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Les insulteurs publics, carton rouge !

Tout d’abord, nous sommes des Guinéens, chacun de nous occupe une position dans la société, mais cela ne nous octroie pas pour autant le droit de mépriser les autres et de les écraser.

Il est irresponsable de s’adonner à des ignominies au vu et au su de tout le monde sur live (en direct) Facebook, comme nous le constatons ces dernières années sur les réseaux sociaux en Guinée. Ils sont de tous les âges, de tous les sexes, de tous les partis politiques. Ils utilisent l’internet pour diffuser des âneries et provoquent de même des remous au sein de la société.

Des plaintes et des procès ont été intentés contre les uns et les autres, mais rien à faire le phénomène continu bel et bien.   Permettez-moi de citer un proverbe arabe qui dit : « si tu n’as pas de honte, fais ce que tu veux ». Nous allons dire à ces activistes et insulteurs de Facebook et consorts qu’ils sont hors la loi et qu’ils nous font honte ! Nous sommes des Guinéens égaux en droits et en devoirs

Il faut préciser que l’auteur de ce texte n’appartient à aucun parti politique sur l’échiquier politique national. C’est un choix, même s’il a tout le droit d’appartenir à la formation politique de mon choix.

Les États Unis étant le berceau de l’internet, on y retrouve les géants du numérique : les fameux GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Ces géants de l’internet n’ont pas hésité à censurer et à fermer des comptes qui diffusaient des Fake News ou qui diffusaient des propagandes préjudiciables à l’unité du pays: le fameux Big Liar de Donald Trump.

La plus célèbre mesure en ce sens est la fermeture du compte Twitter de l’ancien président Trump, son réseau social de prédilection avec des centaines de millions d’abonnés. Si ces mesures ont été prises au pays de l’internet, pourquoi ne pas prendre des mesures contre les activistes souvent insulteurs des réseaux sociaux en Guinée ?

Nous considérons qu’ils sont devenus un véritable fléau pour notre société, un danger pour la cohésion nationale ! Combien de Guinéens ont un compte Facebook, et par ricochet suivent les énergumènes de la toile ? A force de répéter les mêmes mensonges tous les jours, ils risquent de devenir la vérité pour certains : comme l’a dit notre ancien président,« plus le mensonge est gros, plus le Guinéen y croit ».

Dans la perspective de la construction d’une nouvelle Guinée, il serait temps de mettre au pas ces vendeurs de la haine, ils ou elles ne sont contents de leur petite personne que quand une partie de la population est stigmatisée ou victime d’injustice. Ils opèrent sur la toile, ils sont donc virtuels, mais leur forfaiture a des conséquences néfastes sur tout ce qu’il y a de plus réel sur le terrain. Nous aurons besoin dans l’avenir d’avoir une sorte de régulation, ou, s’il y a des lois, il est grand temps de les activer ! Le Colonel président a dit : « la justice sera la boussole qui guidera chaque citoyen ! »

Comme chacun de nous le sait, l’internet est une arme à double tranchant : on peut s’en servir comme outil de travail, de recherche, de rencontre, d’information et de connexion avec les autres personnes de la planète, l’instantanéité, etc. Mais on peut aussi s’en servir comme d’un instrument pour commettre des crimes : cybercriminalité, ou diffusion d’insanités. Les réseaux avec tous leurs bienfaits ont aussi permis la prolifération de toutes sortes d’activités répréhensibles, qu’ils soient facebookers, Youtubers, pseudos blogueurs, etc. Ils habitent en Guinée, en Europe et aux États-Unis. Certains ont des centaines de milliers de followers, et ils sont grisés et gonflés par le nombre de leurs abonné(e)s. Et ils s’adonnent sans complexe à des discours haineux sources de division et de désaccords dans le pays. Ils tiennent des paroles obscènes contraires nos us et coutumes dans notre pays !

Pourtant, nous devons respect et considération à ces traditions, ou, comme le disait Camara Laye, « nous ne devons pas trop malmener la tradition »: ce qui signifie le respect des ainés, l’abstention de certains propos en publics : une jeune femme ne doit, sous aucun prétexte fallacieux, proférer  des injures touchant les hommes en public.

