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Le récit bouleversant d’un homme qui a perdu son épouse et son bébé à l’hôpital Ignace Deen

hopital_ebola Les services hospitaliers font à nouveau parler d’eux en mal. La mort d’une dame et de son bébé relance le débat sur le professionnalisme du personnel soignant. Momo Yansané, policier de profession, a perdu deux êtres qui lui sont chers à l’hôpital Ignace Deen. Il a accepté de narrer son calvaire à notre confrère Antoine Kourouma de la chaîne Espace TV. Nous vous livrons in extenso son témoignage :  

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‘’Ma femme, enceinte de 8 mois, se trouvait hospitalisée dans une clinique privée, on m’a conseillé de l’amener à Ignace Deen puisqu’elle souffrait et devait être opérée. J’ai décidé de l’y envoyer, c’était le samedi 1er octobre dernier. A notre arrivée, elle a été hospitalisée dans des conditions assez difficiles.

Les médecins multipliaient les réunions pour statuer sur le sort de ma femme. Entre une césarienne et un accouchement normal, la première option a été privilégiée. Mais j’ai été surpris que depuis l’hospitalisation de mon épouse le samedi, c’est finalement le jeudi qu’ils ont décidé de procéder à l’opération, cela après que le bébé soit mort à la veille dans le ventre de sa mère.

Ne pouvant pas supporter l’attitude des médecins qui n’accordaient pas d’attention particulière sur le cas de ma femme, je suis rentré à la maison prendre mon arme. Mes menaces les pousseront à se décider. L’opération a lieu le jeudi pour retirer le bébé déjà mort. 

A la suite de cet accouchement malheureux par césarienne, ma femme avait perdu énormément de sang. Son groupe sanguin etant le O-, ils m’ont intimé d’aller en chercher au CNTS. J’y suis allé en courant. Je me suis introduit au bureau de celle chargée d’octroyer les poches de sang, Mme Kaba, on l’appelle aussi ‘’Hadja’’. Je l’ai suppliée, pratiquement à genoux, pour avoir une poche de sang du groupe sanguin O-. Elle m’a dit qu’elle n’en possédait plus. Malgré mon insistance, elle a maintenu cette affirmation.

Je suis donc sorti les larmes aux yeux dans la cour du CNTS. Un jeune s’est approché de moi, cherchant à comprendre ce qui n’allait pas. Quand je lui ai dit que mon épouse risquait de mourir si je ne trouvais pas une poche de sang, il m’a dit clairement que ce n’était pas un problème, il me faut juste débourser 750.000 GNF. Je lui ai dit que j’avais 250.000 et il m’a proposé de compléter à 500 000 GNF, chose que j’ai faite.

A ma grande surprise, ce jeune est entré dans le même bureau (celui de ‘’Hadja’’ Mme Kaba) pour ressortir 15 minutes plus tard avec une poche de sang O-. Je n’ai rien pu dire, je l’ai envoyée à l’hôpital. Ma femme a été transfusée, mais les médecins ont dit que c’était insuffisant, il fallait encore une autre poche. Vu ma souffrance, un médecin m’a pris dans sa voiture pour aller au CNTS, il est entré pour ressortir avec une poche de sang sans payé aucun franc. Cette autre poche de sang, n’a pas suffit, je devais reprendre mon périple.

Ainsi je suis reparti voir Hadja pour m’aider à avoir une autre poche de sang, elle m’a réitéré la même réponse : ‘Il n’y a pas de poche de sang O-‘. J’ai appelé un ami qui a une clinique pour intervenir auprès de Mme Kaba, elle lui a dit la même chose. J’ai donc dit à mon ami qu’il y avait une autre procédure. J’ai fait appel au jeune qui m’avait aidé, au départ, en lui remettant le même montant. Devant mon ami et moi, il a appelé Hadja en disant : ‘J’ai une nouvelle affaire, est-ce qu’il y a une poche de sang O-?’ Elle a répondu oui et a demandé au jeune d’aller voir un de ses collègues pour en avoir. Il est revenu avec quelques minutes après.

