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Thierno Diouldé Baldé, un artisan qui innove !

La problématique de l’emploi des jeunes est une réalité vivante qui se pose avec acuité en Guinée. Nombreux sont ces diplômés des institutions d’enseignement supérieur et autres écoles professionnelles à peiner à décrocher leurs premiers emplois après leur formation. dioulde

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Thierno Mamadou Diouldé Baldé semble avoir compris cette situation très tôt. Conscient certes que l’école n’est pas forcément le chemin d’or pour gagner sa vie, il quitte les bancs au niveau BEPC.

Passionné de fabrication de petites choses depuis sa tendre enfance et par suite de l’évolution, il pense à concevoir une machine qui tape les bazins d’abord en 2003.

De ses motivations

« J’avais un petit atelier auprès des tapeurs de bazins artisanaux. Maintenant, à chaque fois que je revenais de l’école, j’observais comment ils travaillaient. J’ai constaté que leur boulot était pénible manuellement. Cela m’a amené à réfléchir pour pouvoir créer une machine qui va remplacer l’homme dans l’exercice de ce travail. C’est ainsi que j’ai commencé la création. La première machine, je l’ai finie en 2012. Après, j’ai été encouragé par le service protection intellectuelle qui m’a beaucoup motivé », raconte d’emblée l’artisan.

veloDe la création d’une bicyclette génératrice d’énergie

Très motivé donc, Diouldé Baldé fait une nouvelle création. Cette fois-ci c’est une bicyclette qui permet de renouveler l’énergie dans les batteries. Là, le génie dit s’inspirer au niveau d’une carrière de sable, où il voyait des chauffeurs qui, pour démarrer leurs véhicules, éprouvaient d’énormes difficultés liées à la décharge de leurs batteries. Il réalisera par la suite qu’avec des batteries, on peut gagner de l’énergie électrique.

« D’où, j’ai émis l’idée selon laquelle si on arrivait à avoir un appareil qui pouvait recharger la batterie à l’instant, ce serait plus avantageux au lieu que les chauffeurs amènent leurs batteries chez les chargeurs. La distance est là. C’est une perte de temps, mais aussi le déplacement. J’ai pensé à cela. J’ai créé une bicyclette avec laquelle on fait le sport et en même temps, on renouvelle l’énergie dans la batterie. Et quand on a un onduleur, on peut allumer la télé, les ventilateurs, deux ampoules. Bref, on peut éclairer sa maison avec une batterie de 100 ampères, 12 volts et un onduleur », nous confie-t-il.

De sa troisième création

La découverte ne s’arrêtera pas là. Maitre Thierno Mamadou Diouldé, comme on l’appelle affectueusement,  est conscient du risque qu’encourent les femmes en faisant certaines cuisines dont le tô (aliment à base de la poudre de manioc) qu’il aime tant. Un jour, il échappe de justesse à une brûlure auprès d’une voisine à lui et qui grillait les galettes non loin de chez lui.

fourneaux solution« A chaque fois qu’elle préparait, je constatais qu’avec les fourneaux ordinaires, il y avait un effet : la durée, les risques de se brûler ; des fois, le fourneau est usé, on ne s’en rend pas compte, et il trimbale par terre. Le support n’est pas conçu de sorte de sécuriser la marmite. Un jour même, elle a failli me brûler avec son fourneau qui portait une marmite qui avait à son bord de l’huile chaude comme la femme en question grillait des galettes. Je me suis dit donc qu’il faut penser à solutionner cela. Voilà comment est venue cette idée. Et comme la création est devenue ma passion, j’ai pensé à créer un autre fourneau qui, cette fois-ci a un support qui a un petit poids et qui permet d’empêcher le renversement de la marmite. Donc, un fourneau sécurisé. Et comme j’aime le tô, j’avais constaté qu’en remuant cet aliment, nos mamans et nos épouses sont obligées de faire appel au secours qui tiendra la marmite pendant qu’elles, elles tournent le tô. C’est des difficultés surtout quand on est seul, il n’y a personne pour vous assister. Je me suis dit alors qu’il est nécessaire de trouver une solution qu’on pourra rajouter aux autres idées pour pouvoir améliorer le même fourneau. C’est de là qu’est venue l’idée de visser les marmites. Là, elles sont mieux sécurisées. On lui a donné le nom de Solution Plus », déclare Maitre Baldé.

Des difficultés liées à l’exercice de son métier

Des difficultés, il y en a bien sûr. Mais Baldé cherche autant qu’il peut, à les surmonter. Domicilié à Ratoma centre, secteur Kakimbo, il n’est pas bien vu des siens à cause de l’activité qu’il mène.

