Accueil » Politique » La CENI ‘’n’est plus légale’’, selon Aboubacar Sylla

La CENI ‘’n’est plus légale’’, selon Aboubacar Sylla

L’actuelle commission électorale nationale indépendante n’est plus légale. C’est ce qu’a déclaré le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, dans l’émission les Grandes Gueules de ce mardi. L’opposant affirme sans ambages que l’opposition n’a plus que trois représentants au sein de l’institution, chargée de l’organisation des élections en Guinée.

"

Aboubacar syllaCette nouvelle remise en cause de la légitimité de la Céni intervient moins d’une semaine après le recrutement de l’opérateur technique Gemalto en remplacement de la très controversée société sud-africaine, Waymark.

Aboubacar Sylla qui s’exprimait sur radio Espace affirme que Gemalto a été choisie par  ‘’des personnes inféodées au pouvoir’’. ‘’Nous avons déploré la méthode, la procédure qui s’est déroulée dans les conditions d’opacité totale avec le refus catégorique que l’opposition ne dispose que deux observateurs au sein de la commission de dépouillement, comme nous l’avons demandé dans un courrier adressé au ministre de la justice’’, a déclaré le président de l’Union des forces du changement (UFC). ‘’Tout s’est passé comme si la Céni avait beaucoup de choses à cacher et qu’on ne voulait pas que l’opposition s’en informe’’, a-t-il poursuivi dans l’émission les Grandes Gueules.

Tout en reconnaissant l’indépendance de la Céni, Aboubacar Sylla estime que cette dernière doit régulièrement tenir des échanges avec les partis politiques. ‘’Ce n’est pas seulement en Guinée. Ça se passe comme ça ailleurs. Certaines propositions peuvent même être faites par les partis politiques pour améliorer le processus électoral’’. Cependant, explique-t-il, ‘’la Céni doit comprendre qu’elle est un organe technique, même si sa composition actuelle est politique’’. ‘’Elle (la Céni) n’est pas la Cour constitutionnelle qui peut s’enfermer entre quatre murs et se baser sur la loi pour rendre un arrêt. Elle doit collaborer avec les partis politiques’’, a-t-il tempéré.

Gemalto crédible ?

L’opposant pense qu’il y a de sérieuses raisons d’avoir des doutes sur le choix de Gemalto. ‘’La Céni a tenu soigneusement à mettre  l’écart les partis politiques de l’opposition dans tout le processus qui a abouti au choix de Gemalto’’, a-t-il sans cesse répété à l’antenne, révélant que  ‘’l’opposition  conteste la légalité de l’actuelle Céni qui doit avoir une composition paritaire : l’opposition et la mouvance doivent y être équitablement représentées. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’opposition n’a que trois personnes qui se réclament d’elle. Donc la Céni n’est plus légale, elle doit être recomposée pour être conforme aux textes qui la fondent’’.

Dans la commission mise en place pour examiner les offres des sociétés postulantes, Aboubacar Sylla  souligne qu’il y avait la Céni, avec une mouvance présidentielle surreprésentée, la direction nationale des marchés publics et l’Administration générale de grands projets. ‘’Toutes ces personnes sont en principe inféodées au pouvoir qui appartiennent à un camp politique et qui choisissent un opérateur technique qui a un impact décisif sur la transparence et la crédibilité des élections’’.

Pourtant, renseigne l’opposant au régime Alpha Condé, la commission électorale nationale indépendante est l’organe de gestion des élections. A ce titre, dit-il, ‘’elle doit travailler avec les partis politiques qui sont les acteurs majeurs du processus électoral. Nous sommes sevrés des contacts avec la Céni’’, a-t-il asséné. Dans les prochaines heures, l’opposition se réunira au QG de l’UFDG pour statuer sur la question du choix du nouvel opérateur technique, chargé de la révision du fichier électoral.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 664 93 14 04/ cire.balde@visionguinee.info

Abonnez-vous à la newsletter de VisionGuinee pour suivre l'actualité sur la politique, société, économie, sport etc. en Guinée

One comment

  1. Je pense que l’opposition ne précise pas ce qu’elle veut réellement, tantôt le consensus, tantôt la loi. L’opposition ne donne pas aussi le nom des trois personnes qui lui sont encore fidèles ou le nom des infidèles. L’opposition n’est même pas d’accord avec ses propres représentants et les échéances approchent. Je pense que dans ce cas, l’opposition doit porter plainte à qui de droit pour faire remplacer les gens qu’elles supposent achetés par le pouvoir.
    Bonne chance à tous, mais sauvegardons seulement la paix.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info