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A Conakry, les habitudes de vie changent peu à peu

A Conakry, la prévention et la sensibilisation contre Ebola battent leur plein. De plus en plus les habitants de la capitale sont informés des risques et des dangers du virus. Les habitudes de vie changent peu à peu.

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Conakry femmes ebolaDe mémoire de Guinéen, jamais on ne s’était autant lavé les mains à Conakry. Devant chaque bâtiment public, chaque hôtel, chaque restaurant, entreprise, administration ou lieu de culte, on trouve désormais des citernes d’eau chlorée.

Dans les maisons beaucoup d’habitants ne se séparent plus de leurs petites bouteilles d’eau javellisée. L’eau de javel est devenue indispensable aux ménagères. Les mains, les pieds des enfants et même les aliments y sont soumis dans l’espoir d’empêcher le virus de se manifester.

Les Conakriens se serrent beaucoup moins la main qu’auparavant, mais se frottent les coudes pour se saluer. Les plus anglophones appellent cela l’« Elbow Chek », le salut du coude. Référence cocasse au virus Ebola.

Cette prophylaxie fait le bonheur des médecins qui pour la première fois constatent que le choléra habituel en cette saison a disparu de la capitale et des principales villes. Et c’est tant mieux, les autorités redoutaient le mélange choléra-Ebola.

La sensibilisation du public progresse elle aussi à grands pas à mesure que le gouvernement déploie son plan d’action. Que ce soit par des SMS d’alerte, des spots radiodiffusés ou des panneaux d’affichage, chacun est informé du numéro vert mis en place – le 115 – pour signaler des cas d’Ebola.

La guerre n’est pas encore gagnée, mais après une période d’inaction les pouvoirs publics organisent désormais la riposte.

Mobilisation aussi dans les cliniques privées

Au Centre mère et enfant du quartier de Kipé, fondé par le professeur Baldé, tous les personnels soignant portent désormais des gants de latex. A l’entrée, le policier en faction lui aussi pourvu de gants médicaux est chargé de prendre la température des patients en consultation à l’aide d’un appareil électronique à distance.

Si le thermomètre affiche plus de 38 degrés, on alerte le professeur Baldé. Commence alors une procédure de test qu’il nous explique : « Nous faisons les analyses de toutes les causes de fièvres possibles et imaginables. Quand on a éliminé les autres causes, on imagine que ça pourrait être Ebola et qu’on peut le déférer dans un centre spécialisé. »

Jusqu’à présent aucun malade d’Ebola ne s’est présenté dans cette clinique privée pourtant le docteur Barry reconnait une certaine angoisse des riverains : « Il y a une psychose effectivement au sein de la population. Nous essayons de convaincre de vraiment accepter de suivre les instructions d’hygiène pour éviter l’épidémie d’Ebola. »

Ebola est dans les esprits. Mais au Centre mère et enfant, spécialisé dans les accouchements difficiles, la vie continue. Vendredi, le professeur Baldé a sauvé un nouveau né.

Par RFI

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