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Politique générale du gouvernement : Retour sur l’histoire de l’oubli de la culture

Depuis quelques jours, une histoire d’oubli a effrayé ma chronique, jusqu’à la semaine dernière. Cette semaine, je jette ma frayeur et du lion je taquine la crinière. Un certain PM devant notre assemblée en mi plénière aurait fait une zappette plutôt amère. Paraît que, comme dirait ma Houlay première, l’imam Saïd aurait éjecté la culture de sa prière. Rien à foutre de ces ar-tristes et de leurs muses qui se shootent au ganja et sniffent de la blanche poussière. said fofana

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Quand la caboche est remplie de mamaya et de salamecs, pas de place pour des saltimbanques aux rêveries de pauvres hères. Voilà l’oubli majeur des hommes de culture avec leurs utopies singulières. Pourtant, ils devaient se rappeler que le mot culture commence par cul; y’a donc rien d’étonnant pour qu’elle se retrouve derrière. Si vous cherchez un synonyme de cul, vous trouverez pas mieux que derrière. En termes de rimes, à culture je peux vous offrir pourriture, souillure, vomissures. Entre toutes ces musiques de fière allure, le PM n’aura eu que l’embarras de puante nourriture.

En bon Guinéen qu’il est, ne s’intéressant aux hommes de culture que pour des panégyriques insipides et sans saveur. Sékou Touré s’est barré avec notre peu de valeur. Depuis que le daron de l’indépendance a passé l’arme à gauche, les artistes ont perdu de leur belle couleur. Les œuvres n’ont plus leur lustre d’antan dans un pays dégoulinant de fétide sueur. L’oubli du premier de nos ministres n’a absolument rien d’étonnant mes frères et sœurs. Le pays tout entier n’en a cure de nos élucubrations qui ne chatouillent que nos égos pondus en mauvaise pesanteur.

Nos masturbations intellectuelles flottent comme un corps dans l’intenable espace. Nous ne sommes pour tous que de sales petits brasseurs de vent qui trépassent. Y’a qu’à regarder tous les confrères aux cheveux grisonnants qui de longue maladie s’effacent. Ce n’est certainement pas pour service rendu que notre État se sera occupé d’un d’entre nous dans une mauvaise passe. Vous pisserez tout votre sang et hurlerez toute votre douleur qu’on ne lèvera pas pour vous un doigt, même de guerre lasse. La culture, avec la communication, sont les dépotoirs de tous les déchets et de la plus vulgaire des races. Y’a qu’à jeter un coup d’œil sur nos les bâtiments qui abritent nos ministères et les locataires qu’on nous a fourgué pour se convaincre ce dont je jacasse. Quand quelqu’un a échoué dans la vie, en Guinée, c’est là qu’il s’échoue pour nous faire boire la tasse. Y’a que l’armée qui peut à cet égard nous ravir la vedette de ces ratés qui nous envahissent en masse.

Et l’État zieute parfaitement bien cela, avec son regard laxiste, complaisant et méprisant. Lorsqu’il veut jouer les préoccupés, souvent dans l’idée de nous avoir en poche, il nous sert une de ces rencontres rituelles aux discours barbants. Comme des gones qui se précipitent pour un bonbon glacé, on accourt le regard scintillant. On nous cause savamment et on acquiesce bêtement. C’est presque par un bêlement retentissant que nous jouons les moutons navrants. Nous sortons de là, en nous précipitant devant les caméras et les micros d’une RTG qui ne survit qu’en cafardant.

Rappelez-vous que déjà même, avant cette fumeuse rencontre, on s’était divisé en deux camps. Chacun voulant montrer ses belles dents, que de son sourire le PM se barre en se souvenant. C’est là toute la gangrène qu’il faut extirper de notre corps. Notre incapacité à parler d’une seule voix constitue notre principal tort. Y’a longtemps qu’entre nous la confiance s’est tirée à nos querelles nous abandonnant. Nous ronflons de nos œuvres qui ne prospèrent que dans ce pays dont le nombrilisme est des plus inquiétants. Si nous ne nous prenons pas au sérieux, ce n’est pas un PM plus proche de son chapelet que d’une scène de théâtre ou d’un concert qui nous gratifiera d’un intérêt forcément. Si nous voulons être aux premières loges, osons réclamer ce qui nous est dû et refusons qu’on nous danse sur le dos des pas révoltants.

Par définition, l’artiste vibre d’insoumission et de rébellion de tous temps. Mais nous autres en Guinée, la lâcheté et les sempiternelles rivalités ont fait de nous des opportunistes répugnants. Voilà la raison de l’oubli et de ces excuses qui n’auront de lendemains que pour ceux qui se sont affichés dans ce palais fringant. Je parle de ceux qui ont eu le crachoir et qui devront se contenter de ce petit moment de gloire.

La page est tournée et vous aurez servir de faire valoir. Vous aurez permis au PM de s’afficher et de se ficher de nous comme de vulgaires poires. Il vous a laissé croire que la culture compte dans un pays où tout fout le camp sans qu’on ne se laisse s’émouvoir. Un pays qui n’a pas à satiété à manger et à boire, vivotant dans le noir, ne peut se souvenir que sans la culture tout foire. Et ce n’est ni une conférence de presse, ni une confession de PM qui nous feront mieux voir. J’ai la ferme conviction que c’est uniquement par la solidarité, l’engagement et la revendication que nous émergerons de ce ténébreux soir. Mais, puisque ma parole n’est qu’un simplet dégorgeoir de mes fantaisiste utopies, face à une réalité artistique chaotique fait de coups bas et de couteaux dans le dos, je ferme ma gueule et je dégage!

Retrouvez les chroniques de Soulay Thianguel sur la page Facebook Les Tranchantes de Thiâ’nguel

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