Accueil » Politique » Alpha Condé se défait de Saïd Fofana et nomme Youla

Alpha Condé se défait de Saïd Fofana et nomme Youla

Mamady-Youla-Gac-286x300Pour la première fois depuis son installation au pouvoir en Guinée, l’opposant historique devenu chef d’Etat a nommé à la tête du gouvernement un Premier ministre qui remplit d’admiration. Zoom sur ce qui devrait être l’axe de ses priorités.

Economiste, premier de la classe, Mamady Youla est un multilingue au carnet d’adresses riche. Il parle couramment comme il écrit l’anglais et le français. Son attitude est simple et sans éclat. Mais comme on reconnait le maçon au pied du mur, le grand public saura l’apprécier au fil des actes qu’il posera.

A priori, il est là à bonne place dans la nouvelle galaxie Alpha Condé. Celle répondant au profil de quelqu’un d’un background respectable, même si, il faut le souligner dès à présent, brillant économiste doublé de manager, soit-il, le Premier ministre Youla est un néophyte dans le marigot politique guinéen. Il lui faudra donc faire preuve de capacité d’écoute pour apprendre des politiciens vertueux ce qui manque à l’économiste qu’il est pour réussir sa mission de chef d’un gouvernement de technocrates appelés à accroitre les succès engrangés dans les domaines de l’électrification, de l’assainissement et de la récupération du Domaine public maritime (DPM) de nos villes et terroirs.

Imprimer son empreinte

Diriger un gouvernement n’est pas du beurre à couper. Ce n’est non plus facile comme diriger une entreprise de la taille de Guinea Alumina Corporation que Youla a piloté des années durant au grand bonheur des membres de son conseil d’administration. Les réalités sont semblables mais d’un degré si différent, que le risque d’être voué aux gémonies est gros à tous les tournants.

Mais pour la relance de l’économie du pays après les années sans et la catastrophe Ebola, il ne devrait point se faire pasticher dans des liaisons hasardeuses par plus ambitieux que lui. Mais à lui de savoir marquer son passage. Et à lui de décider d’imprimer ou non l’empreinte de Premier ministre dont la Guinée attendait depuis l’avènement de l’ère Alpha Condé en 2010.

Le renouveau avec la communauté internationale étant sur des chapeaux de roue, son gouvernement devra mettre l’accent sur les priorités du moment : relancer l’usine Friguia et la Sotelgui, accélérer la construction et l’équipements des ports secs de Kagbélen, Kindia et Kankan pour s’approprier l’hinterland malien, ensuite sortir la Guinée des contentieux inopportuns avec Rio Tinto et le couple Vale-Bsg dans lesquels est hypothéqué le fer du Simandou et du Zogota.

Dans le même temps, faire face à l’urgence de sauver le pays des cinq années de manipulation tendancieuse de l’héritage socioculturel, d’obsession électoraliste et d’outrage aux principes communs de bon voisinage qui fait de chaque guinéen un consanguin connu ou méconnu de l’autre mais profondément enraciné dans l’histoire récente du rayonnement et de la décadence des monarchies et empires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de l’empire colonial européen.

En finir avec l’égarement des hommes forts du moment, recoudre le tissu social en balisant la voie qui mène à la réconciliation nationale, aider la justice à retrouver sa place dans l’élévation des piliers de l’Etat de droit, et instaurer la récompense du mérite par une gestion suivie et régulière du plan de carrière des fonctionnaires afin de mettre l’administration publique à l’abri des circonvolutions et des conquêtes politicardes.

Voilà autant de chantiers sur lesquels le gouvernement Youla est attendu pour donner du sourire aux Guinéens qui en ont tant besoin. Au cas où, à ses yeux, les signes arrivaient à se compliquer ou s’intervertissaient de manière effarante, Youla devra se rappeler qu’il doit toujours se référer à celui qui l’a nommé et ne point se laisser entrainer inconsciemment dans les pièges d’éventuels jaloux de son ascension ou s’embourber incontinent dans des jeux de clans. Bien que, à l’image de Mohamed Saïd Fofana, l’actuel Premier ministre doit beaucoup aussi aux lobbyistes de la Basse Guinée qui veillent à l’application des termes du pacte politique portant choix du Premier ministre parmi les membres de leur communauté.

En vérité, comme Fofana qu’il remplace, Youla est issu de Forécariah en Basse Guinée. Il est de la famille Youla de Madina-Gbé dont le plus célèbre est feu le Très respecté Naby Youla, conseiller personnel du général Lansana Conté et membre influent du cercle restreint des hommes qui bâtissent l’Afrique et le monde.

Là aussi, la tâche est ardue pour le jeune chef de gouvernement, car à force de vouloir, lui aussi, se conformer ad vitam æternam à satisfaire aux influences nombrilistes exagérément communautaristes dans la gestion et la redistribution des rôles au sommet de l’administration publique, ses choix de gouvernance peuvent accentuer les frustrations déjà perceptibles (…) et déteindre sur le côté présentable de son magister. Malgré tout, Youla a un esprit de puncheur, c’est certainement cela qui va l’aider à triompher.

D. Alpha

le Pop

Abonnez-vous à la newsletter de VisionGuinee pour suivre l'actualité sur la politique, société, économie, sport etc. en Guinée

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info