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Drame de Womey: Un sociologue parle d’erreurs de communication

L’éminent Sociologue Alpha Amadou Bano Barry est catégorique. La réticence de certaines populations au virus Ebola et le drame de Womey, qui a fait huit morts, sont les conséquences des erreurs de communication commises dans la riposte contre la fièvre hémorragique.

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Dr Bano Barry2Selon lui, dire que le chimpanzé peut transmettre le virus Ebola revient à stigmatiser une partie de la population Guinéenne qui vit au sud du pays et qu’un cadre du parti au pouvoir s’évertue à qualifier de sauvages. ‘’Il n’y a pas de sauvages en Guinée. Ou alors s’il y en avait, nous sommes tous des sauvages’’, a rétorqué le docteur Barry.

Le dire, c’est stigmatiser une communauté, alors que traditionnellement ces populations ont vécu de façon séculaire pendant plusieurs années avec ces animaux. Elles les mangent, sans pourtant tomber malade.

Il ajoute : ‘’Lorsque vous prenez la carte d’Ebola, vous verrez la Côte d’Ivoire, les Philippines, la Guinée qui sont des zones forestières. Tous les animaux de brousse constituent le réservoir de nouvelles maladies. Lorsqu’il y a déforestation, la nature est agressée par l’homme, ces animaux sortent de leurs terreaux. Il y a donc un transfert de maladies des animaux vers les hommes. Personne n’avait le droit de dire en Guinée où est la source de la maladie, parce que c’est une question de virologue. Ce n’est pas une question de santé publique’’, a indiqué le sociologue qui estime que cela est une erreur qu’il fallait absolument éviter.

La deuxième erreur de communication selon Dr. Amadou Bano Barry, est liée au fait qu’on s’est accentué à dire qu’il n’y a pas de médicament contre Ebola. Dans un pays comme la Guinée, quand vous dites cela dans une région forestière, les gens vont se retourner vers les tradipraticiens, les charlatans et les marabouts. Parce que ce message, aux dires du sociologue, signifie que ça ne sert à rien d’aller à l’hôpital quand on est infecté par le virus de la fièvre hémorragique.

La troisième erreur toujours de communication est à imputer aux autorités qui s’engagent dans une campagne de sensibilisation en Guinée sans connaitre ce que la population sait de la maladie, martèle-t-il. ‘’Qui a parlé de cette maladie à la population ? Par quel canal ? Quels sont les acteurs qui informent cette population ?’’, se demande Dr. Barry

‘’Lorsqu’on ne connait pas ces paramètres, on ne réussit pas à faire passer le message’’, soutient-il. Insistant sur le fait que le rôle de sensibilisation ne doit pas être joué par le pouvoir. ‘’Ce n’est pas aux autorités administratives de faire une campagne de sensibilisation. Il existe dans toutes les communautés de la Guinée des personnes ressources qualifiées capables de transmettre un message qui est mieux compris, et mieux adapté’’, conclut Dr Amadou Bano Barry.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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