Accueil » Économie » A Kounsitel, les orpailleurs super protégés : ‘’le travail se fait pratiquement la nuit. C’est comme une ville asiatique…’’

A Kounsitel, les orpailleurs super protégés : ‘’le travail se fait pratiquement la nuit. C’est comme une ville asiatique…’’

Malgré l’interdiction par les autorités guinéennes, l’exploitation artisanale de l’or continue dans la commune rurale de Kounsitel, localité relevant de la préfecture de Gaoual. Le maire de cette circonscription accuse des agents des forces de défense et de sécurité d’être de mèche avec des orpailleurs qui accèdent à la mine sans être inquiétés.

‘’Nous avons organisé les jeunes pour faire sortir tout le monde des sites d’exploitation. L’application de la mesure a été très difficile. Car les militaires ne voulaient pas de cela. Ils disent qu’ils ont été déployés sur les lieux par le gouvernement. Mais nous avons cherché un agrément pour un Comité de surveillance pour des jeunes’’, raconte le maire de la commune de Kounsitel, Mamadou Chérif Diallo, au micro de VisionGuinee.

Après des négociations, poursuit-il, ‘’les agents ont accepté que les jeunes fassent des patrouilles pendant la journée. Mais il se trouve que le travail se fait pratiquement la nuit. C’est comme une ville asiatique, vous voyez des torches la nuit et c’est un monde fou qui travaille dans la mine. On leur a dit qu’on ne peut pas surveiller la journée alors que le travail se fait la nuit. Le préfet de Gaoual a convoqué les autorités locales, les forces de sécurité et les chefs de PA qui sont installés au niveau chaque site d’exploitation. Nous avons dit s’ils n’ont rien à cacher, qu’ils acceptent que nos jeunes puissent surveiller la nuit. Ils ont finalement accepté. Le même jour, des échauffourées ont éclaté à Kounsitel’’.

Règlements de comptes ?

‘’Lundi [le jour des échauffourées], les jeunes ont décidé d’aller faire une patrouille à 20h. C’est en ce moment qu’ils ont été attaqués par des orpailleurs. Il y a eu des blessés. On a demandé à la police de venir pour faire des enquêtes’’, explique Mamadou Chérif Diallo.

Le lendemain, précise-t-il, ‘’tous les orpailleurs se sont levés pour dire que les jeunes veulent les empêcher de travailler. Ils ont dit, de gré ou de force, qu’ils vont travailler. Finalement, ils ont saccagé, brulé des tables, reversé des marmites avant de bruler la maison du directeur sous-préfectoral de la jeunesse. Ils sont allés à la maison des jeunes pour bruler tout le matériel’’.

Pendant ce temps, regrette la première autorité communale de Kounsitel, ‘’les forces de l’ordre étaient là sans réagir. Et personne n’a été arrêté. C’est pourquoi, nous disons que ce sont eux qui ont dit aux orpailleurs de s’attaquer aux gens, peut-être pour nous faire regretter notre décision’’.

Les orpailleurs super protégés…

‘’Malgré l’interdiction, les orpailleurs travaillaient. Les jeunes [de la localité] ont dit que ce n’est pas possible. Ils ont dit que tout le monde doit arrêter l’exploitation. Les forces de l’ordre sont intervenues pour gazer et arrêter les gens avant de les envoyer à Gaoual. Ils ont fait deux semaines en prison, puis jugés et condamnés’’, déplore M. Diallo.

A Gaoual, fait-il remarquer, ‘’des femmes ainsi que des jeunes se sont révoltés. Là aussi, ils ont été réprimés, il y a deux cas de morts, plusieurs blessés et des personnes mises en état d’arrestation. Ces dernières sont actuellement en prison sans être jugées’’.

Pendant ce temps, martèle-t-il, ‘’ceux qui s’opposent à la décision du gouvernement font ce qu’ils veulent. A Gaoual, rien n’a été cassé. Mais à Kounsitel, on brule des maisons et personne n’est arrêté. Quand les agents passent, ce sont les orpailleurs qui les applaudissent. Ça veut dire qu’ils sont complices’’.

‘’Nous sommes inquiets parce qu’on ne comprend plus rien. Les jeunes menacent de descendre dans la rue, mais nous sommes obligés de leur dire ne pas mettre à exécution leur menace pour ne pas envenimer la situation.  Car on ne sait comment ils [les agents de sécurité] vont réagir, ils peuvent tuer’’, indique-t-il.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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