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Madifing Diané regrette les morts dans les manifs à Labé : ‘’Notre souhait aurait été de les arrêter que de les tuer’’

Dans des manifestations qui ont secoué la ville de Labé, courant janvier, 5 cas de morts ont été enregistrés en l’espace de 10 jours. Le journaliste Thomas Dietrich de MediaTv a rencontré le gouverneur de région Madifing Diané pour recueillir sa version des faits sur ces violences meurtrières enregistrées dans sa juridiction.

‘’Je n’ai rien à dire. Un minimum de respect pour mon autorité. Je suis le premier responsable de cette région’’, balance-t-il à la figure du journaliste dès le début de l’entretien, avant d’admettre qu’il ‘’y a eu des morts, on ne le cache pas. C’est à ciel ouvert’’.

‘’C’est avec peine qu’un citoyen pour ou contre le système soit mort. Notre souhait aurait été de les arrêter, si on pouvait les arrêter, que de les tuer. C’est ça la vérité. Nous avons tort. C’est un de nos enfants qui est certainement mort. Il est de l’effectif de ceux qui doivent être protégés par nous. Mais qui a soulevé le mouvement ?’’, s’interroge-t-il.

Des gens qui manifestent pour s’opposer à un changement de constitution, lui répond le journaliste. ‘’Donc, ce sont eux qui sont sortis avec violence. Ça, ce n’est pas notre responsabilité. Pour la première fois qu’ils manifestaient avec armes en main, fusils de guerre tirés dans les établissements pénitentiaires et autres services de sécurité, fusils calibre 12 de fabrication locale, c’est l’Etat qui va se casser, prendre son arme et descendre dans la rue contre sa population ? Ce n’est pas de la manifestation, c’est de l’insurrection’’, dit-il à qui veut l’entendre.

Sur la mort de l’ambulancier, le gouverneur dédouane les forces de l’ordre et charge les manifestants. ‘’Notre déontologie exige de nous, les parties en conflit, en temps de guerre totale, de protéger une ambulance. Ce sont les manifestants, c’est dans leur milieu que ça a été fait. Il [l’ambulancier] n’était pas dans une zone protégée par nos services. L’autopsie l’a prouvé. Nous, on est des légalistes’’, indique-t-il à notre confrère, en l’apprenant que sur le corps de l’ambulancier Aldjouma Diallo, les médecins n’ont constaté aucune trace de balles.

Le journaliste fait remarquer au gouverneur qu’il a vu l’ambulance que conduisait la victime. ‘’On vous a dit qu’il a été tué par balles ?’’, lui demande Madifing Diané. ‘’Non, on m’a dit que c’étaient des coups”, répond Thomas Dietrich.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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