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Amadou Diouldé Diallo rend hommage au journaliste feu Gassimou Sylla

Il nous était venu de Kindia, la capitale des agrumes, la légumière, l’aurifère et la diamantifère, Kindia, le vivier naturel des journalistes sportifs guinéens : Abdoulaye Sylla du Ténè, Kabiné Kouyaté de Sarakoléa, Gaoussou Diaby de Condetta, Gassimou Sylla de Samayah-Donkéa et les autres.

N’y étant pas natifs, ils y ont passé une partie de leurs études: le lycée pour Boubacar Kanté et Oumar Dieng, le primaire pour l’auteur de ces lignes, et enfin ceux qui y ont pris femme : Pathé Diallo et Fodé Bouya Fofana.

C’est autant dire que Gassimou Sylla ne pouvait être que de Kindia. Mais, qui a fait ses humanités à Conakry en étant très actif au point d’être incontournable dans l’animation surtout au 1er mars où il s’illustra comme un activiste chevronné dont la voix, a toujours compté même à l’université.

Cette voix qui bercera pendant de longues années les auditeurs de Radio Guinée et de Africa Numéro 1, commença à se faire entendre au terrain de Bonfi où, en duo avec Facinet Sankhon, Gassimou Sylla prit une sérieuse option dans l’atteinte de son objectif majeur. Celui de devenir journaliste sportif. Et il le devint avec ce magnifique timbre vocal du célébrissime Boubacar Kanté.

Là on peut certainement parler d’imitation, mais là où ‘’Colmar’’, le petit nom de l’enfant de Samaya, s’illustra au point d’en être un précurseur, c’est la prise en compte du pays profond qui lui valut le sobriquet de ‘’Boeing’’. Un avion qui se posait partout sans tour de contrôle, ni bulletin météo, sans risque d’un crash.

Du littoral dont il animait les jeux annuels avec, en pointe, une percée en profondeur dans le Bagataye, à la Sylve en passant par le Fouta et la Savane, Gassimou était présent partout, soulevant des foules compactes, denses et immenses de supporters et d’admirateurs, en réussissant des directs depuis des lieux parfois inaccessibles. Au grand bonheur de Radio Guinée.

Les voyages à l’extérieur ne l’intéressait pas trop et, se sentant peut être serré dans une camisole de Cabanon avec cette presse sportive qui avait fait de lui une vedette, Gassimou Sylla ajoutera une seconde flèche à son arc : celle de journaliste en langue nationale Soussou. Sa langue qu’il maîtrisait comme celui qui avait été élevé au village par sa grand-mère.

Alors il taquinait, se moquait surtout de nous, ses ‘’Sanakou’’, sans que personne n’ait le verbe et la verve de lui résister. A moi, il disait: ‘’N’ma foulé’’. Il ajoutait:’’Fouta Guèrè Gbanè kono Yoro Yembé Minné’’. Traduction littérale: ‘’la bataille du Fouta fut rage, mais Yoro fuma une cigarette’’. C’était cela Gassimou Sylla avec qui j’ai couvert plusieurs manifestations sportives, aussi bien en Guinée qu’à l’étranger.

Je peux citer les Jeux Universitaires Mondiaux en 1987 à Zagreb, la formation à l’Ecole Internationale de Bordeaux en 1988, la finale de la Coupe de la CAF en 1989 à Sousse entre l’Espérance et l’AS Kaloum. Et ce froid glacial qui fit fuir le ‘’Boeing’’ du stade à notre hôtel avant même le coup de sifflet final.
Gassimou Sylla et moi, c’est aussi cette suspension de 7 mois par le général Lansana Conté en 1987 pour avoir dénoncé le mauvais comportement des joueurs de l’ASFAG dans un match enflammé contre l’AS Kaloum de Kader Sangaré. Et bien d’autres aventures, bonnes ou mauvaises, qui ont scellé, entre nous, une fraternité et une confraternité jamais égalées. Car, je succombais au charme et à la gaieté de ce journaliste paysan que la ville n’avait pas réussi à éroder en dépit de toutes les mutations.

Mon frère Gassimou Sylla était ce Soussou pur-sang qui aurait fait un très bon ‘’Alkhaly’’ dans l’exercice du pouvoir traditionnel. C’est sûrement pour cela qu’il a toujours été possédé par l’intérieur du pays.

L’éminent journaliste, l’ami intime de Mansa Konian Diabaté, le fervent supporter du Syli National, s’en est allé, il y a 5 ans, en pleins Jeux Olympiques de Londres en 2012. Comme pour dire qu’il n’était pas anonyme et cela même au niveau de la planète sport. J’étais à Londres quand le ‘’Boeing’’ s’est posé à jamais, marquant ainsi la fin de parcours d’un grand combattant du micro et de la plume. Repose en paix. Amen !

Amadou Diouldé DIALLO
Journaliste et historien

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One comment

  1. Merci beaucoup Amadou DJOULDE

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