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Alpha Condé crée un cadre de dialogue : ‘’C’est un autre acte de séduction et tromperie du dictateur’’, selon un allié de Dalein

Dans un décret publié le 27 janvier dernier, le président de la République a procédé à la création d’un cadre permanent de dialogue. Le camp du président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) dit ne pas être concernés par les pourparlers annoncés par le pouvoir d’Alpha Condé.                                           

Dans un entretien accordé à VisionGuinee, le secrétaire exécutif de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie parle d’un acte de séduction. Lisez…

VisionGuinee.Info : le président Alpha Condé a créé un cadre de dialogue permanent. Comment avez-vous accueilli la nouvelle au sein de l’ANAD ?

Bogola Haba : A l’ANAD, nous avions individuellement accueilli cet acte administratif de M. Alpha Condé comme une suite logique de son agenda de consolidation du coup de force contre la volonté de notre peuple de rendre effectives l’alternance et les passations pacifiques de pouvoir après le nombre maximum de mandats autorisés par les textes de lois de nos nations.

C’est un autre acte de séduction et de tromperie du dictateur. Nous n’avons pas eu le temps de commenter cette annonce. Car nous sommes actuellement très préoccupés par la recherche de solutions aux problèmes des guinéens.

Qu’est-ce qui vous préoccupe réellement ?

Il faut noter d’abord la confiscation du pouvoir par la force après le scrutin du 18 octobre 2020, la privation de nos libertés et droits fondamentaux empêchant la réclamation de la vérité des urnes et le terrorisme d’Etat qui s’abat sur les vainqueurs légitimes et leurs proches à travers la réquisition des Forces de défense et de sécurité contre les citoyens et cela depuis octobre 2020. Ce qu’on ne peut pas ignorer dans cette gouvernance, c’est aussi les  arrestations arbitraires de nuit et de jour  sans mandat ni convocation en cette  période de Covid1-9,  les emprisonnements  systématiques et   condamnations des acteurs de l’alternance sur la base d’arguments  fallacieux et grossiers comme par exemple la fabrication, la détention et l’usage  d’armes de guerre et les conditions inhumaines des prisonniers avec le taux de  mortalité en détention de prisonniers politiques  le plus élevé de  histoire du multipartisme en guinée ces trois derniers mois. Dans cette situation qui entrave la marche de la démocratie, il faut mentionner la fermeture sélective des bureaux et lieux de réunions politiques de l’ANAD comme ceux de l’UFDG, la chasse aux communicants et leaders de l’ANAD autres voix discordante jusque dans les studios des radio et télévisions privées.

Que dites-vous sur la fermeture prolongée des frontières terrestres de la Guinée avec le Sénégal, la Guinée Bissau et la Sierra Léone ?

C’est inquiétant ! Il ne faut non plus occulter la suspension de la délivrance des visas d’entrée en Guinée aux élus et avocats européens qui désirent venir apporter un soutien à la démocratie et aux droits de l’homme. Au sein de l’ANAD, on enregistre aujourd’hui des interdictions de voyage de nos leaders hors de la Guinée, même pour des raisons sanitaires. Toutes ces préoccupations nous obligent à rester focaliser sur l’essentiel à savoir le départ de M. Alpha Condé du pouvoir pour une normalisation de la situation politique, économique et sociale en Guinée et dans les pays voisins.

Revenons au cadre de dialogue. Etes-vous prêts à saisir la main tendue d’Alpha Condé ?

Ecoutez, nous sommes complètement indifférents à ce décret qui semble être à l’antipode des préoccupations majeures de notre pays. La solution à la crise réside dans le respect de la constitution de mai 2010 qui a été piétinée publiquement par M. Alpha Condé, nos juges et nos forces de défense et de sécurité. Nous sommes indifférents aussi parce que l’émetteur de ce décret n’est plus le président légitime des guinéens depuis le 21 décembre 2020. Nous sommes indifférents parce que nous n’avons pas de conflits ouverts entre nous guinéens. Mais les guinéens ont un conflit ouvert depuis 2018 avec M. Alpha Condé et son clan qui tentent de s’éterniser au pouvoir par la force militaire et la ruse basée sur nos diversités.

Nous sommes indifférents par ce que M. Condé, le Premier ministre Kassory Fofana et son gouvernement qui sont co-responsables des évènements malheureux de 2019 et 2020 sont disqualifiés pour discuter de leur jugement et leur remplacement á la tête de notre pays. Nous sommes indifférents parce que notre pays a déjà connu sans succès l’expérience d’un cadre permanent de dialogue et ce n’est pas Alpha Condé qui n’a pas respecté la constitution, les lois ainsi que décisions de la Cour suprême, qui respectera de bon gré un acte administratif non contraignant qui émane de lui et surtout dans un environnement de vacance de pouvoir depuis le 21 décembre 2020.

Vous posez donc des préalables à tout dialogue avec le camp d’en face ?

Oui ! Si c’est pour aller discuter des conditions idoines pour combler légalement la vacance de pouvoir actée depuis le 21 décembre 2020, un dialogue axé sur l’après Alpha Condé suppose un arbitrage neutre et puissant capable de nous aider à interpréter avec justesse notre constitution. Le vrai dialogue portera aussi sur l’investigation et le recomptage neutre et juste des votes du 18 octobre 2020 sur la base des procès-verbaux authentiques pour investir ensemble celui qui devrait gouverner la Guinée à partir du 22 décembre 2020. Chacun sait avec précision que c’est Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, car les preuves irréfutables et consultables des 53,84% sont encore disponibles et exploitables à tout moment et en tout lieu, disponibles sur le cloud. Après ce préalable nécessaire à la normalisation, les discussions de fond sur la mise en place d’institutions fortes, sur les questions de justice et de développement peuvent alors s’ouvrir dans la sérénité pour des solutions durables.

Nous n’irons pas au dialogue c’est pour aller amuser la galerie et faire de la démagogie pour donner du temps et des arguments à M. Alpha Condé qui cherche consolider et légitimer son pouvoir spolié au peuple de Guinée par la force et l’inféodation des institutions morales et républicaines du pays.

Un dernier mort ?

Alpha Condé a épuisé son droit constitutionnel de deux mandats de 5 ans. Son gouvernent actuel est illégitime et nous sommes contraints de subir ses actes uniquement par la force et non par des élections transparentes et dont les résultats sont acceptés de  tous. Donc il [Alpha Condé] ne devrait  pas participer à un dialogue en Guinée qu’en tant que libre citoyen et ancien Président invité d’honneur comme le font les autres anciens chefs d’Etat en Afrique et dans le monde après leurs mandats.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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