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Tueries de Womey: Comment les corps des victimes ont été retrouvés

 Le ministre de la communication, de retour d’une mission gouvernementale à Womey, a brisé le silence sur le tragique événement survenu le 16 septembre 2014 à 50 Km de Nzérékoré. Alhousseine Makanera a déclaré que sa sortie médiatique vise à apporter des réponses aux différentes interrogations de nombreux guinéens. 

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MakaneraA Nzérékoré, le ministre de la communication dit avoir œuvré pour empêcher que des rumeurs prennent le dessus sur la vérité. Qualifiant le carnage de Womey d’actes abominables, ignobles et incompréhensibles, Alhousseine Makanera a formulé le vœu que ce genre d’actes ne se répète plus en Guinée.

Dans son speech, le ministre de la communication s’est dit très révolté contre la presse guinéenne. ‘’Je suis déçu de la presse, du traitement qu’elle a fait de ce drame. Le massacre survenu à Womey a frappé toute la Guinée. La presse devrait savoir qu’on ne peut pas être du côté des bourreaux et des victimes à la fois’’, a-t-il déploré.

Après le drame qui a coûté la vie à huit personnes dont des hommes de médias, Alhousseine Makanera soutient d’ailleurs que des journalistes étaient indifférence totale et continuaient, comme si de rien n’était, d’offrir une tribune d’expression à des personnes qui veulent justifier l’injustifiable.

Rappel des faits

Le 16 septembre, le ministre de la communication  et son homologue de santé sont en mission à Mamou pour constater sur place le niveau d’application des mesures de l’état d’urgence déclarée par le Chef de l’Etat pour cause d’Ebola. ‘’On devait passer la nuit à Mamou. Mais quand on a reçu l’information sur le drame de Womey, nous avons roulé toute la nuit, au risque de nos vies, pour arriver à Nzérékoré dans la matinée du 17 septembre’’, relate Alhousseine Makanera.

Le même jour, la délégation gouvernementale en compagnie du gouverneur de région et du préfet de la localité ont entamé des démarches pour retrouver les autres membres de la délégation, au nombre de huit, portés disparus. C’est à Djécké, localité située à 9 Km de Womey, que la délégation apprendra que ces portés disparus ont été massacrés. ‘’Le compte à rebours avait commencé. Il fallait récupérer les corps avant leur décomposition’’, a indiqué le ministre de la communication.

Appuyés sur les prêtres de la localité, les élus locaux, et une délégation du patriarche guerzé de Nzérékoré, les ministres de la communication et de la santé sont allés à la rencontre des habitants de Womey. ‘’Il fallait absolument trouver où gisaient les corps des victimes’’, souligne-t-il.

Les corps des victimes étaient dans un WC… les criminels avaient mis du béton sur eux

Selon les dires d’Alhousseine Makanera, les habitants de Womey étaient au début réticents. ‘’Ils nous racontaient que les huit membres de la délégation portés disparus ont quitté le village pour se cacher dans la brousse’’. Il a fallu que le colonel Rémy Lamah menace de raser le village pour que le lieu soit indiqué à la délégation le lendemain. ‘’Vers 11h, le colonel Remy Lamah est venu avec 75 agents des forces de défense et de sécurité. Quand les villageois ont vu le dispositif de sécurité,  ils ont cédé à la pression mais ont refusé que les forces de l’ordre entrent à Womey. On a accepté et ils ont indiqué le lieu où se trouvent les victimes’’, a-t-il raconté à la presse.

A la rentrée du village, la délégation découvre le corps d’un certain vieux Lamah qui, vraisemblablement s’était opposé à l’attaque de l’équipe anti-Ebola. ‘’Il venait du village Yomata, à 5 km de Womey et était contre  l’attaque. Il a été assassiné avec les 4 membres brisés, et exposé au beau milieu de la route. Nous ne voulons pas diffuser ces images pour ne pas choquer’’, se désole Alhousseine Makanera.

Pendant ce temps, la délégation devait exhumer les corps des autres victimes. C’est ainsi que ‘’les 7 dépouilles mortelles qui étaient dans un WC utilisé à l’école primaire de Womey ont été retrouvés. Les auteurs des crimes avaient mis du béton sur eux pour empêcher que l’odeur ne se propage dans le village et éveiller les soupçons. La folie meurtrière avait atteint un degré qu’un esprit humain ne pouvait comprendre’’, dénonce le ministre.

Tous nos efforts ne doivent pas réduits en néant…

Les corps des victimes exhumés, il fallait informer les communautés auxquelles ils appartenaient, a dit M. Makanera. ‘’Nous avons contacté les coordinations Konianké, Peule, Mano, Sousou pour les exposer les faits et les appeler à intervenir à la radio pour apaiser les esprits pour pour que ça ne dégénère pas’’.

‘’Après avoir évité le chaos, poursuit-il, si tous nos efforts sont réduits au néant, je ne comprends pas. On a évité les bavures des forces de défense et de sécurité sans qu’aucun coup de fusil ne soit tiré. On doit nous féliciter et encourager que des sanctions soient prises contre les auteurs du crime’’, souhaite le ministre de la communication qui annonce qu’à ce jour 32 interpellations ont été faites dont 5 femmes. Ce qui selon lui prouve à suffisance que la machine judiciaire est en marche pour faire la lumière sur ce carnage qui a coûté la vie à 8 personnes.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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