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La Guinée et sa démocratie sélective

Pourquoi est-il si difficile de respecter la loi en Guinée ? Depuis de nombreuses années maintenant, les communes et communautés locales du pays sont dirigées par des personnes qui n’ont reçu aucun mandat du peuple pour le faire.

Désignés ou nommés au lieu d’être élus, ces présidents de délégations spéciales, comme on les appelle, administrent en violation totale de la loi avec la bénédiction et la complicité coupable du principal parti de l’opposition. En effet, en violation de la loi, le RPG Arc-en-ciel et l’UFDG se sont arrosés le droit, de signer un accord de répartition des mandats sur bases des résultats d’élections autres que celles communales et communautaires.

Pourquoi l’administration guinéenne est incapable d’organiser des élections à temps et à heure alors que les dates des différents scrutins sont toutes connues au moins 5 ans à l’avance ? A chaque fois, le schéma est malheureusement toujours le même : non-respect des lois et des accords signés => crises politiques => violences => morts => négociation => accord politique  => non-respect de l’accord.

On signe, on viole, on s’entretue, puis on recommence le cycle ; un cercle vicieux dont le pays a du mal à se sortir. Depuis 2013, ce n’est pas moins de quatre (4) accords politiques (3 juillet 2013, 5 juillet 2014, 20 août 2015 et 12 octobre 2016) qui ont été signés et violés alors même que leurs contenus sont prévus par les lois de la république. Pourquoi signer des accords politiques sur des dispositions légales prévues par la loi. Si nous sommes incapables de nous plier aux exigences et à la rigueur de la démocratie, pourquoi alors avoir choisi ce mode de gouvernance.

Pourquoi 58 ans après « l’indépendance » du pays sommes-nous encore incapables d’assurer le financement de nos consultations électorales ? Le pays est devenu un éternel assisté. Il faut que « les partenaires » nous viennent au secours financier à chaque élection. C’est une honte d’entendre de la bouche de nos gouvernants : « nous attendons le soutien de tel ou tel bailleurs de fonds pour l’organisation des élections ». Avec de telles dépendances financières extérieures, il n’y aura jamais cette indépendance tant souhaitée et réclamée.

Pourquoi dire la vérité au peuple est un exercice insurmontable pour les intellectuels guinéens ? Pourquoi ce silence complice de la part de ceux qui détiennent la connaissance et le savoir alors même que tous les signaux sont au rouge ? Au moment où la question d’un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé cristallise la vie politique de notre nation, les seules voix audibles d’intellectuels sont celles qui pourraient mener à la violence et à la guerre (les adeptes d’une modification de la constitution) :

L’ancien président de la transition militaire, le Général Sékouba Konaté réclame un référendum sur la constitution pour notamment porter le mandat de 5 à 7 ans. Car selon lui, un mandat de 5 ans c’est trop court.

Le gouverneur de Labé Sadou Keita souhaite qu’Alpha Condé s’inspire du Rwanda et de son président de Paul Kagamé. Le membre du bureau politique du RPG Arc-en-ciel Alpha Ibrahima Kéïra demande une révision de la constitution. Pour lui 5 ans pour un régime présidentiel sont insuffisantes, il faut vraiment sept ans.

Le Directeur Général de la police nationale Bangaly Kourouma, qui avait suggéré la présidence à vie, s’est vu récompensé par Alpha Condé d’un poste de Conseiller à la Présidence de la République avec rang de Ministre.

La coordinatrice nationale du RPG arc-en-ciel Nantou Chérif qui déclarait que c’est le peuple qui va demander un 3ème  mandat pour Alpha Condé.

Le secrétaire administratif du RPG Arc-en-ciel Lansana Komara affirme lui que la continuité n’est pas mauvaise, même quand le mandat est terminé.

Pourquoi ces « intellectuels » pyromanes s’agitent-ils autour d’une question qui ne devrait même pas se poser, la loi fondamentale (constitution) étant claire et précise en la matière : pas plus de deux (2) mandats présidentiels qu’ils soient consécutifs ou pas. En cas  d’alternance, sont-ils aussi désespérés de retrouver un emploi au point de vendre leurs âmes pour une injustice ?Sont-ils aussi incompétents que de se résoudre à vivre de mendicité intellectuelle ?

Pourquoi cette fâcheuse habitude d’écrire des textes, de voter des lois, de mettre en place des institutions républicaines pour ne pas les respecter ? La Guinée a choisi ce mode de gouvernance (qui est la démocratie) en toute indépendance et en toute liberté. Si après 26 ans de chaos démocratique, on se rend compte de notre incapacité à nous en accommoder et à en respecter les principes, il est peut-être temps de choisir une autre voie. Mais la démocratie ne peut pas être à deux vitesses ou à variables ajustables au besoin. Elle repose sur deux (2) principes fondamentaux auxquels nos dirigeants sont profondément allergiques : la pluralité et l’alternance.

BAH Abdoul Diaila
Liège, Belgique
abdoul.diaila@gmail.com

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2 comments

  1. Et avec ce que vous énumérez vous osez parler de democratie pour la Guinee ?

    • Des fois,on peut aller à l’école et ne pas comprendre ce qu’on lit ou écrit.Mon grand père les appelait,les accompagnateurs des élèves en classe (ou les croulants).Lol.

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