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Libération de 40 détenus politiques : ‘’le ravisseur recherche une rançon de la reconnaissance de son 3e mandat illégal’’

La semaine dernière, après plus de six mois de détention préventive à la Maison centrale de Conakry, 40 prisonniers politiques dont 31 dans l’affaire Ousmane Gaoual Diallo et Cie ont bénéficié d’un non-lieu de la justice avant d’être remis aussitôt en liberté. Le secrétaire exécutif de l’Union nationale pour l’alternance et de la démocratie, Bogola Haba affirme qu’il faut continuer à la pression et accentuer la lutte jusqu’à la libération totale des détenus.

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VisionGuinee : les autorités judiciaires viennent de libérer 40 détenus arrêtés suite aux violences post-électorales. Pensez-vous que c’est un bon signe pour la décrispation politique ?

Bogola Haba : Pour nous, ce n’est qu’une petite étape de démonstration de la vérité dans notre long et fastidieux combat pour la libération de nos compatriotes, de nos juges enfermés dans un cycle de peur et d’intimidation institutionnalisée, mais surtout pour notre combat visant la libération du pays entre les griffes de M. Alpha Condé qui veut devenir le prophète d’une nouvelle doctrine communiste et tyrannique en Afrique de l’Ouest au 21e siècle.

Comme l’ont dit le président élu Cellou Dalein Diallo et la coordination du FNDC, il faut partager la joie des familles concernées, tout en restant prudents et en condamnant  davantage la main d’otage de M. Alpha Condé et son exécutif derrière cette situation rocambolesque qui ne doit pas nous distraire de notre objectif ultime de lutte politique et citoyenne qui est celui de faire de notre nation un modèle de démocratie, d’Etat droit et de prospérité économique à travers le respect de la volonté populaire et la gouvernance vertueuse de nos ressources économiques et de notre capital humain.

Au sein de l’ANAD, vous avez toujours clamé l’innocence de ces détenus. Le non-lieu dont ils viennent de bénéficier vous réconforte-t-il dans votre position ?

Depuis leur arrestation en novembre 2020, nous à l’ANAD, nous avons toujours dit qu’ils sont innocents et que les juges de notre République doivent avec courage se défaire de la chaîne de la peur pour les libérer comme l’avait fait en toute indépendance le jeune juge Charles Wright pour le premier séjour carcéral de l’activiste Oumar Sylla Foniké Mengué du FNDC. Imaginons collectivement les conséquences morales, sociales, économiques de cet emprisonnement des étudiants et des pères de famille qui passent injustement 7 mois en prison pour être finalement libérer sur pression et à la va-vite pour délit non constitué ?

Le communiqué du porte-parole du gouvernement, et non du procureur, sur les poursuites en dit long sur les manœuvres internationales et nationales ayant abouti à cette libération sélective apparemment sur ordre de M. Alpha Condé.

Selon les informations concordantes, il y a encore plus de 400 civils et 600 militaires dans la même situation d’otage que ceux qui sont libérés récemment. Le ravisseur recherche une rançon de la reconnaissance de son troisième mandat illégal par l’ANAD et par la communauté internationale pro-démocratie.

Pour nous, la pression et la lutte vont continuer jusqu’à la libération totale de tous nos compatriotes civils et militaires dans cette situation d’injustice flagrante et pour la libération totale de notre pays pris en otage par Alpha Condé et son clan contre la volonté populaire et cela à cause des milliards et des alliances occultes dans le secteur minier au détriment de l’intérêt général.

Peut-on s’attendre à un dialogue inclusif dans les prochains jours ? 

Pour les organisations pro-démocraties que nous sommes, tant que l’Assemblée monocolore continuera de siéger illégitimement pour prendre au nom des guinéens des décisions illégales et complaisantes sur notre future tout en faisant de Amadou Damaro Camara le dauphin constitutionnel, tant que M. Alpha Condé continuera de se réclamer président de la Guinée après le 21 décembre 2020 et d’y jouir par la force avec la complicité coupable des 9 juges de la cour constitutionnelle inféodée à sa personne depuis 2016, tant que les droits individuels inaliénables et libertés fondamentales des guinéens et guinéennes sont violés par des gouvernants et administrateurs peureux de la vérité, tant que les inégalités, la corruption et les injustices dans le partage du bien commun continuent en Guinée, la lutte va continuer par multiples formes pour obtenir l’alternance et la démocratie.

Pour le moment, c’est le seul et unique chemin pour unir notre peuple et servir notre nation à la satisfaction de sa majorité. Cela passera par la libération des prisonniers et  des espaces de libertés mais surtout du départ de M. Alpha Condé pour l’ouverture rapide d’un dialogue post-Alpha Condé pour la normalisation du processus démocratique amorcé en 2010 à travers l’accord historique de Ouagadougou signé dans la douleur par les militaires Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté comme acte officiel de passation du pouvoir aux civiles pour la démocratisation irréversible de la République de Guinée avec l’aide de la CEDEAO et de la communauté Internationale.

A l’ANAD, cette mission est avant tout citoyenne avant d’être politique pour être négocier au tour d’une table de part âge d’intérêt avec Alpha Condé qui a trahi la nation, son parti, sa conviction et ses amis de lutte en l’occurrence Jean Marie Doré, Bah Mamadou Bhoye, Siradiou Diallo, Alpha Sow, le syndicaliste Ibrahima Fofana et tant d’autres.

Après la libération des détenus, quel appel lancez-vous à l’endroit des adversaires d’Alpha Condé ?

Nous encourageons les organisations membres de l’ANAD, du FNDC, du CTG et des autres forces vives partenaires, mais aussi nos partenaires internationaux et africains à doubler plutôt d’effort pour isoler davantage Alpha Condé et son clan pour faciliter son départ qui est un passage obligé pour réconcilier les guinéens, améliorer l’image du tableau des droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance en Guinée, mais surtout remettre la CEDEAO sur son chemin historique de démocratisation faisant d’elle une organisation des peuples et de modèle sous régional en Afrique en terme de limitation du nombre de mandat constitutionnel.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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