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Le slogan “c’est notre tour de gouverner” n’est ni raisonnable ni démocratique

L’être humain a un sens de raisonnement qui lui est propre : il  peut  avec le courage,  se tirer d’affaire  en tirant des leçons d’un échec dans le passé. Dans une démocratie pluraliste, ou un pays dont l’hétérogénéité ethnique est très importante, et dont le taux d’analphabétisme dépasse les cinquante pour cent de la population, il est absurde et suicidaire de mettre l’accent, arrogamment,  sur son groupe ethnique au détriment des autres. Naby Laye Bruxelles

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L’élection présidentielle de 2010 fut agitée et belliqueuse,  parce que l’arrogance ethnique était manifestement mise au centre des débats. Cette  attitude irrationnelle et antidémocratique, fut  le résultat de la passion aveugle des uns, et d’un manque de retenue  des autres.

Le président Alpha Condé  ayant perdu le premier tour de l’élection présidentielle, eut recours à tous les moyens  au deuxième tour  pour atteindre son but.  Il réussit, avec la complicité  du pouvoir transitoire d’alors, la politique de tous  contre un. Tous contre un, ethniquement parlant.

Mais, malgré ce complot politico-ethnique de tous  contre un, il est aussi évident, que les données électorales n’auraient pas  bougé significativement  à l’avantage du RPG Arc-en-ciel, si  le  parti UFDG de Cellou Dalein Diallo n’avait pas enregistré dans sa campagne,  des agitations venues des groupuscules incontrôlés, et totalement déterminés à semer la terreur dans la cité.

Ces  agitations furent significatives,  au point qu’elles réussirent à saboter les multiples opportunités dont jouissait le parti UFDG, venu largement en tête au premier tour de l’élection présidentielle. Et bien qu’en coalition avec le parti  UFR de Sidya Touré,  l’UFDG ne put qu’observer, impuissante, sa défaite.

Le slogan «  Les Soussou ont gouverné, les malinkés, les Forestiers, c’est désormais notre tour, à nous  les peuls,  de gouverner », est  certes  une réaction de nervosité, ou de seconde nature – qu’on regrette juste après l’action-, mais une réaction avec des conséquences électorales catastrophiques. Bon nombre d’électeurs qui voyaient de bon œil la coalition Cellou-Sidya, changèrent d’opinions parce qu’ils ne  purent accepter des discours extrêmement arrogants, peu polis et  de connotations ethniques.

 L’UFDG de Cellou Dalein Diallo, en coalition avec UFR De Sidya Touré,  aurait difficilement perdu l’élection  de 2010, s’il eût un maximum de retenue du côté  des groupuscules incontrôlés.

Face à l’échéance électorale de 2015, les leçons doivent être tirées par tous, pour qu’en fin  la légalité soit au centre de tout le débat démocratique.

La constitution guinéenne est claire là-dessus, dans on article 4 : «  La loi punit quiconque par un acte de discrimination raciale, ethnique, religieuse, par un acte de propagande régionaliste, ou par tout autre acte, porte atteinte à l’unité nationale, à la sécurité de l’Etat, à l’intégrité du territoire de la république ou au fonctionnement démocratique des institutions ».

Le principe clef qui définit un gouvernement démocratique, c’est sa représentation dans les élections compétitives, libres et propres. Et celui d’un pays démocratique, c’est l’alternance politique au pouvoir. L’alternance ethnique est absurde, anarchique, irréalisable et source de conflits.

Naby Laye Camara

Bruxelles

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