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Guinéocentrisme versus ethnocentrisme

Ousmane BaldeUn nouveau mot, un nouveau concept qui au fond peut bien résulter à un nouveau comportement qui pourra mettre à un niveau négligeable les sentiments haineux soient-ils intra ou extracommunautaires.

Ce mot n’existe pas à ce que je sache, je le forge non pas seulement dans la conception syntaxique, linguistique ou toute autre chose afférente à la langue. C’est plutôt au-delà de cette forme de convention créée par les hommes –les mots- pour désigner les choses et se faire comprendre.

Comment d’ethnocentrisme, on peut aller vers le Guinéocentrisme ? Est-ce nécessaire de penser –général- avant de penser –spécifique- ?  Quels gap et interdépendance doivent exister entre –Guinéen, Soussou, Malinké, Peulh, Forestier- ?

Pour Claude Lévi-Strauss l’ethnocentrisme, “c’est  la tendance à  répudier toutes les manifestations culturelles et les comportements éloignés de ceux auxquels nous nous identifions”.  Il précise que cette attitude de rejet est ancrée au plus profond de nous et réapparaît chaque fois que nous sommes placés dans des  situations dérangeantes  de perte de repères. »

Pour cet anthropologue français, c’est cela l’ethnocentrisme. Mais en Guinée, il faut bien situer le problème, ethnocentrisme et politique ethnostratège forment un vilain couple. Un couple qui s’est marié de force et qui vit de violences conjugales répétées perpétrées par les conjoints ainsi affectant les enfants dans leur développement mental. Les enfants grandissent en observant les parents censés leur dire d’éviter les conflits se ‘’casser les gueules’’, il faut noter que le phénomène d’imitation est tout naturel chez l’enfant.

Le problème est que ce n’est pas en disant que tel est marié à telle, tel autre est marié à telle, ce n’est pas cela qui peut faire avance les choses, il faut tout une nouvelle chose.

Aimer son ethnie sans heurter les autres, c’est bien possible !

Ce ne sont pas les tendances à réprimer sa propre communauté qui feront d’un homme rationnel, impartial et Guinéen, c’est cet acharnement purement démagogique contre les siens qui font que d’autres se prennent pour des vrais objectifs alors qu’au fond, ils n’ont changé que de cible.

En outre, prendre les autres comme des moins que rien qui ne méritent rien est le comble de la sottise. Beaucoup, aujourd’hui sont ceux qui sont publiquement ou secrètement amer envers les autres ethnies, pourquoi ? Si ce n’est pas les attribuer des connotations haineuses, de fois, c’est aller plus loin en touchant à leurs intégrités physiques. C’est déplorable de constater qu’aujourd’hui, on ne peut pas parler sans être traité de ceci ou de cela, on ne peut même pas agir sans être saboté ou applaudit lâchement.

Il faut impérativement que le sentiment d’appartenance à la « nation : notion qui n’existe d’ailleurs pas » soit ressenti par chaque guinéen, cette sensation doit englober celle d’appartenir à la communauté. Englober ne signifie pas dans mon langage faire disparaître mais être en ligne première. Le -tout- est toujours un –tout- mais sans les parties le tout n’existe pas et d’autre part, un tout déconstruit peut affecter les parties. Ce tout dont je parle ici est bien évidemment le concept –guinéen-, il doit être supérieur à l’individualité ethnique que chaque communauté peut exprimer, mais cette supériorité ne doit pas en aucun cas obstruer les différentes composantes.

Pour être clair, je donne une petite illustration … :

Je suis Soussou, Malinké, Kissi, Kpèlè, Djakhaké, Peulh…, je ne peux pas le changer, mais, je ne dois en aucun cas dire que l’autre est à abattre ou qu’il ne mérite rien de bien.

Le problème est que même la vérité en Guinée est masturbée, désorientée et redéfinie selon les humeurs et intérêts de chaque communauté. Quand vous parlez avec quelqu’un que vous voyez comme l’autre, c’est toujours des clichés vous imaginez dans vos têtes. Et si vous oubliez le terme l’autre et comprendre que celui dont vous désignez comme l’autre doit être forcément inclus dans un « nous ». Un nous qui n’est ni hypocrite moins sélectif mais qui prend en compte tout le complexe de l’ensemble qui constitue ce que je nomme Guinéénité. Tant que le soussouisme, foulèisme, malinkéisme, kissiisme, kpèllèisme… ne dérangent pas le guinéocentrisme, ça va !

Par contre, si ces sentiments portent atteinte à cette beauté –être guinéen-, il faut repenser et réorienter tout en inculquant de nouvelles valeurs dans certaines consciences et panser les plaies et irrégularités suscitées par ce dérèglement sentimental entretenu par des leaders d’opinions et politiques. Seule cette alternative peut vraiment faire qu’un leader ne pourra jamais faire ce qu’il veut.

Il ne faut pas diaboliser les mots et les rendre effrayant, la peur de prononcer le mot ethnie quelque fois par certains qui se retranchent peut faire qu’on se taise sur des problèmes que l’on a le devoir de dénoncer, par crainte d’être appelé ‘’ethnocentriste’’.  Prendre ce mot comme un mot normal. La raison et le raisonnement guinéen sont colorés de sentiments aveugles à juste supporter ou de sentiments de riposte à juste voir le pire par tout.

Vive le Guinéocentrisme qui prend en compte tout le monde et à bas la sélectivité ethnique.

Puisse Allah sauver la Guinée, car chacun pense être plus sain que l’autre, on n’oublie nos priorités et passe tout notre temps à discuter de choses frivoles. Pour une Guinée prospère au-delà des slogans, des rêveries, il faut agir et parler peu afin de laisser le soin aux actions de faire le bruit !

BALDE, El. Ousmane, Ecrivain – Sociologue

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