Parler des tardions et des mœurs ne veulent nullement dire ici être archaïque et refuser la modernité, mais la démocratie ne veut pas non plus dire l’anarchie. Hélas, durant les dernières années du président Alpha Condé, pour déstabiliser ses adversaires politiques, nous avons assisté aux actions de toutes sortes de termites entretenus et soutenus par les officiels gouvernementaux, qui, sans aucune honte, s’affichaient publiquement avec ces insulteurs !

Ils s’en prenaient à tout le monde, quel que soit son rang dans la société, en osant critiquer le gouvernement, avec une indécence à faire frémir un loup-garou. Nous avons même vu un petit jeune analphabète s’autoproclamer le ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook. Ses flèches empoisonnées se sont abattues sur plusieurs personnes très respectables de notre société, qui ont marqué l’histoire de notre pays, des gens qui ont incarné un jour l’État guinéen, Cellou Dalein Diallo est un exemple édifiant de la question.

Quelle aberration que des gamins ou des gamines, toute honte bue, s’en prennent à des gens respectables pour en faire la risée de la société !, Et, chose très grave, dans des Live en direct sur Facebook avec des centaines de milliers d’abonnés. Imaginons ce qui se passera s’ils sont imités par d’autres jeunes, que va devenir notre société ? Nous ne voulons pas une société « d’insulteurs », mais une société de travailleurs et de bâtisseurs…

Le président Alpha Condé, avec tout le respect qu’on lui doit, avait-il été traité de cette manière par le pouvoir d’alors lorsqu’il était opposant ? Certes, il avait été emprisonné durant la deuxième république, mais est-ce qu’il a été victime des insultes en bande organisée, et commandités par le gouvernement du moment ? La réponse est non !

Même moi, avec ma modeste personne, avec cet article, je risque de subir les foudres de ces brebis galeuses de la manière la plus hideuse possible ! Qu’importe ! Quand j’étais au collège Franco-Arabe de Kindia, nous avions un principal qui nous disait, je le cite : « quand on est impoli et mal élevé par ses actes, cela veut tout simplement dire qu’on est le fruit d’une descendance d’impolis et de mal élevés ».

Ne dit-on pas que chacun est l’ambassadeur de sa famille. Amadou Hampaté disait : « qu’on peut venir d’une basse extraction et être un noble par ses actes, tout comme on peut venir d’une famille aristocratique et être l’homme le plus hideux sur la terre ». Donc tout dépend de notre éducation !

L’avènement du CNRD, source d’espoir

Comme nous le savons tous, l’acronyme du CNRD, sous la houlette du Colonel président Mamady Doumbouya, signifie Comité National de Redressement pour le Développement. Le redressement de la société guinéenne arrive à point nommé. La Guinée d’aujourd’hui a bien besoin de redressement, de rééquilibrage et de changement des mentalités. Ces points sont aussi cruciaux que la refondation de notre État que tous les fils dignes de notre pays souhaitent au plus profond d’eux-mêmes.

Sur ce point nous avons perdu beaucoup de nos valeurs ancestrales, comme par exemple l’importance pour les jeunes de ne pas élever la voix devant une personne plus âgée, donner sa place à une personne plus âgée, respecter un ainé, ne pas répliquer, par égard pour les personnes âgées, à une insulte touchant ses propres parents. Surtout par pudeur et par respect pour sa propre personne, on ne peut pas en faire un moyen de communication pour que tout le monde entende des obscénités sortir de notre bouche, et en faire un moyen pour s’assurer une célébrité dans la société.

La crise de la démocratie que nous vivons aujourd’hui doit nous enseigner que nous ne pouvons pas nous séparer de toutes nos valeurs au nom de la démocratie. Nous ne pouvons pas servir de la liberté d’expression pour s’attaquer à des gens, qu’on les aime ou pas, qui ont un jour incarné l’Etat Guinéen. Un ancien Premier ministre porte ce titre à vie ! Une enfant ou un enfant qui n’a rien donné encore à son pays ne peut pas et ne doit pas s’en prendre publiquement à une telle personnalité, sous aucun prétexte, avec des propos qui n’honorent ni sa personne ni sa famille. La Guinée est plus grande que nous tous, respectons-la en respectant ceux que l’ont incarnée hier et aujourd’hui, quelle que soit leur tête !

Thierno Youla Sylla
Chercheur, à Paris     

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