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Mohamed Saïd Fofana, une piètre manière de passer aux aveux

Je suis tellement fan du raisonnement, que même un  raisonnement peu orthodoxe m’impressionne au point de me faire perdre la tête. J’ai surtout l’habitude de suivre, avec attention, les incohérences dans les discours du président Alpha Condé.said fofana

Le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, je le suis  très rarement. Parce qu’il parle très peu.  Ce qui est logique: notre type de régime présidentialiste, le veut ainsi. Le président de la république, très verbeux. Le premier des ministres, moins prolixe, disons, peu bavard.

Cependant, cette semaine, dans un quartier de notre capital, Conakry, M. Mohamed Saïd Fofana est sorti de l’ordinaire. Le jeu en vaut la chandelle, il est question de défendre le bilan de quatre années de gouvernance du président Alpha Condé. Défendre un bilan en passant, en quelque sorte, aux aveux.

Notons bien que passer aux aveux, c’est la reconnaissance de sa culpabilité. La confession. Quand on échoue dans une entreprise ( le fait d’entreprendre ), et qu’on doit  passer aux aveux, on assume notre responsabilité. Pas de demi-mesure.

 Notre premier ministre passe aux aveux et, reconnaît que le président Condé a pris des engagements qu’il n’a pas honorés. Conakry est toujours plongé dans l’obscurité. Le problème d’eau reste irrésolu.

Mais, quel aveu lorsqu’on indexe les autres comme étant les coupables ! Quel aveu, lorsque M. le premier ministre affirme que l’échec du gouvernement est la faute de « On nous a menti, on n’a trop menti au chef de l’État. On lui a fait prendre les engagements lorsque ce n’était pas le bon choix. C’est pourquoi, dès son arrivée au pouvoir, dans l’enthousiasme, il a promis à tous les guinéens qu’il va donner le courant et l’eau dans un meilleur délai ».

Un président. Un opposant historique, de plus de trente ans dans l’opposition, par conséquent qui  connaît et comprend parfaitement les problèmes guinéens, à outrance, ne possède pas ses propres engagements  pour son pays. « On lui  fait prendre des engagements…». Des mauvais engagements que l’opposant historique est incapable de jauger, ou d’apprécier, avant de se laisser aller dans l’« enthousiasme » des promesses de tout genre.

Toujours dans son élan hors de l’ordinaire, le premier des ministres guinéens, cette fois, joue le philosophe religieux. « Il y a cinquante ans que nous sommes dans l’obscurité, dans le manque d’eau. Ce n’est pas le président Alpha Condé qui a amené cela. Craignons Dieu en disant certaines choses. Je m’adresse à tous les guinéens. Même si on ne craint pas Dieu parce qu’on ne le voit pas, mais il faut avoir honte de lui parce que lui nous voit »,   souligne Saïd Fofana.

C’est une véritable massue sur la tête. Car lorsque M. Saïd Fofana avance, dans sa promesse, que la  « Guinée va vendre du courant à toute l’Afrique de l’ouest », je suis convaincu et persuadé que c’est bien lui qui n’a pas honte de Dieu. Par ce qu’il est lui-même incapable de nous dire qui sont ces « On…nous a menti, On… a trop menti au président Alpha Condé ». Le pronom personnel indéfini « On » couvre qui M. le premier ministre ?

Les discours démagogiques sont dangereux. Ils nous empêcheront toujours à reconnaître nos fautes, donc à ne jamais situer nos problèmes.

Naby Laye Camara

Bruxelles

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