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Attendu au poste de Premier ministre depuis 2007, Mohamed Béavogui ou le devoir de réussir

Le Premier ministre nommé le 6 octobre 2021 a le profil idéal. Il est bien parti pour jouer un rôle historique dans la transition. La charpente de l’équipe gouvernementale de 25 portefeuilles ministériels et de 2 secrétariats, dont les titulaires seront nommés dans les jours à venir, est un premier acte rassurant.

Déjà, en 2007, il était de la liste des Premiers ministrables présentée par les Forces vives au régime du général Lansana Conté pour aider le pays à sortir de la crise sociopolitique.

A 68 ans, ce bon enfant du pays était attendu à la tâche depuis 14 ans. Déjà après les événements de janvier-février 2007, son nom était en bonne place sur la liste de personnalités guinéennes aptes à servir le peuple au poste de Premier ministre. A l’époque, le régime était à bout de souffle. Le général Lansana Conté, habité par le pouvoir à vie et rongé par la maladie, avait préféré son homonyme Lansana Kouyaté. Puis, cette liste de Premiers-ministrables chère aux leaders syndicaux et acteurs de l’opposition politique, est restée dans les tiroirs. Sauf que, par bonheur, l’histoire est têtue ?

Le nom de cet homme, que la radio mondiale RFI présente comme un «vétéran du développement» et une «personnalité éloignée de la politique intérieure et peu suspecte de participation aux querelles intestines des dernières années», est resté gravé dans la mémoire collective comme le joker qu’il faudra sortir au bon moment pour tirer le pays de son embourbement. Si le choix du colonel Mamady Doumbouya est tombé sur lui, ce n’est que justice. Sa nomination tient compte de la volonté populaire et des pronostics favorables. Son côté métis (son père est originaire de Ma[1]centa en Guinée forestière et sa mère de Mamou en Moyenne Guinée) est présenté comme une chance à saisir pour la Guinée. Avec lui, l’homme du 5 septembre 2021 et son équipe ont l’opportunité de mettre le cap sur un avenir meilleure.

Primo, en jetant les bases du «rassemblement» de tous les Guinéens – si cher au colonel Doumbouya. Secundo, lorsque le moment crucial sera, rendre la vie facile aux candidats aux élections devant être organisées sous le magistère du régime de transition.

En fixant le cap sur le bon service à rendre au peuple et non sur le gangstérisme électoral dans lequel se sont empêtrés plusieurs membres de régimes qui se sont succédé en Guinée. Pour ce faire, il y a lieu de préciser la durée de transition afin de prendre à témoin la communauté nationale et internationale. Cela montrera les vraies intentions et aidera les esprits éclairés bien se positionner dans l’espace et dans le temps. Tertio, comme Doumbouya tient à sa promesse de rendre le pouvoir aux civils après des élections présidentielles et quitter le pouvoir, rien ne doit plus maintenir les nuages sur le nombre de mois ou d’années qu’il se choisit pour dérouler ses activités.

Finir avec le suspense

A l’analyse, un chef putschiste qui veut ressembler à Jerry Rawlings devrait se positionner dans un temps ni trop court ni trop long. Dans l’un ou l’autre cas, il n’a pas droit de maintenir un suspense à la Dadis Camara, du genre, «si je veux, si je ne veux pas». Afin de parer à toutes récriminations dans le futur, la durée de son règne doit être rendue publique. Ne serait-ce que pour son entrée dans l’histoire des transitions réussies en Afrique, par la grande porte, une date de fin de la transition est incontournable. A moins que.

Méthode

Le Premier ministre Béavogui, quant à la lui, est attendu sur la méthode à l’aide de laquelle il conduira l’action gouvernementale. Même si tous les choix et la qualité des femmes et des hommes devant composer le gouvernement de transition dont il est le chef, ne dépendant pas forcément de lui et de lui seul, le fait d’avoir à coordonner 25 départements ministériels et 2 secrétariats généraux ne sera pas une mince affaire. Certes, les tâches de chaque membre et les canevas sont cadrés par la Charte, mais dans ce pays où un directeur financier était à tu et à toi avec le président de la République, un planton sanctionné par décret du chef de l’Etat, un frotte-manche bien écouté à la place d’un expert, c’est dans la pratique courante que l’on saura apprécier l’application qui sera faite du principe d’esprit collectif et de discipline administrative.

Tout l’espoir est, on l’a vu dans le décret du 8 octobre 2021, que la justice soit toujours placée au premier plan. Et c’est là tout le pesant d’or du challenge à réussir par le président et le chef du gouvernement de transition. Tous deux sont appelés à avoir le dos large et la peau épaisse pour tirer la Guinée de la boue dans laquelle elle se trouve actuellement maintenue par la faute des délinquants financiers de tous les horizons et leurs bandes d’assoiffés de pouvoir à vie.

Par D. Alpha

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