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Enfin le temps de la justice et de la réparation ? (Par Aly Badra Diakité)

Longtemps combattu, isolé, diabolisé et caricaturé comme la pire des espèces politiques, Cellou Dalein Diallo, cet opposant victime de sa prodigalité et son opiniâtreté à ne point fléchir ni courber l’échine face à une machine politique symbolisée par le cynisme, la dictature, le sens de la déraison et l’animalité incarnée par Alpha Condé, doit enfin bénéficier d’une justice, d’une réparation et d’une réhabilitation pour son courage assumé et sa constance à survivre aux dures épreuves de la lutte politique.

Le temps étant le meilleur juge de l’histoire a fini par donner raison à celui qui, malgré tous les préjugés pesants ou des accusations non prouvées a fait preuve de résistance et d’endurance face à un adversaire craint et vindicatif.

Cellou et Alpha, c’était 11 ans de lutte, 11 ans de bras de fer et 11 ans de divergence à tous points.

Malgré l’inégalité des armes de lutte, la férocité de l’adversité, un seul instant, une seule seconde, cette dualité n’a été rompue et n’a connu un temps de trêve. C’était l’épreuve de la force jusqu’à la fin. L’un puissant de sa légitimité et l’autre fort de son pouvoir de coercition, les deux ont focalisé l’essentiel d’une décennie de désaccords.

Fort d’un bassin électoral assidu et ponctuel, doté d’une personnalité avec un parcours d’homme d’Etat dont tout individu caresse, le leader de l’UFDG a toujours plié Alpha Condé que ce soit dans la rue ou dans l’urne.

La participation de l’homme aux différentes joutes électorales, de 2010 à 2020, a prouvé de manière légitime et de façon incontestable qu’il est l’expression singulière de la pluralité et de la majorité électorale dans le pays.

En 2010, aux élections présidentielles, Cellou est arrivé très loin devant avec un écart pharaonique face à 23 candidats qui ont pour la plupart une longue carrière politique que lui en tant que leader de parti. Son ‘’échec’’, loin du démérite est perçu par tous comme le miracle le plus impossible qui puisse exister. C’était abracadabrantesque de se faire battre par Alpha Condé dont la plus grande performance en terme de résultats reste encore son historique 18%.

Aux élections législatives de 2013, Cellou avec l’UFDG pulvérise tous les records de pourcentage élevé de sièges à l’Assemblée nationale avec 37 députés. C’était la confirmation de la solidité de son assise électorale comme du béton fort.

En 2015, sa participation à la présidentielle était un test fort pour lui face à un pouvoir qui lui donnait déjà mort politiquement. Malgré la machine de la fraude, l’UFDG a réalisé un score honorable et confirme sa loyauté à son leader, victime de toutes sortes d’indécences politiques.

Aux communales de 2018, Cellou surprend le RPG dans ses propres fiefs supposés. L’UFDG constituait une raide pour le RPG. L’on se rappelle encore de la fureur d’Alpha Condé contre ses soutiens.

Le refus de participation de l’UFDG au double scrutin forcé du 22 mars 2020 a mis en déroute le pouvoir d’Alpha Condé. Le taux de participation était le plus faible de notre histoire. Les citoyens ont rejeté le corps et l’esprit de la constitution du mandat de trop.

La démonstration de muscles politiques dans la rue a été une déculottée pour le pouvoir Condé et ses serviles.

En décembre 2020, contre toute attente, Cellou s’engage dans la course pour Sékhoutouréyah. Il a drainé du monde et dans la rue et dans les urnes.

L’invité surprise a déjoué de manière méthodique la machination électorale d’Alpha Condé.

Cellou, fort de ses chiffres sortis des urnes du 18 octobre est bel et bien le vainqueur légitime de cette présidentielle. Mais Alpha Condé a été déclaré vainqueur par sa CENI, une branche militante du RPG et la Cour constitutionnelle, une autre branche juridiquement militante.

Depuis lors, le pays vivait une situation mi-figue mi-raisin. C’était le début du déluge du pouvoir Condé.

Le coup d’État du 05 septembre qui a tourné définitivement la période sombre d’Alpha Condé, est une action de grâce pour le peuple dans son ensemble.

Le Colonel Mamadi Doumbouya, le nouveau réparateur des injustices et créateur d’espérance, après son coup de balai dans les écuries d’Augias, doit organiser des élections libres et transparentes.

Que le choix libre et indépendant du peuple triomphe au détriment des combines et considérations malsaines qui ont caractérisé la présidentielle de 2010.

Ça sera la meilleure façon de corriger les injustices, réparer les impairs et redonner à notre démocratie toute sa légitimité.

De là, le pays connaîtra le bon et meilleur départ vers développement socio-économique tant souhaité. Le choix du peuple est le vœu de Dieu.

Allons aux élections après le nettoyage, et les martyrs tombés sur le chemin de la démocratie dormiront paisiblement, enfin !

Aly Badra Diakité

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