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‘‘Le processus électoral est marqué par un désordre sans nom’’, selon Sidya Touré

Sidya Touré, président de l'UfrLe président de l’Union des forces républicaines ainsi que ses 23 alliés électoraux viennent de se retirer de l’ensemble du processus électoral, notamment dans les commissions administratives de centralisation des voix.   

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L’ancien Premier ministre Sidya Touré justifie cette décision par les innombrables irrégularités qui ont caractérisé ce scrutin. En point de presse récemment, le président de l’Union des forces républicaines a qualifié ce processus d’être caractérisé par un désordre inédit.

‘‘Nous avons voulu faire un peu le point après le début de ce qu’on peut appeler le processus électoral en Guinée qui est à mon sens marqué par un désordre sans nom. Parce qu’il y a des choses auxquelles on ne pouvait tout simplement pas s’attendre’’, a tenu à rappeler M. Touré.

‘‘Moi, dans ma propre famille, poursuit-il, puisque ce désordre s’étend jusqu’à l’extérieur, mes enfants et ma femme à Abidjan n’ont pas pu avoir leurs cartes d’électeur. Par contre, mon neveu qui habite la même maison, mais qui s’appelle Camara et non Touré, a retrouvé sa carte’’.

Mieux que ça, le conférencier dit s’être rendu compte que plus d’un tiers des bureaux de vote en n’ont pas eu d’enveloppes sécurisées, ou d’enveloppes tout court. ‘‘Et comme vous l’avez entendu, la Céni a décidé de faire le vote sans enveloppes. Ça, c’est une première qu’on n’avait jamais vue auparavant’’, s’indigne Sidya Touré qui déclare avoir également été informé que près de 20% de bulletins dans les bureaux de vote manquent plutôt dans les bureaux de vote, mais ne manquent pas forcément entre les mains de certaines personnes.

‘‘Il me semble inimaginable que pour 6 millions d’électeurs, on ait oublié de commander 2 millions d’enveloppes et qu’on ne retrouve pas plus d’un million de bulletins. A cela maintenant, s’ajoutent les problèmes quotidiens dont les détails sont croustillants. Des bureaux de vote disparaissent’’.

‘‘A Kagbélen, sur 15 bureaux de vote, 5 ont disparu. A Mafanco ici, on en a cherché, il y a deux qu’on ne trouve. A Dabondy, dans notre fief, plus de 200 militaires ont débarqué pour demander de voter dans cette partie, pour le compte de leurs amis qui ne seraient pas là. La même chose se répète à Kissidougou, à Kaloum, ainsi que dans d’autres villes de la Haute Guinée. Il a été également donné la possibilité de voter avec les cartes d’électeurs de 2010et 2013 sans que cela n’émeuve personne. A Tondon, si vous vous souvenez en 2013 d’où était venu le fameux sac en plastique par un sous-préfet pour changer les résultats les résultats de Dubréka, dans cette même sous-préfecture, les 4 bureaux de vote ont été transportés directement chez le sous-préfet. Mais ça, il y a énormément de cas comme cela’’, a-t-il égrené.

Partant de ces irrégularités non exhaustives signalées çà et là, Sidya Touré soutient que ce à quoi l’on a assisté représente une honte pour le pays. En ce sens qu’il dit ne pas être en mesure de croire que la Céni à laquelle il a été demandé de reporter le processus d’une semaine ou deux, question de s’assurer, ne serait-ce que “si le matériel était en place, vienne dire qu’elle n’a pas un tiers des enveloppes, qu’elle n’a pas pratiquement 20% des bulletins de vote, et que partout , je dis bien partout dans le pays, mais particulièrement dans les zones contrôlées par le Rpg, il ne soit possible d’organiser des élections un tant soit peu, acceptable’’.

‘‘Dans nos zones, tout près de Conakry, autour, ce que nous constatons, c’est que vous pouvez venir prendre des bureaux de vote et urnes, les transporter. C’est le cas de Tanènè par exemple. Le sous-préfet dit que la centralisation se fera chez lui.  Et c’est seulement une fois qu’il aura donné son avis que ce résultat sera transporté à Dubréka. Donc, on a énormément de cas comme ça. Et tout cela est suivi par des corps habillés qui font qu’on crée des conditions de frustration qui, à mon sens, ne sont pas de nature à apaiser le climat sociopolitique dans notre pays’’, conclut-il.

Mady Bangoura, pour VisionGuinee.Info

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