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Confidences d’Abass Bah, ex-prisonnier du camp Boiro : ‘’Sékou Touré avait peur même de l’ombre des gens…’’

Plus de trente-six (36) ans après la fermeture de la tristement célèbre prison du camp Boiro, les victimes continuent de réclamer justice. Abass Bah fait partie des nombreux détenus qui ont croupi dans les geôles du régime Sékou Touré. Il a recouvré sa liberté quelques années avant la mort de Sékou Touré.

Ce vendredi, devant les médias, Abass Bah, président de l’Association des victimes du camp Boiro (AVCB), a révélé comment le régime d’alors procédait pour jeter au gnouf les prévenus. Lisez…

« Ils avaient une méthode pour condamner les accusés au camp Boiro. Quand on arrêtait les gens, on les photographiait avec une ardoise. Cette photo est récupérée et gardée au niveau de la commission d’enquêtes.  Lors de la condamnation, comme ils ne pouvaient pas avoir des magistrats, ils prenaient toutes les photos et les plaçaient à un point où tu ne peux pas voir la photo que sur le papier. Quand vous prenez une photo, vous la placez à gauche, moi je prends une photo et je la place à droite. Celui qui se retrouve dans la photo à droite est condamné à mort. Quand on se retrouve à gauche, c’est qu’on est condamné à perpétuité.

Quand ils finissaient de repartir ces photos, il fallait maintenant les renverser et écrire le nom. Les gens se retrouvaient comme ça dans des situations inexplicables. Il y a un qu’ils ont retrouvé dans la partie droite à savoir Monseigneur Raymond Marie Tchidimbo, archevêque émérite de Conakry, mais ils ne pouvaient pas le tuer parce que le Vatican était là. Ils ont retiré sa photo de la partie droite pour la remettre à gauche afin de le condamner à perpétuité. C’était comme ça, ils s’amusaient avec les gens comme des cacahouètes. C’est ainsi que les Barry 3, Magassouba Moriba et Kara Soufiane Keita se sont retrouvés parmi les pendus au pont 8 novembre.

Les détenus qui étaient exécutés avaient des qualités exceptionnelles.  Nous n’avions pas besoin d’intervention extérieure. Sur le plan intellectuel, moral, culturel, nous avions tous les moyens. Malheureusement, ces moyens-là faisaient un complexe à celui [Ahmed Sékou Touré] qui était là. Il avait peur même de l’ombre des gens, alors il s’est dit qu’il fallait les tuer. J’espère qu’il s’est rendu compte que le fait d’avoir tué, n’a pas réglé son problème. Il est resté le même complexé jusqu’à sa mort. Parce qu’il est allé mourir aux États-Unis, chez les gens qu’il insultait en longueur de journée. Sinon on ne doit pas insulter quelqu’un et aller chercher de refuge chez lui.

La destruction de l’élite guinéenne a été orchestrée par la 1ère République et la Guinée ne s’en sortira que si l’on se retrouve. Si la vérité est dite, on va arriver à une vraie réconciliation ».

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

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2 comments

  1. Sekou Touré n’a pas décidé partir mourir aux États-unis. Il ne pouvait pas décider; il n’était pas conscient!
    Et c’est bizarre qu’on puisse choisir qui on doit tuer et qui on doit garder par tirage au sort. C’est incroyable !
    Kl ne faut pas raconter du n’importe quoi !

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