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Hassimiou Camara, vivant avec le VIH/SIDA, révèle : ‘’Comment mon chef de service m’a chassé à cause de ma maladie ?’’

La date du 1er décembre de chaque année marque la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Le thème de l’édition 2020 est axé sur la « Solidarité mondiale et responsabilité partagée ».

En Guinée, la prévalence du VIH tourne autour de 1,4% vivent. Le pays compte 110.000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Au total 4800 infections et 3100 décès sont enregistrés par an.

Stigmatisé après avoir contracté la maladie en 2005, Hamidou Camara a perdu son emploi. Avec le soutien de Médecins Sans Frontières (MSF), il a été placé sous traitement antirétroviral. A la veille de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, ce père de famille explique comment il vit avec le VIH et appelle les uns et les autres à mettre fin à la discrimination des personnes porteuses du virus de l’immunodéficience humaine. Lisez…

« Je suis une personne qui vit avec le VIH/SIDA depuis 15 ans. Comment ? Je travaillais au port de Friguia où j’étais conducteur du train. C’est en 2005 que j’ai contracté cette maladie ? Je tombais souvent malade. Je pouvais faire un mois au lit et une semaine de travail. Un jour, mon chef de service m’a appelé à son bureau et m’a dit ‘Hassimiou, tu es une personne courageuse. Tu viens régulièrement au service. Mais de nos jours, vu ton état de santé, je préfère que tu restes à la maison pour te traiter’.

Ce jour-là, j’ai pris mes affaires et je suis rentré à la maison. J’ai fait un mois à la maison avant de revenir au service. Alors que je travaillais, le chef m’a appelé avec insistance. Il m’a dit ‘Hassimiou Camara, qu’est-ce que je t’avais dit ? Je ne t’ai pas dit de rester à la maison ?’. J’ai dit ‘oui, mais j’ai fini mon traitement’. Il a répliqué en disant ‘non, tu es malade ! Tu ne sais pas que tu as le SIDA ?’. Finalement, il a dit qu’il n’a pas le temps de perdre avec moi, de sortir de son bureau. Il m’a chassé de son bureau en me faisant accompagner par un vigile qui m’a poussé jusqu’au portail. Je suis revenu à la maison frustré et je ne savais pas où donner la tête.

Un jour, j’étais assis au salon en train de regarder la télévision. J’ai vu une page publicitaire de Médecins Sans Frontières (MSF) à Matam pour une prise en charge gratuite des malades du SIDA. Le lendemain, je suis allé me faire dépister. Heureusement, j’ai trouvé une conseillère qui m’a préparé psychologiquement (…). Elle m’a parlé de MSF et du traitement gratuit. Elle m’a dit que si je prends les médicaments régulièrement, je peux vivre longtemps comme il le faut. J’ai demandé si on peut vivre avec le VIH. Elle m’a répondu par l’affirmative. Depuis ce jour, je prends mes médicaments comme il le faut.

Actuellement, je mène une vie positive sans aucun problème. Je suis marié et père de 4 enfants. J’ai eu trois enfants pendant ma positivité, qui grâce à mon traitement sont séronégatifs. 

Il faut qu’on nous aide à lutter contre la stigmatisation. Car de nos jours, ce n’est pas la maladie qui tue, c’est la stigmatisation. Quand on est stigmatisé, c’est le désespoir qui s’installe dans la tête ».

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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