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Le malaise de la société guinéenne : l’ignorance des intellos

Ousmane BaldeCela parait bizarre comme titre mais il est patent quand-même. Il reflète la réalité du bled où on peut rencontrer un intello –tout terrain- qui connait tout et peut faire tout.

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Je reviens sur mes objectifs habituels, l’éducation : un intellectuel n’est pas celui qui a seulement perçu un papier qui notifie qu’il est diplômé de ceci ou de cela. Sinon quelle serait sa différence avec ceux qui n’ont pas fait une heure sous le toit d’une salle de classe ?

Tant que l’homme qu’il ne faut est nommé à des postes stratégiques, on ne va pas bouger d’un seul pas. Des troubadours –laveurs de chats, gnarymakhè– ronronnent au tour du palais présidentiel et bourdonnent telles des abeilles en faisant le as-tu appris ? Ces ouïes dire qui ont fini de mettre le pays à genoux, des intellectuels sans dignité et expert en diffamation et mensonge sont devenus conseillers du président, ils le diront quoi au juste… Il y a certains qui fabriquent des faits et enveniment les relations entre communautés…

Un ministre de la communication qui communique très mal, on en a eu ! Bon, le plus important des ministères qui est pour moi celui de l’enseignement pré-universitaire est depuis près de dix ans géré par un docteur dit-on. -M. Ibrahima-, on doit au moins connaitre ses propres limites. Quand on a les responsabilités d’un tel ministère qui est en quelque sorte la source même de l’avancée du pays, un an suffit pour savoir si on peut continuer ou pas.

Quand dans les autres pays, on s’appuie sur l’éducation de base –le primaire-, chez nous chaque jour on invente une nouvelle honte que d’autres appellent naïvement nouvelle méthode et la qualifie d’efficace. Des cahiers de composition spécifiques pour les examens, c’est cela la reforme nè ? Lorsque la base est mal fichue, aucun édifice ne peut s’y tenir, je dis bien aucun. Le problème, ce n’est pas l’université mais les études primaires.

Où peut-on rencontrer des enseignants qui ont du mal eux-mêmes à formuler une phrase normale. Tout ce qui sort de leurs bouches est bancale, décousu et insensé. Ils bercent nos jeunes par ces imbécilités. En ce moment, ce qui intéresse le ministre, ce n’est pas la rigueur dans le processus, mais la rigueur dans les évaluations. On n’a pas du tout besoin de ce type de gérances moribondes. Comment peut-on être rigoureux le jour de l’examen, lorsque les cours se sont déroulés dans l’anarchie totale ? Des enseignants qui viennent en retard. D’autres, dans les lieux reculés, ne partent même pas mais perçoivent des salaires, sinon partent mais juste pour bavarder avec les élèves en langue nationale.

Il faut que l’éducation de base soit renforcée, ainsi, l’enseignement supérieur ne sera qu’une orientation simple et aisée. Mais si de la maternelle, en sixième, il n’y a que de mal formés qui forment, l’éducation va continuer à souffrir de tous les maux que nous connaissons aujourd’hui. Des universitaires qui ne savent pas écrire une phrase correcte, parler, c’est une autre difficulté et tout le monde veut avancer avec cette médiocrité fabuleuse.

Un ministre est un visionnaire et non un poltron qui fait des campagnes. Un individu qui fait tout pour ne pas perdre son poste. Même les inspecteurs de nos jours, quand ils viennent dans une école, ils entrent directement dans la direction, se mettent plein les poches et sortent tout en mettant de –bonnes observations- pour les fondateurs ou directeurs d’écoles, ceux qui ne s’acquittent pas une –mauvaises observations-.

Ce pays compte vraiment bouger avec des instruits –non éduqués-  qui n’en valent pas la peine et qui occupent toutes les positions stratégiques du pays, le hic dans tout cela est qu’ils ne vieillissent pas et partent rarement à la retraite. La fois passée, je vois là en Malaisie, un vieux organisé une fête de retraite retirement party. Dites ça à un vieux qui travaille depuis, depuis, Wallah, il va insulter net. Fêter sa retraite ? Non, ça c’est pour ceux qui sont intègres et qui connaissent l’importance du repos, mais bon, le repos aussi c’est pour ceux qui travaillent hein. On a trop à faire mais l’alternative meilleure reste l’éducation consistante.

Nous avons besoins d’intellos mais pas de ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas !

Par Elhadj Ousmane BALDE

Sociologue-écrvain

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4 comments

  1. Bien dit, mais nous savons la réalité.

  2. Ousmane balde je te dirai que
    1-Pourquoi tu penses qu’un ministre doit forcement etre 1 visionnaire ?
    2-Pour l’education de base le PRAC travaille beaucoup dessus
    3-Si nous renconcontrons des enseignants qui ont du mal a formuler des phrases correctes le PRAC ne peut pas changer tt ceci en un coup de baton magique..
    4-C’est bien d’apporter des critiques nous vivons en democratie mais il ya une situation qui est deja etablie depuis longtemps..Alors tu penses que c’est le choix du PRAC d »emmener son peuple vers le chaos.? Non je ne le crois pas…Meme si certains de nous ne l’aiment pas mais quand meme nous pouvons constater tous les efforts qu’il entreprend en ce moment..

  3. Le titre de cet article m’as au premier coup intéressé. Mais après avoir pris le temps de le lire j’estime qu’il est déconnecté du fonds de l’article. Cet article s’attaque plus au régime en place et à certains de ces responsables qu’à apporter une analyse profonde sur le rôle que devrait jouer les intellectuels dans ce pays. Je suis déçu de votre analyse. Votre diagnostic est partisan.
    Loin de là pour moi de m’ériger en donneur de leçon, je pense qu’il aurait fallu apporter un jugement impartial sur le système éducatif guinéen. Les maux dont souffre ce secteur ne datent pas de maintenant. Les acteurs de l’échec du système sont l’autorité, les institutions financières internationales, les parents, les élèves eux-mêmes. Les remèdes ne peuvent produire des effets que sur plusieurs décennies. Un système éducatif tel que le nôtre ne peut se performer que sur le long terme et nécessite des efforts constants et conséquents.
    Analyser les faits en tant que sociologue pour mieux décrire sans complaisance la réalité et les solutions à préconiser. Il ne faut pas que votre divergence vis a vis du pouvoir en place entraîne une cécité intellectuelle de votre part si ce n’est trop dire. Mes encouragements mon cher.

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