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Et si la Guinée s’inspirait de l’expérience de la Malaisie ?

Ancienne colonie de la Grande Bretagne, la Malaisie accède à son indépendance en 1957. Et depuis lors, c’est le parti de la coalition Barison Nasional (Front National-BN) qui gère le pouvoir sans partage.

Le mercredi 9 mai 2018, une rupture s’est opérée, au cours des élections législatives, avec la coalition de l’opposition Pakatan Harapan (Alliance de l’espoir) conduite par Mahathir Mohamad (92 ans) qui vient de remporter 121 sièges. Ce nonagénaire devient ainsi le plus vieux Premier Ministre du monde.

Rappelons qu’il a déjà dirigé la Malaisie pendant 22 ans d’une main de fer, entre 1981 et 2003 sous la bannière du BN. Avec un tel passé, comment l’homme est parvenu à reconquérir le pouvoir politique avec une coalition de l’opposition ?

A l’observation et à l’analyse, l’homme de 92 ans a misé sur l’honnêteté et du concret. S’agissant de l’honnêteté, il a fait montre au peuple malais son regret de sa gestion passée et a demandé que le peuple lui accorde une seconde chance afin qu’il répare ses erreurs et mette le pays sur les rails. C’est vraiment courageux.

D’ailleurs, son alliance avec son ex-ennemi juré, Anwar Ibrahim emprisonné montre à suffisance sa détermination à se faire une nouvelle réputation positive. Parlant du concret, il a saisi l’opportunité que le champ politique lui offrait : les scandales de corruption dans lesquels est cité son challenger, Najib Razak (64 ans) et la forte dette à hauteur de 10 milliards d’euros.

Ainsi, la coalition de l’opposition mène sa compagne sur la lutte contre la corruption, la transparence, le partage équitable des richesses du pays et propose un meilleur programme concernant les minorités, les races et les religions.

Parallèlement à cela, il a usé des réseaux sociaux où se retrouvent une bonne partie de jeunes qui ne l’ont pas vu à l’œuvre. Une bonne communication politique axée sur la dénonciation, l’État de droit basée sur la vérité et la générosité entre autres a permis l’adhésion de cette grande partie de l’électorat à son agenda politique et l’espoir d’un lendemain meilleur en luttant farouchement contre la corruption.

La Guinée pourrait-elle se servir de cette expérience pour changer la donne ? C’est une question (pas trop) difficile à répondre. Car, pour y parvenir, il faut un changement du logiciel mental collectif. À la différence de la Guinée, de telle stratégie prospère dans un environnement fortement alphabétisé.

En Malaisie, le taux d’alphabétisation dans la fourchette de 15 ans et plus est de 94,6% de la population totale (Source: CIA Word Facebook, version du 11 mars 2017). Par conséquent, il est impératif que la question de l’éducation sorte du clanisme partitocratique pour être posée comme une préoccupation d’ordre national en fonction des objectifs du développement de la Guinée.

Toutefois, des leçons peuvent être ici tirées. Des peuples (éclairés) sont réceptifs aux discours de lutte contre la corruption. On peut en trouver en Guinée. Des peuples misent sur le programme politique et la capacité de celui qui porte le projet et non se confinent dans des débats d’âge.

Chez eux, la compétence précède tout. Le choix est rationnel. Ce n’est pas forcément une question de jeunesse, la conduite de l’État mais c’est une affaire de compétence et de vision. Que la Guinée en tire les leçons qui s’imposent de cette belle expérience de la Malaisie.

Fodé BALDE
Jeune Républicain
La Guinée d’abord

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