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Alpha Condé en quête permanent du moindre bénéfice politique (Opinion)

Animal politique jusqu’au trognon, il l’est et ne saurait le dissimuler sous aucun oripeau. Habité par le dessein sournois de toujours tirer ses marrons du feu, il est en quête permanente du moindre bénéfice politique. Mais à force d’en être obsédé, et de vouloir user de tout pour y arriver, il se prend très souvent les pieds dans toutes les fourmilières.

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Alpha Conde et presseChassez le naturel, il reviendra au galop ! On a beau vouloir s’imaginer un autre soi, au gré de virevoltes et facéties de quelle que nature qu’elles soient, le décorum finit toujours par trahir. On a beau emmitoufler ses sortilèges et maléfices, beau les mettre sous éteignoir, sous le boisseau, un Gongloma Sooké, le Dieu des contraires, ça le reste, ça rattrape, ça pend au nez !

C’est l’histoire d’un animal politique aux desseins méphistophéliques, et qui par énigmes et mystères, se les contient malgré soi, mais qui en réalité n’est guidé que par sa boulimie incoercible de tout dévorer, de tout écrabouiller, de tout engloutir, oubliant qu’il a bien fallu que d’autres le laissent grandir et lui prêtent longue vie.

Oui, lui il n’en cure, il s’est hissé au pavois de la forêt, vogue la galère, advienne que pourra, il écrasera toute résistance en travers de son chemin comme une punaise. Il s’en fout du passé qui l’a fait, un passé dont il fait table rase, il s’en fout de tiers et de quart, il s’en moque éperdument comme de sa première chemise. Surtout des écrivassiers et autres journaleux qui peuvent se faire valdinguer dans la géhenne la plus embrasée. Allez cuir dans votre jus, dans votre coin, lui, il n’en a que faire.

D’ailleurs, vous devez le savoir dorénavant, rien, absolument rien venant de vous ne l’émeut ni ne l’ébranle. Vous avez beau noircir de toutes vos ancres, lui il reste de marbre, placide et froid à tout, tout en bottine, se riant à vos nez comme de vulgaires clowns de cirque. Dieu merci que vous ne l’avez pas attendu pour vous tracer une voie, Dieu merci que vous ne l’avez pas attendu pour vous faire de la place au soleil, Dieu merci que vous ne l’avez pas attendu pour atteindre votre impératif catégoriel dans la tache collective d’édification d’une nation démocratique, respectueuse des libertés et droits fondamentaux. Dieu merci oui, s’il en avait été autrement, vous n’auriez pas existé, à plus forte raison cueillir des lauriers.

Je plains un président qui crache dans la soupe, je plains un président qui a la manie de renier le passé en voulant biffer d’un trait de gomme ce qui l’a fait lui-même. Imaginez que la presse qu’il se farcit mal de nos jours, n’exista pas à l’époque, imaginer que cette échelle, ce viatique n’exista pas à l’époque, quel sort le régime militaro-despotique qu’il combattait lui aurait réservé ? Imaginez un tantinet que cette presse n’exista pas, la démocratie dont il se fait chantre, n’aurait pas connu tout le début d’accomplissement qui lui est sien de nos jours. Mais rien d’étonnant de lui, lui qui en vienne aussi à vouloir dénier à ceux qui ne se reconnaissent dans sa gouvernance, des droits dont l’obtention a concentré toute son énergie et tous ses stratagèmes depuis les pénombres de la clandestinité aux années lumières 2010.

Monsieur le président, vous nous rabâchez les oreilles des mêmes ritournelles depuis des lunes, le même chiffon rouge et le même gros bâton en main. Sauf que vous oubliez que nous sommes dans une République où des devoirs sont définis mais où des droits et libertés aussi sont consacrés par les mêmes textes dont nous sommes convenus tous. Par conséquent, vous ne pouvez vouloir régenter ceux d’autrui selon votre bon gré, ou au gré d’une quelconque mesure sanitaire que vous-même vous foulez au pied à longueur de virées à visées électoralistes.

Ne faites pas à autrui ce que vous n’aimiez pas qu’on fasse, n’interdisez pas à autrui ce que vous ne vous interdisez pas. On vous sent la tête près du bonnet, vous montez sur vos grands chevaux pour un oui ou pour un non, ce n’est point de cette manière que crèverez l’abcès du blocage en cours. Vous semblez vouloir tout régler par la bravache, alors que vous courez vers des horizons incertains, en écorchant au vif chaque jour, ceux qui ne vous laisseront jamais le sommeil tranquille. Changer de fusil d’épaule, changer de discours, la parole mange l’homme.

Aboubacar Diallo, dans La Plume

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