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Retrait éventuel des billets de 10.000 GNF émis en 2012 : une information à prendre avec des pincettes

Au cours de la semaine passée, nous avons été interpellés à plusieurs reprises par un public agacé sur la prétendue volonté de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) de retirer de la circulation, les billets de 10.000 GNF émis en 2012 et cela malgré son démenti à travers un communiqué signé de son chargé de communication en date du 06 janvier 2021.

Face à cette situation, nous avons échangé avec plusieurs cadres de la BCRG sur le bien-fondé d’une telle décision. Il ressort de nos discussions que la Banque Centrale souhaiterait bien retirer ces billets qui font l’objet de polémique aujourd’hui, mais cela se fera de manière intelligente dans le respect d’un processus déjà défini à l’avance. En d’autres termes, tout billet de 10.000 GNF émis en 2012 qui serait encaissé dans une banque quelconque ne devrait plus être remis à nouveau en circulation contrairement à la décision prise en 2011 sur les billets verts de même coupure dont le retrait était sanctionné par une date butoir.

Cette polémique résulte à notre avis d’un défaut de communication sinon, nous ne voyons en aucun cas un sujet à débattre autour de cette problématique qui préoccupe de nos jours plus d’un. Raison pour laquelle il faudra mettre une stratégie infaillible de communication de façon à toucher les agents économiques les plus sensibles de manière à mettre fin à la panique à leur niveau suscité par la peur de perdre leur avoir mais aussi de refuser systématiquement d’échanger des tels billets par manque de confiance sans savoir que toutes ces séries en circulation ne pouvaient être rejeté sous aucun prétexte sans quoi, ils s’exposent à subir la rigueur des textes en vigueur.

Par ailleurs, nous avons assisté au cours de ces dernières années à un changement de signes monétaires comme à l’accoutumée. Il convient toutefois de rappeler que cette technique était de loin celle utilisée par les autorités monétaires d’alors à côté des instruments traditionnels de la politique monétaire (politiques des réserves obligatoires, open market, encadrement de crédit, …).

A titre de rappel, la rupture brutale des relations entre la France et la Guinée en 1958 dans le processus irréversible des indépendances africaines au début des années 60, mettra la pression sur les nouvelles autorités souveraines du pays face aux énormes besoins de volonté des autorités françaises d’alors de tout mettre en œuvre pour que le pays face amende honorable fût d’entrer insupportable et prohibitif pour un jeune Etat sans expérience en la matière.

C’est ainsi que la Guinée, compte tenu de plusieurs difficultés orchestrées par l’empire coloniale a décidé de battre monnaie en mettant en circulation la toute première famille des Francs Guinéens. Le marché a été ensuite inondé d’énormes faux billets. C’est ce qui poussa les autorités monétaires à opter pour le premier changement de signe monétaire en 1963 afin de palier à ce phénomène inflationniste.

De plus, ce changement persistait à chaque fois que l’on se confrontait au même type de problème. C’est justement ce qui fut constaté en 1965 avec l’introduction des nouveaux billets, puis, en 1972 avec l’introduction du syli ou encore la mise en circulation de la deuxième famille de syli du 16 au 19 avril 1981 dans le cadre de la 4ème Réforme Monétaire mais aussi l’introduction des Francs Guinéens que nous connaissons aujourd’hui depuis le 6 janvier 1986.

Cependant, si cette rumeur devenait fondée, la démonétisation des anciens billets offrira d’importants avantages dans un contexte de taux d’intérêt réel faible en raison de l’inflation grandissante (à condition que ces billets ne soient pas remplacés par d’autres nouveaux billets). Elle présentera également des avantages pour la stabilité des prix dans un contexte marqué par la dépréciation sans précédent du GNF.

A notre entendement, la plupart des guinéens risque de ne pas être touchés par cette mesure malgré la psychose qu’elle a créée car, les billets concernés par ce retrait ne sont plus produits depuis 8 ans et sont rarement utilisés pour effectuer des transactions par rapport aux billets émis en 2018. De plus, ces billets ne perdront pas leurs valeurs et les guinéens pourront se les faire rembourser à leur valeur faciale en s’adressant directement aux banques où ils sont domiciliés. Dans les conditions normales, ces personnes peuvent aussi envoyer les billets directement à la Banque Centrale aux fins de remboursement si jamais cette annonce prenait un effet immédiat.

La Banque Centrale devrait continuer à appuyer ce genre d’initiatives qui aide à faire en sorte que les billets de banque en usage au pays soient tous récents, en bon état, faciles à utiliser et difficiles à contrefaire.

Safayiou DIALLO

Citoyen Guinéen

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