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Drame à Taouyah : Du bonheur au malheur, le temps d’un tempo

Un concert masse, des âmes trépassent. Une porte cède, des cadavres s’entassent. Par les eaux houleuses d’une mer nerveuse, des écritures familiales s’effacent. Cette année porte encore en elle le message prématuré d’un Azrael lâche. Pourtant, ces gosses n’avaient esquissé de danse que celle de la joie qui passe. Pas de mélancolie ni de provocation qui menace.Concert-BLZ-I.K

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Ce qui me dépasse, que je trouve dégueulasse, c’est qu’un lieu de concert soit une fatale nasse. Un lieu de toutes les frivolités mélodieuses transformé en fatidique sasse. D’où se sont volatilisées des graines éclosant avec audace. Quand la plage a recueilli leur parure, c’est pour les recracher telle la vomissure d’une pétasse.

Jouer et s’amuser, tel était leur unique objectif. C’est par centaines et milliers qu’à ce concert ils étaient hâtifs. Il ne s’agissait pas d’une de ces manifs dont l’ange de la mort est rétif. Ce n’était pas non plus un de ces lieux d’où ils étaient des étrangers dubitatifs. Plutôt des natifs d’ici venus avoir un kif avec les prophètes de Pobom et Ikélélé incisifs. Des mots dont BLZ et Intinct Killers ont fait canif pour tailler nos maux espiègles sans soutif. Ils n’avaient dans la tête que des couplets de bonheur, quand la panique frappa de sa ritournelle de malheur. Dans le refrain des écumes en chaleur, ils élevaient avec le diable des chorales de transe haute en couleur. Le temps des douleurs oubliées. L’instant des tourments enterrés. Le moment d’une communion réinventée, de graines chimériques follement arrosées. C’était le temps des déflagrations orgasmiques par une musique foutrement juteuse et d’une eucharistie consacrée.

Ils ne l’ont pas vu venir la traitresse faucheuse. Drapée du linceul écumeux des marrées salantes et venimeuses. C’est par la danse macabre des vagues qu’elle surprit les réjouissances voluptueuses. Et d’un, et de deux, et de trois, de quatre, cinq et vingt-six lucioles enflammées arrachées à l’affection d’une terre silencieuse. Et que la mer leur soit légère et affectueuse ! Que son ventre sans fond et démesuré leur soit plus clémente que leur Guinée dédaigneuse.

Cette bénédiction faite, j’ai ma malédiction tranchée à fourguer : Que les âmes de ceux par la négligence desquels ils ont péri soient foudroyées d’une flamme constamment attisée. Qu’ils soient du côté d’un gouvernement ou d’un ministère de la culture estropié. Incapable qu’ils sont d’offrir aux artistes et à leurs publics des lieux de spectacles dédiés. Obligeant les uns et les autres à se replier sur des espaces dangereux, mouroirs sanctifiés de ces âmes promptement sacrifiés. Plages exiguës, esplanade ou salle de congrès d’un palais du peuple incongru, pour des quêteurs de liberté absolue.

Et je le répète : Que les âmes de ceux par la négligence desquels ils ont péri soient foudroyées d’une flamme constamment attisée. Qu’il soit le père démissionnaire ou la mère réfractaire, qui abandonna l’éducation de son enfant au carrefour de ce monde piégé. Incapable qu’ils sont de jouer pleinement leur rôle de guide primaire, devant indiquer la voie à une jeunesse déboussolée. Obligeant les gosses à se faire leur propre éducation, sur les sentiers libertins des films pornographiques et des mimétismes abusés.

Enfin, je le dis une dernière fois, avec la vigueur du phallus exalté d’un cheval en manque, que les âmes de ceux par la négligence desquels ils ont péri soient foudroyées d’une flamme constamment attisée. Qu’ils soient du côté des organisateurs ou des artistes amateurs qui ne jurent que par les bénéfices engrangés et les pépettes recomptés, se foutant éperdument de la sécurité de leurs publics émoustillés. Oublier que le succès est affaire ceux qui viennent te voir, pas ta gueule retapée pipeuse d’herbe séchée et siffleuse de bouteilles importées. Oublier d’où on a trébuche pour se souvenir où on est tombé. Quel toupet !

Et on lance, telle une cantonade rayée, des phrases à chatouiller le dernier des excités. Quand l’un claironne « Une enquête est ouverte », un autre ronronne « une semaine de deuil national est décrété ». On se fout de la gueule de qui, bordel d’une merde qui ballonne ? Parce que c’est sûr qu’ils veulent nous prendre pour des imbéciles ronchonnes, si c’est de cette façon qu’ils fanfaronnent.

Tellement d’enquêtes ouvertes du gouvernement attendent qu’on les ferme que les portes ont fini par pourrir. Tellement de déclarations empreintes de décisions farfelues sont sorties de la bouche de nos gouvernants que des phrases de ce type nous font péter de rire. De grâce, dites à l’un et à l’autre de ces discoureurs, de ne pas empester notre air déjà pollué de leur rengaine qu’ils sont les seuls à chérir. Moi, puisque je ne veux pas d’une contagion démagogique et de ces phraséologies litaniques, il est temps que je ferme ma gueule et je dégage !

Retrouvez les chroniques de Soulay Thianguel sur la page Facebook Les Tranchantes de Thiâ’nguel

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