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Jacques Bonimy, leader de l’UPG et allié de Dalein : ‘’le dialogue en cours ne nous préoccupe pas…’’

Le cadre permanent de dialogue politique et social a entamé ses travaux en début de semaine sous les hospices de Fodé Bangoura. Dans un entretien qu’il a accordé à VisionGuinee, le président de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) a confié à notre rédaction que son camp n’est nullement pas concerné par les discussions en cours. Entretien.

VisionGuinee : De quel voyez-vous les travaux du cadre de dialogue lancés en début de semaine par le secrétaire permanent Fodé Bangoura ?

Jacques Bonimy : Nous avons appris qu’il y a un cadre de dialogue politique et social a été mis en place et que M. Fodé Bangoura a été nommé secrétaire permanent dudit cadre. Le dialogue est l’une des attributions du Premier ministre, selon la loi fondamentale.

Pensez-vous que Fodé Bangoura, ancien dignitaire du régime Lansana Conté, est le bon client pour diriger ce dialogue ?

Jack Bonimy : Pour nous, M. Fodé Bangoura a été nommé pour gérer matériellement ce cadre de dialogue. Il n’est pas le président du cadre du dialogue, il en est le secrétaire permanent.  C’est un travail continue, un travail du gouvernement qui est différent de la situation que nous vivons en ce moment. Nous venons de sortir d’une élection présidentielle à l’issue de laquelle il y a eu un contentieux. Un des candidats s’est déclaré vainqueur dans les urnes. La CENI et la Cour constitutionnelle ont déclaré M. Alpha Condé gagnant. Ce contentieux n’a jamais été réglé. Ce qui a conduit le pays dans une crise profonde qui s’étend au niveau national et même international avec la naissance de mouvements pour essayer de résoudre cette crise qui malheureusement n’est pas encore maîtrisée.

La Guinée traverse une crise sans précédent depuis des mois. Selon vous, comment ce dialogue peut-il aider le pays à sortir de l’impasse ?

La souffrance du peuple aujourd’hui nécessite un dialogue qui est différent des problèmes administratifs ou de la gestion du gouvernement que M. Fodé Bangoura veut assurer. Ceux qui ont été conviés à première journée du dialogue le mercredi 16 juin sont des acteurs du secteur des transports. Est-ce que ce sujet résout la crise que nous avons aujourd’hui ? Je crois que ce sujet est plutôt la conséquence de la crise que nous vivons. Si on veut parler du carburant, de l’état des routes ou encore des transports de manière générale, c’est un travail du gouvernement qui nécessite des consultations élargies à toute la population. Cela est totalement différent du dialogue que nous réclamons. Ça ne résout pas la crise que nous vivons actuellement.

Le prix du carburant doit être fixé en fonction du cout du baril de pétrole à international. Si on augmente le prix sans se référer à la baisse ou à l’augmentation au plan international, on ne peut pas se lever un matin pour dire qu’on va augmenter le prix du carburant parce que l’État a des difficultés.  Ces difficultés ne vont être à la charge de la population. Elles sont dues aux dépenses imprévues qui ont été effectuées lors de la présidentielle, du référendum et des législatives. Est-ce qu’il revient au peuple de combler ce gap que l’Etat cherche à combler ? Non.

Pour une sortie de crise, le dialogue est de tout de même nécessaire…

En réalité, nous ne sommes pas contre le dialogue, mais c’est la façon dont ils veulent mener ce dialogue qui nous contraint à ne pas participer. On vient de sortir d’une élection dont les résultats n’ont pas été acceptés par le challenger numéro un du président Alpha Condé. Ce qui fait que notre pays est en train de traverser une crise qui s’élargit à tous les secteurs de l’État. Nous pensons que le dialogue doit être accentué sur cette crise et non sur les aspects secondaires de la crise concernant les transports, l’éducation, la santé et autres. Le gouvernement a tout à fait le droit de consulter les acteurs de ces secteurs, mais cela est différent du dialogue fondamental qui concerne le contentieux du 18 octobre. Donc nous rejetons en bloc le dialogue mais le dialogue en cours ne nous préoccupe pas parce que nous ne reconnaissons pas la façon dont il est géré.

Par Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

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