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Pour une gestion efficace et efficiente des infrastructures en Guinée…

La majorité des pays africains ne possèdent pas le minimum d’infrastructures nécessaires pour répondre aux besoins de ses populations et réduire la pauvreté. Or, des infrastructures efficaces constituent indéniablement un facteur de développement socio-économique d’une nation.

En témoigne des investissements massifs dans ce secteur à chaque crise économique mondiale pour permettre de booster les autres domaines l’économie par les emplois directs ou indirects qu’ils génèrent.

Les infrastructures représentent des actifs ayant des avantages multiples dont les rentrées de fonds stables, la protection contre l’inflation et la faible volatilité dans les activités commerciales. D’où l’investissement récurrent dans ce secteur névralgique des pays développés et émergents

En ce qui concerne la Guinée, les infrastructures réalisées en Guinée datent de la période coloniale. Malheureusement, depuis les indépendances, les autorités guinéennes n’ont pas mis en place une politique d’entretien efficace susceptible de maintenir la qualité et une meilleure gestion des infrastructures publiques. Cette défaillance historique des différents gouvernements en matière de travaux publics s’explique par : les lacunes et carences qui résultent de l’incapacité à gérer efficacement les budgets d’infrastructures ; par un manque criant de ressources qualifiées ; la préférence des bureaux d’études et entreprises étrangères au détriment des locales ; enfin, la corruption et le clientélisme érigées en mode privilégié de gouvernance.

Pour pallier ce phénomène, je propose aux autorités guinéennes de mettre en place une vraie politique de gestion des infrastructures, axée sur les compétences guinéennes (internes et externes) qui travailleront de concert pour mener à bien une véritable réforme en se référant sur les bonnes pratiques de quelques pays de la sous-région et les adapter aux conditions locales. Je recommande donc la mise en place des deux points essentiels suivants :

I. Ressources humaines

Les autorités guinéennes doivent mettre en place un important bassin de ressources humaines (Guinéens de l’interne et Guinéens de l’externe) qui travailleront de concert pour mettre en place un véritable système de gestion pour les grands travaux d’infrastructures en cours et à venir. En plus du suivi et de l’exécution des tâches listées au point deux (mise en place d’une agence de gestion des infrastructures), ces ressources vont s’atteler au préalable par ordre de priorité à :

  • l’élaboration du mode de fonctionnement administratif et technique de l’agence ;
  • l’élaboration et la mise à niveau des normes et procédures de construction en tenant compte des contraintes locales ;
  • de préparer les dossiers de recherche de financement pour les projets d’infrastructures;
  • d’élaborer les budgets de fonctionnement, les programmes triennaux d’immobilisations et autres documents relatifs aux finances;

Les modalités strictes de recrutement de ces ressources humaines peuvent faire l’objet d’un autre article.

II-  Mise en place d’une agence de gestion des infrastructures

À l’image des autres pays de la sous-région (Côte d’Ivoire et Sénégal par exemple), l’État peut mettre en place une agence qui se chargera du cycle de vie des projets d’infrastructures de l’initialisation à la clôture et la gestion des actifs. La direction des grands projets d’infrastructures de la présidence peut par exemple être transformée en une agence publique ou renforcer ses prérogatives. Cette agence sera en charge entre autres à :

  1. Initialiser des projets sur toute l’étendue du territoire
  • réaliser des études de faisabilité économique pour s’assurer de la viabilité d’un investissement sur le projet;
  • élaborer la charte des projets.

2. Planifier des projets

  • réaliser les études d’avant-projet (préliminaire à définitif);
  • réaliser les études d’impact sur l’environnement;
  • préparer les documents d’appels d’offres pour le recrutement des bureaux d’études techniques et autres services-conseils;
  • mettre en place un plan d’assurance qualité;
  • identifier les risques, analyser qualitativement les risques, analyser quantitativement les risques et mettre en place les mesures de mitigations des risques.

3. Exécuter et maîtriser les travaux

  • préparer les documents d’appels d’offres (passation des marchés pour les travaux);
  • mettre en place le contrôle qualité;
  • mettre en place la surveillance (contrôle) des travaux;
  • appliquer les réponses aux risques.

4.  Clôturer / Transférer  

  • réaliser les post-mortem de chaque projet;
  • procéder au transfert du résultat final.

5. Gérer les actifs

  • mettre en place un système de gestion des actifs;
  • mettre en place une politique rigoureuse de suivi et réhabilitation des infrastructures.

Il dépendra donc de la responsabilité des autorités guinéennes que de mettre en place une réelle politique nationale de gestion des infrastructures publiques. On ne peut relever les défis liés au développement social et économique sans des infrastructures de qualité. Dans le domaine ici considéré, l’expertise guinéenne existe. Il suffira de l’exploiter.

Lamine DIALLO, ing., M. Ing
Ingénieur chargé de projets
Ville de Montréal
Service des infrastructures du réseau routier
Direction des infrastructures
Division des grands projets

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