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L’ex-député de l’UFDG Fodé Maréga soutient Ousmane Gaoual et Cie : ‘’Nous sommes forts, mais nous avons besoin de dialogue’’

La tribune publiée par Ousmane Gaoual, Chérif Bah et Cellou Baldé depuis la prison divise les opinions au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Au cours d’un entretien avec VisionGuinee, l’ancien député uninominal de Dinguiraye, qui dit comprendre la position de ces détenus politiques, s’est exprimé en faveur du dialogue pour permettre à notre pays de sortir de l’impasse.  Lisez…

VisionGuinee : La tribune publiée par Ousmane Gaoual et Cie ne fait pas l’unanimité à l’UFDG. Pensez-vous qu’il faut aller au dialogue ?

Dr Fodé Maréga : Ça fait plus de 7 mois qu’ils sont en prison. Ils ont tout à fait le droit d’exprimer sur leur position de la situation sociopolitique du pays. Qu’est-ce qu’ils disent dans la lettre ? Ils rappellent qu’ils sont des militants de l’UFDG, qu’ils ont été injustement arrêtés et qu’ils voudraient que leur procès se tienne le plus rapidement possible. Et qu’après, ils vont être libérés de tout pour que ça ouvre la voie à un dialogue inclusif pour une décrispation. Donc je suis d’accord avec ce qu’ils ont dit. Ce que je souhaite de plus, c’est qu’après leur libération totale, que le dialogue reste inclusif. Cela peut s’élargir à tous les partis politiques et aux autres composantes du pays. Il faut réellement régler les problèmes de ce pays de façon définitive, de l’indépendance à nos jours. On va passer en revue les régimes de Sékou Touré à Conté, puis de la transition de Dadis et Konaté, mais aussi celui d’Alpha Condé. On aura ainsi une situation qui sera claire et nette en réglant les contentieux.

En clair, vous croyez en la vertu du dialogue…

Oui, le dialogue peut avoir lieu. On a un contentieux avec le pouvoir. Il y a un terrorisme d’Etat contre l’UFDG, on ne peut pas être juge et partie à la fois. Il faut que tout le monde soit là pour discuter tranquillement afin qu’on en finisse avec les marasmes dans lesquels nous vivons en Guinée.

En réaction à la tribune d’Ousmane Gaoual et Cie, l’UFDG a soutenu que la décision de dialoguer ou pas relève exclusivement de la direction nationale du parti et de ses instances compétences. Ne craignez-vous pas des bisbilles au sein de votre formation politique ?

Oui ! Un certain nombre de membres de la direction ont écrit pour dire qu’il n’y a pas de dialogue. Un a officiellement déclaré qu’ils ne capituleront pas. C’est le statuquo qu’on recherche. Mais nous, nous pensons que c’est une réaction épidermique. Ce n’est pas une position définitive de l’UFDG puisque le parti ne s’est pas réuni pour prendre une décision. On aura une discussion et on verra bien ce qui va se passer après.

Déjà, des voix s’élèvent pour appeler à des sanctions contre des cadres du parti favorable au dialogue. Le parti s’achemine-t-il vers une purge ? 

Non, c’est impossible. L’UFDG n’est pas un parti stalinien. C’est un parti démocratique, il y a des divergences qui s’expriment. J’ai toujours eu la liberté d’expression. Je rappelle que je suis un ancien de l’UNR de Bah Mamadou. J’ai reçu Cellou Dalein Diallo et toute son équipe à l’UFDG. Ils m’ont trouvé dans le parti. Il y a longtemps que nous sommes en train  de nous battre pour la démocratie, la justice et l’Etat de droit. Moi je ne suis pas stalinien. En tant que démocrate, j’utilise mes pensées.

Je fais de la politique, pas des fanfaronnades (…). Nous avons le soutien des démembrements du parti. Il est impossible qu’il y ait une purge quelconque. Sinon c’est de revenir à des moments extrêmement difficiles pour l’opposition. On est très loin de ça.

La situation des détenus politiques doit-elle être une condition à l’ouverture du dialogue ?

Je suis membre de l’Association des victimes du Camp Boiro. La prison, on en a suffisamment connu. On a suffisamment vu combien de gens y sont morts pour rien. Donc laisser nos frères en prison, c’est une bassesse que je ne saurais expliquer. Partout où il sera question de faire sortir les militants de prison, je serai le premier à y être.

Quelle message lancez-vous aux militants de l’UFDG qui se trouvent aujourd’hui entre deux feux ?

Il faut dire aux militants que nous nous battons pour les droits de l’homme. Ceux qui sont en prison ne doivent pas augmenter les morts dans ce pays. Je veux que ces gens soient dehors, qu’ils puissent donner leurs avis sur le fonctionnement du pays. L’UFDG est le plus grand parti de la Guinée, il est anormal que le parti ne soit pas dans le jeu politique dans ce pays. Le dialogue est possible. Il est l’arme des forts et non des faibles, comme disait Félix Houphouët Boigny. Nous sommes forts, mais nous avons besoin de dialogue. Ce que nous souhaitons en premier lieu, c’est la libération des détenus. Dès lors que ces prisonniers sont dehors, ils participeront avec nous à tous les dialogues possibles.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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