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Bambéto, issue de secours!

Une fois n’est pas coutume, hier, Bambéto est devenu une issue de secours. L’axe du mal a fait office de couloir humanitaire ce jour. Parce que ça n’arrive pas tous les jours, ça méritait qu’on s’y attarde au risque de jouer au mauvais troubadour. L’axe qui par le passé chauffait comme un vieux four s’est révélé comme étant l’ultime recours. Bambeto

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Ce jeudi matin donc, tout le monde s’y est précipité avec joie et beaucoup d’amour. Les riverains qui jadis inspiraient haine et désaffection devenus objets de toutes les cours. L’autre axe s’était embrasé et les files indiennes donnaient par ici l’impression que tous les automobilistes de quartier se gourent. Pourtant, ils auraient dû payer la dette des offenses passées avant de traverser la cour. Pour toutes les insultes d’hier, notre main de fer n’aurait pas dû chausser des gants de velours. Elle aurait dû s’abattre sur eux tel le marteau de Thor ravageant tout aussi bien sa cible que son pourtour.

Imaginons un seul instant si les révolutionnaires de l’axe s’étaient levés du mauvais pied et avaient décidé de s’amuser à leur tour. Le boucan que ça aurait donné n’aurait fait rire que les espèces ailées et les nuages qui les entourent. Rappelons néanmoins que le risque que le Grimpeur encourt est une contagion généralisée de ces coupeurs de route chauffés à blanc dans leurs bourgs. Tous les jours, c’est un nouveau quartier qui déverse sa colère sur le macadam sans détour. Ils vont droit au but pour réclamer cette électricité qu’on leur a promis à travers de creux discours. Si tous les axes de la ville se revêtaient des colères de ce mal sourd, je vendrais pas chère la peau d’un certain loup qui court.

Ça fait trop longtemps que de fadaises on nous bourre. Il semble que c’est le message clé de ces barricades qu’on érige tour à tour. Comme pour faire écho à ce délestage imprimé dans notre destin de plus en plus lourd. On en marre que tous côtés sans lubrifiant on nous fourre, allongeant la pitoyable liste de nos deniers qu’on chourre. Des milliards investis dans ce secteur sans que toute cette énergie numéraire n’accouche d’une seule gouttelette en retour.

En tout cas, hier Bambéto avait des allures de la source providentielle au coeur du désert. C’était la course pour y plonger ses lèvres desséchées et amères. Ça ressemblait fort à la revanche de l’opprimé sur ceux qui lui jetaient des montages de pierre. Bambéto qui a fait les frais de tous les qualificatifs méprisants, a ouvert ce corridor sécuritaire. La sagesse africaine commande qu’on ne creuse pas trop profond le piège qu’on éventre contre l’adversaire. Car, on sait jamais qui se précipitera dans le précipice la tête la première. Par le passé, les autres axes ont abandonné Bambéto ou le coinçant plutôt entre leurs ignobles serres.

C’est le moment pour le locataire de Sékoutouréya de multiplier ses prières. À défaut de pouvoir amputer le membre contestataire, la gangrène est en train de se diffuser dans la carcasse toute entière. On dirait que l’axe du mal a jeté des graines dans une pépinière qui, au fil du temps a fait pousser quelques tiges qui démolissent toutes barrières. On dirait qu’il n’y a plus de zones particulières qui bouillonnent de sonorités révolutionnaires. La misère est le meilleur bulldozer pour trouer les frontières. Paraît que même la nationale du côté de friguiagbé a tremblé de cette soudaine colère. Demandez aux deux courteaux de Cauris et au Sot de Gbangbantama qui ont goûté à ce climat délétère. Si toutes les routes sont obstruées par des mendiants de lumière, les détenteurs des torches éteintes devraient craindre pour leurs fragiles carrières. Désormais, les tâches de chacun sont connues dans notre République bananière. Vous avez du courant à réclamer, rabattez-vous sur la route de Kipé afin qu’on vous gueule vos revendications saisonnières. Autrement pour les manifestations politiques et leur cortège de jets de pierre, vous pourrez compter sur la zone de Bambéto et sa gaillarde tanière.

Maintenant, il faut juste espérer pour körö que ces musiques ne se confondent pas dans une seule et unique chorale guerrière. Sinon, ce sera tant pis pour les autorités plus soucieuses de leur réélection que de nos destinées prisonnières. Les jours se suivent et commencent à ne plus se ressembler sur notre terre. La manipulation et la démagogie ne marchent que si le minimum des besoins est assuré pour se taire. Si rien ne se crée ou ne se perd, tout est sur le point de se transformer sous le signe d’une attitude cavalière. Tout ceci nous rapproche dangereusement du souhait de ceux qui en appellent à l’insurrection populaire. Est-ce que les autres axes de notre capitale fière ne veulent plus laisser Bambéto jouer seule la vedette contestataire? On dirait que les autres aussi veulent briller sous les feux de la rampe et dans cette lutte prendre toute leur place héritière. Les petits foyers de tension se succèdent avec une respiration tellement régulière que le corps commence à s’habituer à ces convulsions libertaires.

C’est la deuxième fois que je jette mes lettres assassines telle une mise en garde amicale extraite de ma modeste chaumière. Mais avant qu’on ne s’acharne à me foutre une barbante muselière, c’est ici et maintenant que je ferme ma gueule et je dégage!

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