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La République n’est pas née aujourd’hui, et pour construire demain, il faut éviter les erreurs d’hier

Faut-il parler d’un pouvoir ingrat ou de l’ingratitude du moment ? La Guinée, pays de paradoxe exceptionnel et échantillon indexé des mauvais exemples s’est toujours illustrée par sa négation ou sa destruction mémorielle. 

Ai-je besoin de rappeler ici qu’aucun dirigeant n’est venu avec l’idée de trahir ses propres convictions ou de saborder notre destin collectif ? Je dis Non. Ai-je besoin de rappeler ici et maintenant que le pouvoir excessif avec des privilèges abondants corrompe naturellement son détenteur ? Je dis encore Non.

De Sékou Touré à Alpha Condé combien sont-ils ces dirigeants du pays qui ont manqué le rendez-vous de l’histoire ou qui n’ont pas été d’un moment à un autre acclamés et lapidés par le même peuple aux multiples aspirations, aux convictions variables et éternellement insatisfaits ?

Le personnage de Sékou Touré est loin de faire l’unanimité. Tantôt il est présenté comme héros tantôt comme dictateur.

Lansana Conté, au début, il était le père du libéralisme et après, il était perçu comme un dangereux anarchiste qui nous a légués un tableau économique très chaotique.

Dadis Camara présenté comme étant un sauveur à la suite de la mort du Président Gl Lansana Conté, finalement, il était considéré comme une parenthèse sombre de notre histoire politique récente avec les événements douloureux du 28 septembre.

Le Général Konaté a repris la main. Il n’était ni plus ni moins qu’un traitre aux yeux de l’opinion malgré son courage patriotique de transférer le pouvoir à un civil mais dans des conditions toujours sujettes à discussions.

En décembre 2010, arrive un certain Alpha Condé au pouvoir contre le gré du destin. Au début, il était porteur d’espoirs malgré son handicap de légitimité et de reconnaissance avec son impossible remontada politique à l’entre deux tours de la présidentielle. Avec son désir insatiable de pouvoir à vie, il a été renversé avec humiliation. Il était finalement, le grand cauchemar de la République. C’est du triomphe personnel à la déconfiture pour toujours.

Aujourd’hui, pour être plus explicite, avec la volonté de l’histoire et la force du destin, un homme est à la tête du pays. Sans faire un jugement d’intention, ses mots en ce début, rassurent comme d’ailleurs, la plupart de ses prédécesseurs.

C’est pourquoi, au regard du parcours politique commun à notre peuple, collé à jamais à notre histoire, le Colonel Mamadi Doumbouya doit être le plus averti, le plus intelligent pour échapper au piège permanent de l’histoire. Le parjure.

Car, la République n’est pas née aujourd’hui, mais, il faut juste éviter les erreurs des autres pour construire notre avenir à partir de maintenant.

Les complots permanents, les coups d’État imaginés, les accusations sans preuves, les arrestations arbitraires ou la rage de renverser la table font partie des erreurs d’hier, et à éviter absolument pour la réussite de notre transition. Pour y parvenir, les impairs en démocratie, les racontars des rats de palais, faudra s’en défaire.

En plus, l’Etat a une âme et l’administration a une mémoire, évitez de formater ou d’écraser les deux en même temps. Le faire, c’est une faute incorrigible aux conséquences désastreusement multiples. Certes, on dira qu’un vieux balai ne rend pas propre la maison mais il connaît quand même les coins et recoins, où les saletés s’entassent.

C’est pourquoi en Afrique, on déconseille de jeter le vieux balai de la maison au profit du nouveau. Car ce dernier a non seulement besoin de l’expérience du premier mais aussi s’inspirer de son état physique pour évaluer la charge qui l’attend et son sort.

Bref, chacun des deux pourra servir à quelque chose. Il faut juste imposer la rigueur de la méthode et l’obligation de résultats avec des moyens bien déterminés. C’est de l’organisation du travail soit on explore la règle Fayol ou celle Mayor. Il n’y a point de miracle, et rien ne se construit dans le populisme creux.

A la place du cœur, faisons travailler la tête.

A bon entendeur !

Par Habib Marouane Camara
Journaliste-chroniqueur

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