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Mohamed Tall de l’UFR sur l’incendie des véhicules à la Casse : ‘’Nous avons vu des cas similaires en 2010’’

Une dizaine de véhicules ont été incendiés dans la nuit de mardi à mercredi à la Casse de Madina, réputée être un fief du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir. Interrogé par VisionGuinee, le directeur de cabinet du président de l’Union des forces républicaines (UFR) y voit une manœuvre du pouvoir pour opposer des communautés les unes des autres.

VisionGuinee : Bonsoir M. Tall. Des véhicules ont été incendiés hier nuit à la Casse. Quelle lecture faites-vous de ces évènements ?

Mohamed Tall : Nous avons appris des incendies des véhicules au niveau de la Casse de Madina dans la nuit du mardi à mercredi. Sur les réseaux sociaux, beaucoup y voit une volonté du pouvoir de donner une connotation ethnique pour communautariser une nouvelle fois le combat du FNDC qui est loin d’être une structure violente. Nous avons connu des cas similaires en 2010. On sait que c’est un gros montage. L’ethnotratégie est bien connue des guinéens. Souvenez-vous de l’affaire d’eau empoisonnée en 2010. Et récemment à Kankan, il y a eu des violences qui ont entraîné une opposition forte entre les communautés. Il a fallu que les sages de Kankan se lèvent pour éviter le pire. Hier mardi, à Taouyah, il y en a encore eu des manipulations pour mettre le feu entre les communautés.

Vous insinuez que derrière l’incendie des véhicules se cache une stratégie pour opposer des guinéens ?

Beaucoup suspectent le pouvoir d’instrumentaliser la violence à des fins communautaires. Nous avons assisté déjà à des cas similaires en 2010. A Coyah, on avait opposé des militants de l’UFDG à ceux de l’UFR. Comme le président est coincé, il susciter l’émotion autour des événements comme ça.  Au regard de ce qui s’est passé depuis 2010, il y a de bonne raison de croire qu’il y a une volonté de mettre en place une ethnostratégie pour opposer les communautés. La solution est en train les mains des Chefs de l’État, il faut qu’il renonce, s’il aime la Guinée.

Que doit faire le président de la République face à la crise qui s’enlise ?

Il faut rappeler que le FNDC a été créé pour s’opposer à la volonté du chef de l’Etat de confisquer le pouvoir à travers le changement de la constitution. Nous avons appelé le peuple de Guinée à s’opposer à cela par une série de manifestations. Mais nous constatons ces derniers temps des violences de manière crescendo.

Il faut que le président de la République comprenne qu’il est en train d’exposer la Guinée à des risques énormes. On ne peut pas être plus royaliste que le roi. Si son projet de constitution vise effectivement, comme on le prétend, à moderniser les institutions, à faire en sorte que certains droits soient respectés, qu’il commence par tenir compte de l’opinion des guinéens.

En clair ?

On ne peut pas obliger les gens à aller vers quelque chose qu’ils refusent. Nous sommes au regret de constater que depuis octobre 2019, il y a eu autant de morts sans aucune véritable enquête. Il faut que le gouvernement prenne des dispositions pour retrouver les auteurs des différents crimes commis à l’occasion des manifestations. Il faut que le président renonce à ce projet funeste qui coûte déjà trop cher au pays.

Malgré les violences enregistrées çà et là, le FNDC maintient son appel à la résistance. Ne faut-il pas revoir la stratégie de lutte ?

Le FNDC utilise des moyens légaux, il n’est pas violent. Il ne fait pas recours à l’ethnotratégie Nous avons demandé au gouvernement de mener des investigations pour que les auteurs et les commanditaires des crimes soient identifiés. Si on ne les retrouve pas, c’est qu’il n’y a aucune volonté de le faire.

Que faut-il faire pour mettre que le FNDC met un terme aux manifestations ?

La solution finale se trouve dans les mains du chef de l’Etat. Il faut qu’il renonce au 3ème mandat. Il n’y a pas de raison de tuer autant de personnes en Guinée à cause de ce projet. Il doit y renoncer. C’est un impératif.

Il faudrait aussi que les coordinations régionales, y compris celle de la Haute Guinée, s’impliquent pour que le calme revienne.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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