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Eviter de mettre la charrue devant les bœufs

Suivant les instructions du Chef de l’Etat, Professeur Alpha Condé, la CENI (Commission nationale électorale indépendante) a donc décidé de mettre la vitesse supérieure, afin d’organiser les élections communales avant la fin de l’année. Le parviendra-t-elle et surtout, pourra-t-elle organiser des élections incontestables ?

La charrue devant les bœufs

Il y a une dizaine de jours, dans ces mêmes colonnes, j’estimais qu’il était possible et souhaitable d’organiser en même temps les élections locales (Communales et communautaires) et législatives. Bien des questions m’ont été posées à cet effet. Toutes relatives à la faisabilité et à la nécessité d’organiser, en même temps, les législatives et les communales et également mettre en place une nouvelle CENI plus indépendante.

En effet, d’ici fin novembre prochain, je suis convaincu qu’il est possible de mettre sur pied cette nouvelle CENI et lui permettre d’élaborer un chronogramme réaliste pour organiser en même temps, les communales et les législatives en avril ou en mai prochains. C’est-à-dire dans moins d’un an. Mais tout dépendra de la volonté du chef de l’Etat, Professeur Alpha Condé et dans une très moindre mesure du reste de la classe politique guinéenne, notamment l’UFDG et son chef Cellou Dalein Diallo.

En novembre 2004, treize (13) années bientôt, j’avais soumis une réflexion à la classe politique guinéenne, notamment au Professeur Alpha Condé (RPG) et Bah Oury (UFDG), avec lesquels j’avais des contacts fréquents. C’était quelques 4 mois avant la tenue, en mars 2005, de la Conférence des Forces vives de la Nation. Seul El-Hadji Ousmane Bah, Président de l’UPR, avec lequel je n’avais jamais échangé, a donné suite au document et ce, très favorablement d’ailleurs.

Certes, le climat sociopolitique qui prévalait en ce temps est très différent de celui d’aujourd’hui. Mais, comme en 2005, aujourd’hui encore, la principale problématique reste toujours la même : comment organiser des élections réellement  libres et transparentes ? Surtout qu’aujourd’hui, une crise sans précédent secoue dangereusement la CENI, dont la réforme est appelée constamment depuis des mois, voire même quelques années.

Et si Alpha Condé acceptait ?

Cette nouvelle CENI dont les membres seront issus essentiellement des rangs de la société civile, en tenant compte de leur profil de formation, de leurs expériences socioprofessionnelles, devraient être désignés par chacune des préfectures du pays.

Pour cela, il faut des réformes législatives qui permettront d’une part, de définir les modes de sélection des Commissaires de la C.E.N.I. et d’autre part, de modifier des lois électorales, afin que les élections communales se déroulent en même temps que les législatives. Mais  pour que celles-ci soient possibles, il faudrait bien que le Président Alpha Condé le veuille et que les forces de l’Opposition, surtout leur chef de file, El-Hadj Cellou Dalein Diallo, qui semble exiger, vaille que vaille, la tenue des élections communales avant la fin de cette année, l’acceptent.

Augmenter le nombre de députés

Depuis 1996 la Guinée ne compte que 114 députés. Au cours des 20 dernières années, sa population a augmenté. Il serait souhaitable que le nombre de députés soit revu à la hausse. Pourquoi pas 150 députés, comme par exemple au Congo Brazzaville, dont la population ne fait même pas la moitié de la guinéenne ? Les uninominaux seraient élus en même temps que les conseils municipaux et ceux sur la liste nationale en même temps que le président de la République.

Comparativement à Kaloum et d’autres préfectures du pays, les populations de Matoto et Ratoma, ainsi que celles des capitales régionales et des préfectures de Dubréka et Siguiri sont mal représentées au niveau de l’assemblée nationale. En tenant compte du fait que le mandat de l’actuelle législature achève dans quelques mois, celui des uninominaux devrait être porté à 114 en raison 2 par préfecture, 3 par capitale régionale et pour les préfectures de Dubréka et Siguiri.

Semaine de réflexion

En tenant compte des arguments développés par la société civile et la quasi-totalité des formations politiques agréées qui, toutes, dénoncent le « deal » RPG arc-en-ciel – UFDG, accusés de monopoliser la gestion du pays dans un bipartisme de fait (vu que ces deux partis politiques sont en mesure de démontrer qu’à eux seuls, ils mobilisent minimalement 80 à 90 pour cent de l’électorat),  Alpha Condé devrait convaincre la classe politique, ainsi que les différents organismes de la société civile, à tenir une semaine de réflexion sur un sujet du genre qui, sans nul doute, aidera à apporter les modifications nécessaires à l’organisation d’élections transparentes, qui favoriseront les choix des représentants de la population du quartier à la tête de l’Etat. Ce qui éviterait au pays de mettre la charrue devant les bœufs.

Un tel forum est plus utile que les Journées des Orpailleurs, des Pasteurs, des Agriculteurs, ou encore et surtout la tournée du Président Alpha Condé au Foutah Djallon, (région que bien des gens considèrent comme étant le bastion du Chef de l’opposition, oubliant que l’essentiel des populations de cette région, s’est établi en Basse-Guinée) que des escrocs sociopolitiques cherchent à faire financer et que sais-je encore.

La Guinée peut-elle aller à des élections normales avec cette CENI décriée ? Pour ma part, je n’y crois pas.

Ibrahima Sory BALDE

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One comment

  1. C’est plutôt »un nouveau Caillou » sous forme de programme ou de forum de discussion dans le soulier du Chef de fil de l’opposition.
    Cellou Dalein Diallo de l’ufdg doit suivre sa feuille de route pour les Élections Communales,au lieu de créer une nouvelle version de Dialogue politique avec Alpha Condé.
    Après les Communales,cette stratégie est envisageable,mais,pour l’instant,il ne faut pas ouvrir la Boite de Pandore en faveur de Alpha Condé qui ne demande que cela pour vouloir tripoter la Constitution Guinéenne pour un autre Mandat(3ème),après 2020.
    Pour le moment Cellou doit maintenir son Cap de bonne espérance vers la Présidence de 2020.Enfin, Rome ne s’est pas bâti avec des « SI » ou des hypothèses.Mais,avec un programme de Société précis.Le plus urgent est l’application des Accords signés.

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