. Ainsi les jeux de cache-cache commencent. C’est comme si les habitudes qui consistent à se mettre en rangs derrière des intérêts sordides, construire des « complots » ou se plaindre quand on est exclu des réseaux reviennent brouiller les cartes institutionnelles de l’organe électoral. Les uns complotent, les autres se plaignent de n’avoir pas été associés au montage du complot ourdi probablement contre la quiétude des guinéens; voilà le scénario qui venait de finir et qui recommence.

Dans cet imbroglio illisible pour le guinéen moyen, l’institution électorale ne cache pas son instrumentalisation par un certain bord politique. Ce n’est pas exagéré de dire qu’en allant à Sékhoutouréah avec un groupuscule visiblement partisan, le Président de la CENI a choisi de commettre de façon flagrante son « Nième » péché institutionnel.

Dans le marigot des sentinelles internes et internationales de la situation sociopolitique guinéenne, personne ne pourra nier avoir été alertée sinon avertie.

L’union européenne avait quant à elle averti par un document solide que sans dispositions foncièrement responsables, les prochaines manœuvres électorales seraient plutôt rudes. Les rédacteurs d’accords ambigus peuvent prendre leurs stylos ; ils auront bientôt du travail.

Toutes les mouvances, à l’aide des ondes radiophoniques, parlent d’un certain Accord politique du 3 juillet 2013. Les unes pour nier sa validité, les autres pour revendiquer son application.  On peut résumer la polémique par le constat évident que l’essentiel de cette entente viciée est finalement laissé de côté en attendant les prochaines convulsions sociales.

Un parlement silencieux même en période de session des lois, une institution électorale divisée, des partis politiques en ébullition, un gouvernement ressuscité pour une mission non encore élucidée, une justice en divorce total avec les populations qui se font justice tous les jours, une société civile en perte de vitesse, des échéances électorales aux calendriers incertains, une fièvre Ebola connue en différé, c’est peut-être ça que le plus autorisé des guinéens a appelé « un pays sans Etat ».

Quand les élections à la Chambre du commerce suscitent tant de palabres et la CENI se réveille sur un fond bouillant de polémiques inaudibles, on peut se demander si le peuple de Guinée a besoin de ce genre d’échos dissonants de la part de son intelligentsia historiquement interpellée.

L’héritage dont on parlait en 2011 est-il toujours le même en ces temps où chacun s’interroge sur la fin d’une transition en prolongation continue ? C’est le moment de s’entendre sur la signification d’une métaphore lancée il y a trois ans et qui disait solennellement que « Guinea is back ! ». Le plus urgent à scruter est que la CENI ressurgit telle que les guinéens l’ont connue avec son outil technique. « Partis inanimés, avez-vous donc une âme ? ». Parlementaires, prenez vos dictionnaires, trop de mots et de maux vous interpellent. Comptez au moins les dossiers constitutionnels en instance si aucune loi ne vous est tombée sous la main. En dépit des vicissitudes, le peuple croit en ses députés et leur demandera sous peu des comptes.

Lamarana Diallo

le Pop

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