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Opposition guinéenne : un vrai panier de crabes

oppositionLa levée de boucliers suscitée par l’accord inter-guinéen paraphé récemment entre le pouvoir et l’opposition, a mis à nu l’entente de façade que semblait afficher l’opposition.

Une opposition qui a tout l’air d’être un vrai panier de crabes, en témoignent les échanges houleux auxquels se livrent certains de ses acteurs, dont Faya Millimono, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, qui sont respectivement leaders du Bloc Libéral (BL), l’Union des Forces Républicaines (UFR) et le Parti de l’Espoir et du Développement National (PEDN).

Sans oublier l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), devenue la principale cible de ces attaques, depuis la rencontre de son président Cellou Dalein Diallo avec le chef de l’État, le 1er Septembre dernier.

C’est le point 2 de l’accord inter-guinéen portant sur l’organisation des élections communales qui constitue la pomme de discorde entre les acteurs politiques. Un point qui a provoqué une fissure au sein de l’opposition, virant même à des règlements de compte. Ce point stipule il faut le rappeler que « les parties au dialogue ont pris acte de la complexité et des difficultés liées à l’organisation des élections dans les 3763 quartiers et districts du pays. Et qu’au regard de cette complexité, les parties au dialogue recommandent que le conseil de quartier et district soit composé au prorata des résultats obtenus dans les quartiers et districts par les listes de candidatures à l’élection communale ».

Ce qui signifie selon cet accord que « le Président du conseil de chaque quartier et district soit désigné par l’entité dont la liste est arrivée en tête dans ledit quartier et district au scrutin communal ».

Faya Millimono, président du BL a été le premier à tirer la sonnette d’alarme contre cet accord, qui à ses yeux violait le code électoral. Pour manifester son mécontentement, il avait préféré claquer la porte du dialogue, avant la signature de l’accord. Depuis, le leader du BL milite au sein d’un front anti-accord, en vue de ne pas laisser prospérer cette idée de composer le conseil de quartier et de district au prorata des résultats obtenus dans les quartiers et districts par les listes de candidatures à l’élection communale. Cette position du président du BL lui a valu d’être voué aux gémonies par certains membres de l’opposition, qui l’accusent de faire fausse route.

À propos de ces accords, Lansana Kouyaté, leader du PEDN lui, parle de « déni du pouvoir du peuple » qui, de la base au sommet à la base, est la seule source de légitimité. Il justifie ainsi le refus par son parti de n’avoir pas paraphé ces accords.

Et Lansana Kouyaté a mis cette occasion à profit pour ressasser ses rancœurs contre Cellou Dalein Diallo, qui selon lui a fait courir des risques à travers des marches auxquelles ils ont pris part, et qui ont parfois dégénéré, faisant des victimes dans les rangs de l’opposition. Et qu’après tout ça, que ce dernier finisse aujourd’hui « comme laudateur de celui qui était à leurs yeux à tous comme coupable de ces drames ». C’est comme s’il n’en revenait pas. Dans un entretien accordé à nos confrères du site africaguinee.com, Kouyaté qualifie dans la même foulée ces accords « d’incongruités ».

Dans cette ambiance empreinte d’échange inamical, la récente sortie du président de l’UFR, Sidya Touré continue de faire des vagues. Il faut rappeler que le Haut représentant du chef de l’État sans doute « frustré » par le rapprochement qui se dessine entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, comme le prétendent ses détracteurs, a mis le pied dans le plat, en disant lors d’un meeting de son parti, que lui, a commencé son engagement politique depuis le lycée. Alors que certains ont été nommés, allusion faite à Cellou.

C’est ainsi que Sidya dira avec amples détails : « Bah Mamadou m’a dit dans quelles circonstances ils ont donné le parti à Cellou. Il m’a dit, c’est le premier Peulh qui a été Premier ministre, voilà pourquoi nous avons décidé de lui donner le parti. Cela n’a rien à voir avec un engagement politique. Bah Mamadou était quelqu’un de très franc et de très sincère. Donc quand il m’a dit qu’il se retirait, je lui ai dit pourquoi vous avez donné à Cellou, vous ne nous donnez pas. Il dit non, dans la communauté, nous avons décidé que celui qui a été Premier ministre de notre communauté, on lui donne le parti ». Des propos qui ont enflammé la toile, et qui font passer le président de l’UFR carrément dans le rang des « ethno-stratèges ».

Toutes ces querelles de chapelle pourraient bien profiter au pouvoir, qui aura le temps de souffler, après avoir longtemps été la principale cible d’une opposition qui semblait afficher jusqu’à une période récente, une unité de façade. Alors qu’en réalité, elle a tout l’air d’un panier de crabes. C’est ce qu’elle vient d’ailleurs de prouver par ces tiraillements autour d’un accord qui aura finalement fait plus de « mal que de bien ».

Aliou Sow, dans L’indépendant

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One comment

  1. les opposants guineens sont dispercés du nord au sud , de l ouest a l est

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