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Violences envers les femmes : une triste réalité  

Le 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en souvenir des 3 sœurs Mirabal, «las Mariposas ». En 1960, elles furent kidnappées et assassinées par les agents des services secrets du dictateur Rafael Trujillo (1930-1961), Président de la République dominicaine. 

Aujourd’hui, la violence envers des femmes et des filles s’avère être l’une des violations des droits humains les plus répandues et les plus dévastatrices dans le monde.

La violence domestique envers les femmes est un phénomène qui transgresse les frontières et concerne tout type de milieu social.

Environ 70% des femmes ont été victimes de violence et selon les statistiques de l’ONU une femme sur trois a au moins une fois dans sa vie subi un acte de violence, le plus souvent de la part du conjoint.  Partout dans le monde, des femmes et des filles sont maltraitées, victimes de coups et blessures et de harcèlement sexuel.

Le tourisme sexuel, la violence domestique et conjugale, la pornographie d’enfants, les abus sexuels sur des mineures, les viols, les mutilations génitales féminines, les crimes d’honneur ou féminicide, les mariages forcés, la sélection préférentielle des sexes ou crimes de fœtus féminins sont les diverses formes de violence qui ont cours dans de nombreux pays quel que soit la classe sociale, l‘origine ethnique ou la religion.

Plus de 500 millions de femmes vivent dans des pays où la violence conjugale ou du partenaire n’est pas sanctionnée.

La violence sexuelle en Afrique

Lors de notre participation à la conférence (ICDP) à Nairobi, les jeunes gens et jeunes filles originaires du Kenya, de la Tansanie, de l’Ouganda nous ont fait part de leur préoccupation, les grossesses précoces et les mariages forcés des filles qui représentent un frein au développement du continent. Bien que les mariages précoces soient interdits par la Chartre africaine des Droits et du Bien-être de l’enfant, chaque année de nombreuses petites filles de moins de 15 ans sont retirées de l’école et données en mariage souvent à des quinquagénaires. Il s’ensuit des grossesses précoces et leur lot de souffrances

«Les mariages d’enfants et la promesse de jeunes filles et garçons en mariage sont interdits et des mesures effectives, y compris des lois, sont prises pour spécifier que l’âge minimal requis pour le mariage est de 18 ans et pour rendre obligatoire l’enregistrement de tous les mariages dans un registre officiel.» Charte Africaine des Droits et du Bien-être de  l’Enfant (Art.21) 

Presque tous les pays africains ont ratifié la plupart des conventions internationales concernant la protection contre les violences basées sur le genre et adapté sa législation nationale à ce propos. Cependant, la lecture des journaux suggère   une recrudescence des cas de violence sexuelle, d’agressions physiques ou de maltraitance.

En Guinée, Dr. Mamadou Barry a déclaré sur Guinée7.com que 92% de femmes âgées de 15 à 48 ans ont été victimes de violences quelle que soit la nature, y compris l’excision.

Tantie 500, elle est victime d’une violence plus subtile et doit subir les railleries de ces concitoyennes. En effet, sur le site mosaiqueguinee.com, Mme Mariama Diallo alias Tantie 500,  est celle qui a son effigie sur les billets de 500 francs guinéens. Ne bénéficiant pas des bonnes grâces de son droit à l’image, elle brise le silence qui n’a que trop duré.  « Si j’ai ma photo sur les biais de 500 Gnf, ce n’est pas donné à n’importe qui. C’est une chance et une fierté de représenter la beauté de la femme guinéenne, normalement on doit me dédommager. Je souffre beaucoup, quand je vais au marché, on dit c’est elle qui a sa photo sur les billets de 500 Gnf. On me croit riche… Je souffre beaucoup. Je demande à l’Etat de m’aider… »

La violence domestique en Europe

Une étude récente de l’Union européenne montre qu’en Europe une femme sur 5 est victime de violence domestique. Elle touche 30% des femmes en Allemagne.  Avec la pandémie du Covid-19 les cas de violences conjugale ont augmenté d’un tiers dans certains pays européens, après l’annonce du premier confinement. Les maisons des  femmes battues « Frauenhaus» sont  un refuge pour les victimes et leurs enfants qui y trouvent  paix et sécurité, et le service de femmes compétentes qui les aident à développer de nouvelles perspectives de vie.

La séquestration ou la traite des femmes originaires en grande partie des pays de l’Europe de l’est   sont les nouveaux fléaux auxquels des pays comme l’Allemagne est confrontée. Le Parlement européen a adopté des mesures afin de lutter contre les violences faites aux femmes. En 2019, une résolution a été votée au sein du parlement européen.

La Convention d’Istanbul

La Convention est le premier traité international qui établit un arsenal de mesures de protection juridiquement contraignant visant à prévenir et combattre la violence et son éradication à l’égard des femmes et des filles. En septembre 2020, elle a été signée par tous les États membres de l’Union européenne et ratifiée par 21 d’entre eux. En Allemagne, la Convention d’Istanbul est entrée en vigueur le 1er février 2018.

Avec mes collègues de la Commission Femmes et égalité de genres nous venons de signer une lettre et invitons Mme la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen à ajouter les violences contre les femmes au catalogue des crimes reconnus par l’Union Européenne, comme l’a fait le Conseil de sécurité en proclamant en 2010 que la violence à l’égard des femmes dans les zones en conflits est un crime contre l’humanité.

Dr. Pierrette Herzberger-Fofana
Députée au Parlement Européen
Membre de la Commission Femme et Égalité de genres

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