A 6 reprises, j’ai fait cette opération en payant 500 000 GNF par poche de sang, donc 3 millions au total. Tous ces litres de sangs ont été inoculés dans le corps de ma femme sans que son état ne soit stabilisé. Après quelques temps passés dans le coma, elle s’est réveillée mais était faible. Dr Kourouma, le médecin qui s’occupait d’elle, a prescrit une ordonnance de 600 et quelques mille GNF qu’il m’a remise le vendredi matin. J’ai acheté les produits mais à mon fort étonnement, le soir, ils m’ont prescrit une autre ordonnance du même mon montant. Je leur ai dit que je ne payerai rien du tout car les premiers n’ont pas été utilisés.

C’est quand j’ai fait appel au professeur Hassan Bah, ils ont dit que le médecin en chef Kourouma ne leur avait pas montré le lieu où il avait déposé les premiers produits. C’est sur cette série d’amateurisme et d’actes méprisant que j’ai décidé de faire transférer ma femme dans un autre centre hospitalier. Ils m’ont promis de le faire après la constitution d’un dossier. Cela a retardé jusqu’à ce que ma femme rende l’âme ce dimanche 9 octobre à 5h du matin. Je ne vous parle pas de la scène où ma femme est tombée de son lit, sa sœur l’aidant à se relever, a fait appel à une femme de garde, celle-ci a répondu que la malade était sale et qu’elle ne pouvait rien faire. C’est finalement au sol mon épouse est restée couchée. Ma femme est morte par la faute de ces hommes en robe blanche’’.

 

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11 comments

  1. portez plainte Mon frere et ne reculez pas

  2. Les coupables sont identifiés, Monsieur s’il vous plait saisissez l’ordre des médecins en 1er lieu et portez plainte pour non assistance de personne en danger de mort dans un lieu hospitalier, trahision du serment d’hyppocrate, faux en déclaration pour cette dame « hadja » et commerce du bien public entrainant l’enrichissement illicite.
    Je vous présente toutes mes condoleances

  3. Ma pauvre Guinée! Jusqu’où sommes nous prêts (en cannibales) à aller pour pouvoir sucer le sang des autres??
    Celui qui bouffe ou nourrit sa famille avec l’argent issu de cette arnaque, ne vivra jamais en paix. Dieu ne dort pas.

  4. Je suis très révolté, sidéré et scandalisé par ce témoignage. A quand l’impunité va finir dans ce pays afin que ces genres de choses ne se répètent plus.

  5. La guinee c autre chose, meme chez les sauvages ignouts vous ne verrais jamais ce genre de situation.

  6. Je suis choquée et plus que déçu du corps medical guinéen. Quand est ce tout cela va s’arrêter pour nos population. On ne le vit pas mais on le subit par ce qu’on porte cette étiquette de cette guinée
    Je suis sans voix. Condeleance à ce pauvre monsieur.

  7. J’ais les larmes au yeux.les mots me manque.je vous presentes mes sincère condoléances,et que leurs âme repose en paix Amine

  8. que son âme repose en paix, du courage! courage et allé jusqu’au bout.

  9. Bonjour. Puis je rentrer en contact avec le journaliste qui a travaillé sur cet article??? Merci. Hassane Hilal SYLLA (AJDD-Guinée)

  10. Toute mes condoléances que son âme repose en paix . Je vous avoue que je suis choqué par le manque de professionnalisme je suis médecin mais vraiment je honte ou allons nous ya trop de laisser allé dans ce pays . Moi je pense ce l.injustice qui favorise de tels actes .je demande à l.état de prendre leurs responsabilités un médecin guinéen n’a pas la ou ouvrir ces yeux moi personnellement sa fait honte .

  11. Jai des larmes au yeux mais sache que Allah ne dort il voit tts..ce homme sera payer..tts mais condeleance monsieur

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