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Projet de changement de Constitution : quand le pouvoir d’Alpha Condé commet des erreurs de calculs

Dans la conception du projet de changement de Constitution, il y a eu des erreurs de calculs sur des points extrêmement importants. Le pouvoir pensait sans doute qu’il n’aurait eu en face que celle qu’il considère comme son adversaire traditionnelle à savoir l’UFDG.

Avec cette formation politique, comme unique adversaire, les promoteurs du projet de changement de constitution n’auraient pas hésité à sortir l’arme de la communautarisation et de l’ethnisation pour tenter de l’isoler et de discréditer son combat. Mais ils sont surpris d’assister à la renaissance d’une conscience citoyenne face à cette périlleuse entreprise.

Des citoyens guinéens qui n’appartiennent à aucun parti politique s’expriment ouvertement contre tout changement de constitution dont le but ou l’effet serait d’instaurer une présidence à vie et se regroupent au sein de mouvements citoyens pour mener leur combat. La mobilisation des guinéens vivant à l’étranger n’était pas non plus dans les calculs.

Le pouvoir n’a apparemment pas prévu toutes ces dimensions de la question. Dans ses prévisions, une fois que l’Axe serait militarisé, il aurait réussi à tuer dans l’œuf toute velléité de contestations.

Ces prévisions sont en train de s’avérer fausses d’autant plus que les contestations ont commencé dans des zones supposées acquises à la cause (Basse-Guinée et Forêt). En plus, le rejet du projet par le ‘’Kountigui’’ qui est, en réalité, une création du pouvoir, a porté un très sérieux coup audit projet.

C’est pourquoi, le discours se radicalise et les menaces contre les anti 3ème mandat fusent de partout. Au-delà des menaces, des arrestations sont opérées dans leurs rangs et des violences exercées sur certains d’entre eux. Ce sont les associations et ONG qui sont menacées maintenant au motif qu’elles sortent de leurs missions en faisant de la politique.

Or, ces structures ne se battent pas pour conquérir et exercer le pouvoir comme des partis politiques. Elles se battent plutôt pour le respect de la Constitution. Ce qui n’est en rien politique. C’est un combat citoyen que tout guinéen peut et doit mener sans être en conflit avec la loi.

En 2007, lorsque le Forum des forces vives demandait le changement en exigeant la nomination d’un Premier ministre proposé par lui, la mise à l’écart de tous les ministres qui avaient été associés à la gestion des années Conté, personne n’avait trouvé que ces revendications étaient politiques.

Aujourd’hui, les associations et ONG font bien moins que cela et on les menace de retirer leurs agréments. Il existe heureusement dans ce pays des juges qui commencent à prendre de plus en plus conscience de leur rôle en tant que gardiens des libertés et droits fondamentaux et garants de l’État de droit.

Par Mohamed TRAORE

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One comment

  1. Il ne me paraît même pas qu’il y ait eu des calculs ou des stratégies politiques définies derrière ce que nous qualifions tous confusément de projet de changement de constitution. Car comme dit si bien un proverbe burkinabè, « L’abus de la force use la force, l’abus du pouvoir use le pouvoir ».

    Dans ses rapports y compris avec ses pairs africains notamment, AC passe souvent, au bon avantage de sa position ou cause personnelle, soit pour le « vieux frère » à laisser passer devant, soit pour le « vieil-apprenti dirigeant » dont il faudrait plutôt renoncer à voir faire les choses comme tout le monde: selon les règles habituellement convenues en matière de comportement d’hommes ou de femmes d’Etat.

    Je ne suis évidemment pas dans les secrets de personnalités allant des présidents A. Ouatara ou M. Sall à des opposants comme CDD, SIDYA ou LK; en passant par des personnalités comme Dadis Camara, S. Konaté voire Rabiatou S. Diallo, pour ne pas faire parler certains disparus tel que J.M. Doré. Mais je suis persuadé que tout ce beau monde témoignera dans le même sens à propos de la personnalité hors normes de l’actuel chef d’Etat guinéen et président affiché de son parti politique déguisé sous la trompeuse appellation de RPG-AEC. Bref, si le terme « sacré » colle bien à la personnalité furtive et inclassable d’hommes publics, le « Mogho-Naaba de Conakry » est bien de ceux-là.

    Je parlerais donc davantage d’excès d’abus de mépris pour la société guinéenne tout entière, à force de réussir trop facilement à détricoter et refaçonner à son image médiocre et désordonnée nos institutions nationales et ce, aux seules fins de saper nos acquis démocratiques chèrement arrachés aux dictatures des 26 années qui avaient précédé son arrivée au pouvoir.

    La Guinée étant comme elle est, avec ses potentialités naturelles enviables, ses structures sociales et institutionnelles ethnicisées, sa classe politique retors, et ses élites des plus désengagées et corrompues du continent, je qualifierais davantage AC et son clan de pilleurs mafieux de « produits de leur environnement sociopolitique guinéen » que de « génies politiques » à la guinéenne. Et quand on sait que ses principaux opposants ne sont autres que les 3 anciens PM de Conté qui nous servent de références politiques depuis 12 ans au moins, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser sur de supposées qualités de leadership chez le président AC: il a toujours été plus facile de détruire que ce construire même des châteaux de sable !

    Vive le FNDC pour que survivent les maigres acquis démocratiques de la Guinée !

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