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Alpha Condé, le joueur…

Le joueur, oui ! Le football était alors sa passion, ce talentueux gaucher, virtuose et dribbleur assumé, était redouté par les équipes adverses. Un de ses amis d’enfance, Dakinbor, soutient qu’il fut un joueur doué, véritable cauchemar pour l’adversaire. 

Ce que, sans fausse modestie d’ailleurs, l’intéressé lui-même, confirmera. Oui, dit notre joueur national. Le football était presque sa passion première, mais le jeune Alpha Condé sut très tôt qu’en dépit de ses talents footballistiques, ce sport-roi n’était pas sa vocation. Vocation ! 

Élève plutôt studieux, il avait, disons-le, une certaine idée de son destin. Un fait presque banal mais à la limite fondateur, comme expliqué dans son livre-entretiens, une certaine idée de la Guinée, pourrait révéler l’homme, percer ce mystère d’un homme ayant fait l’objet d’une cooptation dans les arcanes secrets de l’administration coloniale, du pouvoir ? 

Le joueur et sa passion du foot. Quand un jeu devient passion, nous y laissons inconsciemment aussi les traits profonds de notre personnalité. Nos passions nous révèlent à l’autre, puisque nos choix, nous déterminent. 

Le Président Alpha Condé, la passion foot aidant, nous expose naturellement, les ressorts du politique qu’il est, aujourd’hui. Footballeur talentueux, le destin ne lui fera pas de promesses mais l’artiste politique en herbe nourrissait déjà l’ambition de gravir les marches du pouvoir.

Très tôt, une des manifestations les plus sombres de la manœuvre politique, en l’occurrence l’espionnage, se révèlerait être la voie de son destin ? Le côté involontaire du destin est fascinant et, mais, aussi troublant ! 

Il venait à l’évidence, peut-être, coup du destin, de trouver le chemin qui lui conduirait en politique, terrain propice chez lui, au développement d’un certain talent. Le joueur de foot et son destin. Se connaître soi-même, preuve de sagesse et ce talent gâché côté foot devait bien servir quelque part, mais en s’amplifiant, certainement et, en s’aggravant, assurément.

Le Président Condé reste un joueur, il en a l’âme, en exulte et parfois, hélas, y excelle. Sauf que d’essence, le football est un sport collectif mais, lui, n’étant véritablement pas disposé à jouer collectif, connaîtra opportunément aussi le coup du destin. Le football n’était pas fait pour lui et le dira en ses propres termes, pompeux, cela dit : « le football n’était pas ma vocation, mais cela demeure une de mes passions. » 

Vocation, passion ! Qu’importe, seule la finalité ou le but comptait. Le football demeure une de ses passions, cependant. La politique étant désormais sa vocation.

Venons-en au football, était-il doué au foot ? Que lui reprochait-on et qu’il reconnaît d’ailleurs lui-même ? « Oui, mais indiscipliné, car j’aimais dribbler et conserver le ballon. L’entraîneur me critiquait souvent. » 

C’est tout lui et cela trouve sa confirmation dans son exercice du pouvoir. N’est-ce pas, honnêtes gens ? 

« Indiscipliné », dites-vous ? Pourquoi utilise-t-il lui-même, ce terme ? L’acception choisie est claire, elle n’a rien de trivial surtout et donc conforme aux bons usages. Qu’est-ce à dire ? 

Indiscipliné. Désobéissant, rétif, rebelle à la discipline ; en politique, on l’assimilerait plutôt à la volonté de s’affranchir des règles communes voire même en afficher un certain mépris. Que nous oblige l’honnêteté sinon qu’à dire, oui, c’est bien le profil de notre joueur ? Pardi !

Le joueur ! Aujourd’hui, l’homme nous traduit aussi cette « indiscipline » par son manque de sincérité dans le travail collaboratif, sa proximité sonnerait comme un éteignoir sur la flamme d’une bougie ?

C’est à même de se demander le peu de considération que pouvait lui inspirer la critique de son coach, ce pauvre entraîneur ? En vérité, il n’aime pas la critique et l’entêtement reste un des traits profonds de sa personnalité. Tout comme en politique, pardi !

La passion est révélatrice et le joueur ne fera pas exception à la règle : il aimait dribbler comme il enfarine aujourd’hui en politique ; conservait le ballon comme il conserve le pouvoir ; certainement, réfractaire au coaching comme à la mobilisation populaire et comme il l’est sûrement avec sa kyrielle de conseillers. L’esprit d’équipe, en vérité, ce n’est pas son fort ! 

Si le terrain de foot a refusé ses caprices, le destin, lui, le conduira sur un autre terrain, le paysage politique. N’est-ce pas le même joueur qu’alors dans le foot ? Le joueur en lui, demeure ! 

Sa passion foot demeure et la tenue de la CAN sous son magistère, son désir secret. Ce désir qu’il caresse et qu’appelle de tous ses vœux, ce peuple amoureusement foot. Le joueur, telle l’œuvre d’une vie, entend mettre cérémonieusement sa vocation au service de sa passion, plutôt d’une de ses passions : le football !

Ce j-o-u-e-u-r, il l’est resté et fidèle à lui-même !

Amara PENDESSA
Citoyen

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One comment

  1. Ça y est le culte de la personnalité est de retour.
    Et tant que ce sera ainsi , on peut dire Adieu à la démocratie .
    On a besoin de tout dans ce pays de cocagne surtout de bouffe et de routes mais le « p’ti bou » et compagnie nous nourrissent de littérature pédantes. Nous jettent dans les ronces de ce que fut jadis des routes bitumées et sûres.
    Chacun défend son beefsteak mais de grâce on doit penser aux autres aussi qui ont même perdu le goût de la viande.
    Sévrés de cette source de protéines depuis une décennie.

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