« C’est un ami nommé Américain, qui m’a reçu ici (Hamdallaye Pharmacie : Ndlr) dans sa concession parce qu’il a de l’estime pour ce que je fais. A la maison, la vision des parents est différente de la mienne. Ils considèrent que c’est un jeu banal, et que ça les gêne. C’est pourquoi j’étais tenu obligé de les quitter pour venir m’installer chez mon ami Américain Apepeh. Et là, j’ai commencé déjà à produire des fourneaux. On en a fabriqué une cinquantaine. Les gens ont commencé à les expérimenter et ils apprécient le travail. Aujourd’hui, des commandes commencent à nous parvenir ».

« Une autre difficulté, nous n’avons pas un atelier fixe. Je suis donc obligé de prendre mon véhicule chargé de fourneaux pour aller chez les soudeurs auxquels je donne des instructions pour qu’ils fixent des accessoires que je veux ajouter aux fourneaux. Aussi, nous n’avons pas les matériaux de construction sur place. Ce qui fait que la production est lente ».

Du prix de fourneaux

Le prix est fixé en fonction des dimensions. Les petites dimensions d’1 kg sont à 50.000 FG. Et ceux de 2 à 3 kg se négocient à 70.000 FG.

De la capacité de l’énergie renouvelée dans les batteries

Là, c’est en fonction de la capacité d’énergie que fournit celui qui pédale la bicyclette. Et quand vous êtes en train de pédaler, si vous arrivez à mettre une collision entre les deux signes, vous verrez l’étincelle de feu au niveau des corses, parce que c’est comme un véhicule. C’est comme ça, avec le mouvement qu’on effectue en pédalant le vélo, on fournit de l’énergie, mais on la récupère en rechargeant la batterie.

Des rencontres

L’artisan en a fait. Il participa à des foires. La dernière, c’était à la foire artisanale de Labé où les gens ont beaucoup apprécié le travail. Il a été également invité à faire une exposition à Nongo, à l’occasion de la pose de la première pierre du Centre de documentation de la propreté intellectuelle (CDPI). « Ce sont les moyens qui nous manquent, mais l’effort est là, l’intention de mieux faire aussi ».

Perspectives

Dans un avenir relativement proche, Maitre Baldé prévoit de faire une moto volante dont il a déjà conçu la maquette. J’ai fait beaucoup de schémas. Et comme je l’avais dit une fois aux médias, j’ai assez de créations d’abord en théorie. Après ma troisième qui est mise en pratique actuellement, je dois faire un avion qu’on va appeler moto volante. J’ai commencé à acheter des matériaux pouvant me permettre de la fabriquer. J’ai déjà fait la petite maquette que je vous ai présentée tout de suite. Je vais la présenter à mes associés, à mes collaborateurs pour qu’on puisse faire cet avion.

De la capacité de la moto volante

Ce sera comme une moto. Si une moto ordinaire peut parcourir une distance comme celle de Conakry à Labé, la moto volante peut le faire aussi. Mais d’ici là, il sollicite un soutien des autorités et des personnes de bonne volonté.

« Nous voulons être assistés afin qu’on puisse gagner une place appropriée où on peut faire nos créations. Car, il y a des talents cachés qui sont mieux que nous, mais qui malheureusement, ne sont pas connus. La jeunesse guinéenne est capable. J’en ai vu qui soient très intelligents et si vous les découvrez, vous êtes émus », soutient Maitre Baldé.

Du démarrage réel du projet

Il y a un manque de moyens. Comme nous sommes avec les fourneaux. Nous les mettons à la disposition de la population pour que les Guinéens aussi utilisent leurs produits, et que ces mêmes produits soient utilisés ailleurs.

Apepeh Show est un ami de longue date à Me Baldé qui l’a approché puisque rejeté par les siens parce qu’exerçant un métier qui ne reflète pas l’identité de la famille. Il l’a accueilli à bras ouvert, et a assisté à toutes ces créations de l’artisan.

Utilisatrice du fourneau Solution Plus conçu par l’artisan, Mme Fatoumata Binta Baldé, en plus de l’aspect économique du machin –puisque ne prenant pas assez de charbon-, avoue que faire la cuisine avec ces fourneaux salit moins sa cour plus qu’elle l’était auparavant. Elle en appelle à ses collègues ménagères à se les approprier parce que rapide,  pratique et  sécurisé.

Mady Bangoura pour VisionGuinee.Info

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