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Quand la nervosité invalidante s’accapare du gouvernement guinéen

En général, face ou avant certaines situations de grande importance, il y a une prédisposition biologique chez l’être humain d’avoir des comportements presque bizarres, ou indéfinissables, mais contrôlables : la nervosité.

La nervosité est tout à fait normale, même nécessaire, à condition qu’elle ne devienne pas invalidante. Invalidante, elle peut causer de la souffrance dont les conséquences peuvent être destructrices, comme cela se fait noter actuellement dans le comportement des membres du gouvernement guinéen.

Le deuxième et dernier mandat définitif du président Alpha Condé tend vers sa fin. De la part du pouvoir, il y a comme une sorte de surprise.

Surprise, ce n’est pas par rapport aux dispositions des lois de la République qui sont claires et précises, et qui tranchent que nul n’est au-dessus de la Constitution pour déformer quoi que ce soit, de manière unilatérale.

Mais la surprise que le temps est trop vite écoulé pour se retrouver finalement face à un grand conflit d’idées qu’Alpha Condé et ses ministres avaient jusque là sous-estimé, ou refusé d’en débattre en profondeur : faut-il respecter la Constitution et laisser le pouvoir en 2020 ? Ou, faut-il suivre le pas aux prédécesseurs, dans ce cas-là, violer la Constitution à travers sa modification pour garder et s’éterniser au pouvoir ?

Un véritable dilemme irrésolu qui plonge Alpha Condé et son gouvernement dans un vaisseau de nervosité invalidante, avec des symptômes facilement détectables :

– Le président ne cesse de se contredire. Il a lutté pendant quarante ans pour l’alternance démocratique au pouvoir, maintenant il l’en pense autrement.

– Des promesses inimaginables qui n’ont jamais été faites dès le début de la présidence en 2010, tombent maintenant comme de la pluie à deux années de la fin du mandat définitif.

– Une simple revendication légale des formations syndicales de l’enseignement se fait réprimer de manière sanglante par les forces de l’ordre.

– Le ministre de la justice, Cheik Sako, promet de poursuivre les syndicalistes qu’il qualifie de “meneurs de grève sauvage”.

– Le ministre des sports, Bantama Sow, plus nerveux, confond la gestion d’une nation démocratique à celle d’une famille privée.

– Les journalistes sont bastonnés et incarcérés. Un simple petit fait de société insignifiant est vite dramatisé, avec l’intervention des policiers et gendarmes qui tirent à bout portant sur les citoyens, etc…

Tenter de violer la Constitution ou de ne pas la violer, un casse-tête de conflit de réflexion qui paralyse le gouvernement guinéen, et le pousse à commettre des bévues inqualifiables dignes des personnes souffrantes de la nervosité invalidante.

Les politologues dans leur travail d’investigation sur un phénomène social ou politique donné, et dans le souci de le réussir mieux, préfèrent orienter leurs efforts dans la détermination de la relation qui peut exister entre les variables dudit phénomène social, ou politique, dans l’espace et dans le temps.

Lansana Conté se moqua de la Constitution guinéenne pour se maintenir au pouvoir à vie. Cette moquerie était rendue possible à partir de certaines variables de l’époque du régime militaire.

Aujourd’hui, Alpha Condé, à son tour, voudra se moquer de la Constitution guinéenne. Cependant, les variables ont changé avec le temps. Loin d’être les variables au temps du général Conté, qui étaient plutôt taciturnes et effrayées, les variables d’aujourd’hui sont extraverties et valeureuses.

Face aux variables extraverties et valeureuses, le triomphe des réflexions ou actes irrationnels est absolument impossible.

Naby Laye Camara
Depuis Bruxelles (Belgique)

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One comment

  1. Damaro Camara et Bantama Sow,entre autres,sont les principaux investigateurs du RPG à pousser Alpha Condé à commettre l’horrible erreur de tenter de violer la Constitution Guinéenne pour un 3ème Mandat.
    Parce que,Damaro Camara affirme déjà que: »le président de la république peut demander à l’assemblée nationale d’adopter une loi modifiant la Constitution Guinéenne pour qu’il (AC) puisse briguer un troisième mandat,et ainsi de suite… ».Nous savons tous que l’AN est à majorité RPGistes.
    Mission très dangereuse pour Alpha Condé.Et le scénario des Zimbabwéens risque fort de le faire Grimper à nouveau le mur du palais comme à Coleah du temps de feu général Conté (sortir par la petite fenêtre ouverte au lieu de la grande porte de l’histoire).

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