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Manifestation d’enseignants vacataires à Kaloum : plusieurs arrestations enregistrées…

Environ 1000 enseignants vacataires ont engagé depuis des mois un bras de fer avec les autorités en charge de l’Enseignement pré-universitaire. Ils réclament leur intégration à la Fonction publique après avoir servi dans des écoles pendant 5 ans à la demande du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation.

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Enseignants vacataires en grève. Image d'archive

Enseignants vacataires en grève. Image d’archive

Depuis 2010, affirme Lansana Dioubaté, membre de la commission nationale des enseignants contractuels et omis de Guinée, le ministre Ibrahima Kourouma en passant par les directions préfectorales et communales de l’Education ont sollicité l’apport de jeunes diplômés dans le secteur de l’enseignement. ‘’C’est ainsi que nous avons accepté l’offre et nous sommes rentrés en classe et occupés les écoles qui exprimaient un besoin d’enseignants. Nous avons servi pendant 3 ans sans salaire, parce qu’il y avait une convention entre le ministère de l’Education et nous ; comme quoi lorsque l’Etat allait demander un recrutement au compte de l’Education, qu’on allait être prioritaires’’, raconte le manifestant, dans un entretien à VisionGuinee.

En 2013, poursuit-il, ‘’ils nous ont promis que nous allons être engagés après un test de recrutement. Mais c’était un test fomenté pour prendre leurs amis, enfants et parents, donc nous n’avons pas été pris. Pour trouver une solution à notre situation, nous avons mis une commission nationale en place et à partir de décembre 2013, l’Etat a commencé à nous payer une prime mensuelle de 470 000 francs guinéens. D’ailleurs, les autorités ont même refusé de nous donner les primes d’octobre et novembre’’, martèle M. Dioubaté.

Selon lui, les manifestants ont frappé à toutes les portes. En vain. ‘’Il n y’a pas une personnalité dans ce pays qu’on n’a pas approché pour résoudre notre problème. Du président de l’assemblée nationale en passant par le ministre conseiller à la présidence Bah Ousmane ou encore le premier imam de la grande mosquée Fayçal Elhadj Mamadou Saliou Camara. Mais sans suite. Que des promesses’’, déplore-t-il.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, des vacataires en colère ont pris d’assaut la Primature. Là, ils réussissent à rencontrer lundi dernier le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana. ‘’Il nous a écoutés et promis de faire bouger les lignes. Mais à notre grande surprise, il n’a rien fait. Donc, nous avons cherché à rencontrer le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et celui de la Fonction publique. Des promesses ont été prises. Ils ont demandé de leur accorder 48 heures afin qu’ils se concertent pour satisfaire notre revendication. Après 48 heures, on n’a pas vu de résultats et personne ne nous recontactés’’.

C’est pourquoi, justifie Lansana Dioubaté, ce vendredi, ‘’nous sommes venus au ministère de l’Enseignement pré-universitaire. Nous n’avons ni insulté, frappé quelqu’un, encore moins casser et jeter des pierres. Nous étions dans la cour du département du ministère de l’éducation car il appartient à tous les guinéens.

Entre-temps, précise-t-il, ‘’le ministre a appelé 11 pickups qui sont venus réprimer les manifestants à coups de gaz lacrymogènes, certains d’entre nous ont été victimes de violences physiques de la part des forces de l’ordre qui ont procédé à des arrestations. Certains enseignants-manifestants ont  été conduits à la maison centrale et d’autres au commissariat central de Kaloum’’.

Joint au téléphone, le ministre Ibrahima Kourouma dit ne pas être au courant de ce énième débrayage d’enseignants vacataires encore moins leur arrestation. ‘’Je ne suis pas au courant. Je suis en réunion. Je ne suis au courant de rien. Je suis en réunion avec mon cabinet, si vous voulez savoir ce qui se passe, venez au département’’ dit-il, avant de raccrocher.

Au commissariat central de Kaloum, un officier de police, sous couvert de l’anonymat a confirmé l’arrestation de manifestants dans l’enceinte du ministère de l’Enseignement pré-universitaire, sans pour autant donner le nombre exact.

Toutefois, indique-t-il, tous ont  été libérés quelques heures après leur arrestation.

Une information confirmée par Lansana Dioubaté, qui précise que 6 parmi eux sont encore détenus dont 4 au commissariat central Kaloum et 2 à la maison centrale.  Il exige la libération de tous les enseignants interpellés pour, dit-il, avoir tout simplement réclamé leurs droits. ‘’Nous sommes prêts à défendre notre revendication jusqu’à la dernière goutte de sang. Ces arrestations ne vont pas nous décourager’’, soutient-il.

Sidy BAH, pour VisionGuinee.Info

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