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Vers la suppression du poste de chef de file de l’opposition en Guinée ?

Ça se murmure dans les grands couloirs de décisions. Tout porte à croire que la future Assemblée Nationale pourrait ne pas connaitre la présence d’un chef file en son sein.

Des gros bonnets de la mouvance ont décidé de sa suppression pure et simple pour éviter à l’État des dépenses inutiles mais surtout à ne pas financer un adversaire politique.

La première expérience avec Cellou Dalein Diallo a été à la fois, un remord et un regret pour le parti au pouvoir, même si la loi sur le chef de file avait été votée à la majorité des députés présents au cours de la législature sortante.

A un moment donné même, le patron de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale avait émis le souhait de son retrait des lois du pays.

Aujourd’hui, avec l’absence de la vraie et réelle opposition au futur parlement accouché par sélection, l’occasion sera mise à profit pour retirer la loi sur le chef de file.

Bien que plusieurs observateurs avaient jugé inopportun le poste de chef de file lors de son adoption, son vote n’a souffert d’aucune contestation majeure à l’intérieur du parlement.

D’origine anglo-saxonne, le poste de chef de file a plusieurs avantages : le passeport diplomatique, un opposant salarié fixé par la loi, un véhicule de commandement, une garde rapprochée, il peut être consulté et investi de mission par le chef de l’État.

Selon la loi, pour être chef de file, il faut avoir le plus grand nombre de députés après la mouvance.

La maladresse de cette loi est que, dans un régime présidentiel bien organisé avec des institutions crédibles, un parti d’opposition peut avoir la majorité au parlement alors qu’il n’est pas au pouvoir. Et quelle appellation faudra-t-elle donnée au parti qui vient après surtout quand il est au pouvoir ?

Suffit-il d’avoir le plus grand nombre de députés après la mouvance pour occuper le chef de file même si la file n’existe pas avec 2 ou 3 députés seulement ?

Dans les autres pays, ce n’est pas l’ordre de préséance qui importe. Il faut confortablement être à la tête d’un puissant groupe parlementaire qui puisse influencer le cours des débats.

Attendons de voir !

Habib Marouane CAMARA
Journaliste et analyste politique

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