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Prélèvement de 5% sur le salaire des fonctionnaires : ‘’il ne faut pas le faire en ce moment’’, prévient Aboubacar Soumah du SLECG

A compter de la fin du mois d’aout 2021, l’administration publique va prélever 5% du salaire des travailleurs conformément à l’article 63 de la loi L0027 du 7 juin 2019 portant Statut général des agents de l’Etat. Contrairement à certains syndicalistes qui déclarent avoir informé par voie de presse, le secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) approuve la démarche du gouvernement, tout en précisant que le moment n’est pas propice.  Entretien…

VisionGuinee : Des voix s’élèvent pour dénoncer le prélèvement prochain de 5% sur le salaire des fonctionnaires. Quelle est la position du SLECG face à cette situation ?

Aboubacar Soumah : Ce n’est pas une diminution de salaire contrairement à ce que pensent les autres. C’est une simple cotisation. Il s’agit de prendre d’un côté pour servir l’autre. C’est le syndicat qui avait demandé la création de deux institutions à l’image des autres pays. Elles sont alimentées par les cotisations de tous les travailleurs. C’est nous qui avons exigé du gouvernement la création de l’Institut national d’assurance maladie obligatoire (INAMO) et la Caisse nationale de prévoyance sociale des agents de l’Etat.

En 2014, quand le gouvernement a mis en place ces institutions, il avait commencé à prélever les 5%, mais nous avons dit non, il faut les remettre car nous devons avant tout informer les travailleurs. De 2014 jusqu’à maintenant, c’est seulement l’Etat qui subventionne, les travailleurs ne cotisent pas. On nous a informé qu’on doit prélever les 5%, nous leur avons dit qu’on doit informer les travailleurs. On a envoyé des délégations dans toutes les régions administratives pour informer les travailleurs afin qu’ils ne soient pas surpris.

Vous approuvez donc la décision de l’Etat…

Nous sommes d’accord pour le prélèvement. Seulement, la période n’est pas bien indiquée. On vient d’augmenter le prix du carburant à la pompe. Ce qui implique l’augmentation des prix à tous les niveaux. Non seulement le transport a augmenté, mais cela s’est répercuté sur le prix des denrées.  Donc il fallait attendre que cette période passe avant d’appliquer ce prélèvement. Comme il n’y a pas de mesures d’accompagnement par rapport à l’augmentation du prix du carburant, il fallait attendre que cette période passe. Parce que les travailleurs sont en train de traverser une crise sans précédent. Si nous sommes d’accord sur le principe du prélèvement, nous pensons qu’il ne faut pas le faire en ce moment.

Si le moment n’est pas propice, qu’envisagez-vous pour vous faire entendre et pousser le gouvernement à reculer ?

Pour le moment, on attend. A l’ouverture, quand on va prélever sur le salaire des enseignants, on verra leur réaction. Ce n’est pas à nous de décider. Si les enseignants réagissent, nous allons le faire conformément à leur position.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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