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Marée humaine dans la rue : le RPG dans le déni de la réalité ou la communication d’une défaite ?

Ce jeudi 24 octobre, les différentes sensibilités sociales et politiques de Guinée ont massivement répondu à l’appel du FNDC. Cette mobilisation, de par son caractère républicain et pacifique, s’apparente cependant à une pilule difficile à avaler par la mouvance.

Particulièrement surprise par l’ampleur de la mobilisation, elle en est encore bouche bée. Si ce n’est la gueule de bois avec laquelle certains se sont réveillés.

Fouetté dans son orgueil et son amour-propre, le RPG, dans sa quête désespérée d’un élément décrédibilisant la mobilisation inattendue par lui ce jeudi, n’a trouvé mieux que d’insulter l’intelligence collective du peuple de Guinée. Il en est ainsi ce vendredi à nous seriner que seule une entité x était sortie à Conakry et à l’intérieur.

Toujours prêt à rechercher la petite bête et non à admettre l’évidence, le parti au pouvoir s’échine à trouver que ce sont les politiques qui ont mobilisé et non le FNDC. Certains ne s’embarrassant même pas de la subtilité, voudraient qu’en réalité, c’est Cellou Dalein Diallo qui a mobilisé et non le FNDC. Que c’est pathétique !

En quoi un tel distingo est-il pertinent ? Et surtout, quel est le rapport avec le problème de fond à savoir le troisième mandat ?  Cette gouvernance et le déni de la réalité, le mariage ne date pas d’aujourd’hui. Mais il faut bien croire que cette fois, il y a en plus une certaine fébrilité. On sent l’adversaire à terre. Mais il est si lâche et imbu de lui-même qu’il n’ose pas admettre la défaite tout simplement. Il lui faut trouver des prétextes. Même si ceux qu’il brandit n’ont rien avoir avec le cœur du débat.

Par ailleurs, ce n’est pas très responsable de mettre en doute l’authenticité de l’opposition que les centaines de milliers d’âmes ont manifestée ce jeudi à ce régime en perte de vitesse. Aucun de ces manifestants, dans leur diversité professionnelle, sociale, politiques et même ethnique, n’a reçu aucun centime pour être présent à cette marche. C’est la conviction qui s’est exprimée dans toute sa splendeur, dans toute sa vérité. Or, on ne peut pas en dire autant de ceux que le pouvoir a jusqu’ici réussi à mobiliser. Quoique difficilement par ailleurs.

On se rappelle, le président de la république, au lieu de marquer sa compassion aux familles des victimes de la marche du lundi 14, comme à son habitude, n’avait pas en revanche raté l’occasion d’étiqueter et communautariser la lutte des opposants à la nouvelle constitution, à l’issue des journées folles des 14, 15 et 16 octobre dernier. On se rappelle qu’il avait dit à ses partisans que les images des meurtres perpétrés par les services de sécurité, sont importées du Cameroun, de Haïti ou encore de Mozambique.

Il convient de faire remarquer qu’avant lui, à travers le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation était, quant à lui, allé jusqu’à ignorer les victimes et les douleurs de leurs proches, en les excluant du décompte macabre des autorités. Acculé par la pression conjuguée de l’opposition interne et de la communauté internationale, le même ministre avait été amené à se dédire, en affirmant tout de go que les manifestations n’étaient pas interdites en Guinée. Venant de celui dont la signature est pourtant au bas de l’arrêté d’interdiction des manifestations en question, ces propos auront fini de convaincre du peu de responsabilité et de la mauvaise foi de ceux qui nous gouvernent.

Dans un tel contexte, on attend de savoir ce qu’il nous dira de la marée rouge de ce 24 octobre. On ose espérer qu’il ne fera pas dans le même refus de regarder la réalité en face. Certes, pour lui, la tentation est très grande. Parce qu’entouré de collaborateurs qui, ne voulant du bien ni pour le président, ni pour le pays, n’ont aucune envie de lui dire la vérité des faits. Mais cela ne suffira pas pour l’excuser. Car on n’a que l’entourage que nous méritons, pour paraphraser l’autre.

Quant aux partisans de la mouvance, j’ai ce message pour vous : « Soyez matures et lucides. Admettez que le projet ne marchera pas et évitez-vous une humiliation supplémentaire. Evitez-vous cette humiliation et épargnez au pays ce destin sombre que certains lui prédisent. Faites le choix de la patrie et de la nation pendant qu’il est encore temps. Renoncez tout simplement à votre projet de putsch constitutionnel. L’entêtement vous sortira de l’histoire de ce pays. Et cela, ne l’acceptez surtout pas. Car ce n’est pas une fatalité ».

En tout état de cause, sachez que j’étais de la marche d’hier. Et je voudrais tout de suite vous rassurer. J’y étais sous les couleurs de mon MoDeL. Je ne représentais aucun autre parti politique, aucune autre structure de la société civile et je n’étais d’aucune ethnie. J’étais guinéen et MoDeL et j’en étais fier. Sachez également que le combat va continuer vaille que vaille. Nous n’en sommes qu’au tout début. Au moins vous êtes avisés !

IbOu DIALLO
Cellule de communication du MoDeL

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