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Taxi-motards…en attendant de trouver mieux !

I ls sont rapides, disponibles et accèdent à des endroits où les taxis traditionnels ne peuvent s’aventurer à cause du manque d’infrastructures routières. Eux, ce sont les taxi-motards qui assurent au quotidien la mobilité des habitants de la capitale.

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Se déplacer à Conakry est un vrai casse-tête chinois. Les conducteurs d’engins à deux roues sont visibles à toutes les grandes artères de la ville.

S’il a mis du temps à s’imposer dans la capitale, le taxi-moto, qui a vu le jour au Togo sous le nom de « Zémidjan (emmène-moi vite) », est devenu incontournable dans la mobilité urbaine. En Guinée, le milieu regorge en son sein de nombreux jeunes diplômés sans emploi qui, lassés de chercher un premier emploi, se tournent vers l’informel.

Tel est le cas de Younoussa Diallo, jeune de la banlieue Conakry qui, après l’obtention de son baccalauréat, a été orienté à l’université de Labé, à 450 km de la capitale, où il a obtenu sa licence en sociologie.

Au terme de trois années d’études supérieures, il regagne Conakry. Durant un an, se souvient-il, « j’ai cherché un lieu de stage, en vain. Finalement, au lieu de rester à la maison sans rien faire, j’ai décidé d’exercer le métier de conducteur de taxi-moto en attendant, pour gagner dignement ma vie, sans compter sur quelqu’un ».

Le métier de taxi-moto, Younoussa avoue ne pas l’avoir choisi. Pour se lancer dans ce secteur que l’Etat peine à réguler, il se dote d’une moto et d’un gilet. Bien que la règlementation impose un permis de conduire et une plaque d’immatriculation de taxi, le jeune homme et ses confrères parviennent à échapper à certains contrôles de routine.

« C’est l’informel. Mais nous parvenons à nous en sortir. Grâce aux économies que j’ai faites, j’ai pu m’acheter une moto. Je travaille aujourd’hui à mon compte. Je ne dépends plus de mes parents », se targue-t-il, la fierté se lisant sur son visage.

Au quotidien, cet étudiant diplômé gagne entre 150.000 (15 euros) et 200.000 GNF (20 euros).  De quoi lui permettre de tirer son épingle du jeu et faire des épargnes afin de financer ses projets dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est de 440.000 GNF.

Les tracasseries policières font partie des difficultés de cette activité cyclique. Entre taxi-motards et policiers, c’est le jeu du chat et de la souris dans la circulation. « Il arrive souvent qu’on croise le fer avec des agents de la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) qui, en principe, n’ont rien à voir avec la sécurité routière. Même si les papiers de la moto sont au complet, on doit leur donner de l’argent pour passer », déplore-t-il.

Il avoue qu’il ne se voit pas exercer ce métier à long terme. « Je suis taxi-motard en attendant de trouver un autre travail dans le domaine que j’ai étudié à l’université. Si une entreprise me recrute aujourd’hui, j’abandonnerai ce métier », concède-t-il sans ambages.

A l’image de Younoussa Diallo, Yéro Barry, titulaire d’un diplôme en journalisme, vit grâce au métier de taxi-moto. Journaliste à temps partiel, il s’est retrouvé dans ce milieu suite à une maladie de son père, seul soutien de la famille. « Il était malade quand j’ai accédé à l’université. J’avais besoin d’argent pour financer mes études. Il fallait trouver un travail pour subvenir à mes besoins et ceux du reste de la famille », explique-t-il.

Il affirme que son métier de journaliste ne l’empêche pas d’être taxi-motard à ses heures perdues. « Si je n’ai rien à faire à la rédaction, je fais le taxi-moto pour joindre les deux bouts. C’est ce travail qui me permet de vivre aujourd’hui. Je gagne entre 100.000 et 150.000 GNF par jour », confie-t-il.

« Si je trouve un emploi mieux rémunéré, je tournerai le dos au métier de taxi-moto sans hésiter », confesse notre interlocuteur. D’ici là, il se félicite d’avoir pu créer de l’emploi pour d’autres jeunes en mettant à leur disposition des motos qu’il a acquises au fil de temps. « C’est ma façon de lutter contre le chômage », assure-t-il, le sourire aux lèvres.

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