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De l’Axe à Nzérékoré : appel à l’humanisme d’une population martyr !

La lutte démocratique que mène laborieusement notre pays aura finalement connu bien des martyrs. Chacune des portions du pays aura été concernée au cours de ces 10 dernières années en particulier.

Mais ces dernières semaines, ce sont surtout les régions de Labé et N’zérékoré qui se sont singulièrement illustrées dans ce combat. Deux zones auxquelles il faudra adjoindre l’Axe (Hamdallaye-Wanindara-Kagbélen) qui, en la matière, reste le symbole. La marque indélébile d’un peuple qui se bat depuis des années pour se sortir des griffes d’une dictature aussi lancinante qu’insidieuse.

Les habitants de ces localités de notre pays paient le plus lourd tribut de leur opposition face à l’oppression d’un régime aux abois. Les traitements réservés à la population guinéenne par ses dirigeants sont affligeants, dégradants et inhumains.

Labé et plus largement la région de la Moyenne Guinée, N’zérékoré et l’Axe à Conakry ont en commun la violation systématique des droits de l’homme que subissent leurs habitants. La barbarie à l’état pur avec la destruction des biens privés et même des lieux de culte.

Particulièrement sur la route le prince communément appelé l’Axe, à la place des écoles publiques, les enfants sont conduits dans les prisons. Le peu d’espace de loisir sert à accueillir des PA dont l’unique raison d’être est de terroriser les populations de la plus cruelle et atroce des manières. Des mères/des femmes enceintes tuées et laissant des orphelins sans espoir derrière. Des enfants uniques arrachés à l’affection des parents. De vieilles personnes abandonnées à elles-mêmes, car les enfants tués, exilés ou oubliés dans des cachots du régime. Ici à l’Axe, chaque coup de feu tiré, c’est une mère qui redoute la perte fatale d’un enfant chéri. Tous les habitants sont des potentielles victimes. Tout le monde logé à la même enseigne.

Mais au-delà de cette zone, on le voit c’est une répression inouïe et féroce qui s’abat de manière sourde et indistincte sur une population désabusée. Des habitations détruites laissant des citoyens sans abris, des commerces pillés occasionnant des pauvres et des sinistrés. Des années de durs labeurs réduites à néant avec des impacts qui demeureront longtemps. La mélodie cède la place aux crépitements des armes pour des familles assiégées par une frayeur interminable. Les poumons ronflent et refoulent du gaz, les yeux rougis par les mêmes effets chimiques. La tristesse se lie au premier regard croisé.

A Conakry sur l’axe comme au Fouta ou en Forêt, la population loin de renier à ses convictions démocratiques, en est traumatisée et terrorisée par un Etat tyran sans cœur. Le comble de la cruauté, c’est que les ambulanciers sont assassinés en plein exercice de leur activité,  des femmes utilisées comme boucliers, les morgues mêmes refoulent désormais les corps et d’autres enterrés dans des fausses communes comme c’est le cas récemment à N’zérékoré. On garde en mémoire le triste souvenir de Womey et Zogota.

Alors, face à cette situation si douloureuse et pénible, nous autres devons sortir d’une simple indignation et apporter notre humanisme, à des concitoyens martyrisés. En quoi faisant ? En attendant que justice et réparation soient faites pour ces victimes, à l’instar de l’élan de solidarité sur Kaporo rails en 2019, nous devons faire agir et poser des actes concrets. Accueillir ou aider à loger ceux qui ont fui ces violences. Trouvons-leur des vivres, des habits, des matelas. Identifions les blessés qui sont alités dans les hôpitaux ou à leurs domiciles pour les venir en aide. Accompagner la scolarisation des enfants orphelins. Apaiser les peines des familles dont les proches croupissent dans les goulags ou dans des camps en œuvrant à leur libération. Mettre en place des collectes de dons ou des levées de fonds. Recueillir et analyser des besoins.

Aussi, répertorier toutes les victimes et les organiser en une association pour pouvoir les rétablir au moment opportun en facilitant leur assistance juridique et humanitaire. Pour finir, bâtir une stèle (des martyrs de la démocratie) sans oublier de commérer désormais la date du 22 mars 2020 à la mémoire de tous ces martyrs de notre démocratie.

Avec ces actions et d’autres, nous aurons réhabilité des mémoires, apaisé des peines et humainement rendu service à nos compatriotes sur des contrées de la Guinée durement éprouvés. Les sacrifices de ces martyrs de la démocratie ne doivent pas rester vains, nous devons remporter la lutte de la vérité pour espérer que leurs âmes reposent en paix. Triste!

IbOu DIALLO
Jeune MoDeL & Citoyen Modèle !

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One comment

  1. Triste constat et bonne initiative humaniste.
    Mais il reste évident que ce pays a besoin d’un dialogue sincère, d’une commission « justice-vérité-réconciliation ». Seulement, cela ne se fera pas sous ce régime d’Alpha Condé. Il y a eu beaucoup de pleures dans ce pays ; beaucoup de blessures profondes. Malheureusement, nos dirigeants actuels ne posent aucun acte fort de pardon.
    Seul un contrat politique entre les nouveaux chefs à venir et la société civile pourra permettre de contrôler l’action gouvernementale. Mais, hélas ! cette même société civile est envahie et polluée par les mêmes qui sont aujourd’hui au pouvoir. Pessimisme …
    Seul un nouveau Président visionnaire et patriote pourra nous faire sortir de cette situation. Mais quand ? Et qui ? Seule une main invisible sait…

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