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Droit de réponse des diplômés du Maroc à Mohamed Dioubaté, Directeur de l’ONABE

C’est avec une attention particulière que nous, étant parmi les anciens étudiants issus de l’enseignement franco-arabe et diplômés du Maroc, avons suivi votre intervention dans une émission sur… Nous avons été très choqués par vos propos absolument blessants et infondés, pour ne pas dire mensongères.

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Droit de réponse des diplômés du Maroc à Mohamed Dioubaté

Dans cette émission, vous affirmez, avec mépris, que les étudiants issus de l’enseignement franco-arabe n’ont aucun niveau pour mériter une bourse d’études à l’étranger, vous affirmez que pour cette raison que les Marocains ne veulent plus d’étudiant franco-arabe.

Pour illustrer vos propos, vous prenez un exemple pratique concernant ces étudiants en Égypte. Dans cette même logique de justification, vous sortez des argumentations qui ne concerne plus la question de niveau d’étude, mais qui révèle que c’est tout simplement du mépris, vous dites que vous êtes là pour former des cadres et non des imams, en réduisant l’enseignement franco-arabe en une simple formation d’imam. C’est à la fois méprisant pour une partie de vos compatriotes, mais aussi ignorant du contenu de cette branche de l’enseignement.

C’est pourquoi, nous avons décidé de répondre à ces allégations, séquence par séquence, afin d’informer nos compatriotes et nos partenaires étrangers et de rétablir l’honneur de ces Guinéens qui se battent de toutes leurs forces pour contribuer dans le développement national et lutter contre l’illettrisme dans notre pays.

La séquence 1 « …. Il faut qu’on prenne conscience de nos faiblesses et de nos lacunes, les 90% des professeurs d’arabes aucun d’eux n’a son enfant dans les écoles franco arabes, ils sont tous dans le système français ». Ici, vous insinuez que ces professeurs n’ont pas foi en l’école franco-arabe et que cela justifierait peut-être la mort de cet enseignement. C’est quoi le lien ? Dans ce cas, qu’en est-il des ministres et des hauts cadres qui ont tous leurs enfants inscrits dans les lycées et universités occidentales ? Et qui n’ont aucun enfant inscrit dans les lycées et universités guinéennes ? Pour cela, faut-il la fermeture des universités guinéennes pour cela ? C’est absurde de dire oui. L’intelligence commanderait à ce qu’on continue à améliorer l’école guinéenne, toute l’école guinéenne (franco-arabe comprise…) afin que celle-ci répondre au mieux à nos besoins.

Séquence 2 « 2010-2011. Je vous assure, il n’y avait que des déperditions jusqu’en 2011 et en 2012 quand nous sommes partis, les Marocains disent : ça vous fait perdre des places ; le franco-arabe ne peut suivre des cours ni en français ni en arabe, ils n’ont aucun niveau, nous ne pouvons pas les prendre en charge….Il y a trop de déperditions, aucun d’eux n’arrive à finir l’université. Ils n’ont aucun niveau, il faut qu’on se remettre en cause »,

Permettez-nous de vous rappeler que votre mission au sein de ce département est axée sur la formation des fils et filles de ce pays sans aucune distinction de sexe ni de religion ni d’ethnie, chose d’ailleurs que vous avez foulé au sol. Car la position adoptée était d’écarter certains Guinéens pas simplement les arabophones.

En plus, avant vous, de 2000 à 2012, les arabophones au Maroc étaient dans plusieurs universités marocaines. Certains étaient au niveau de la licence, master ou doctorat. Vous êtes venu, en remplaçant Mme Gueye, avec une politique clairement discriminatoire vis-à-vis des lauréats des écoles franco-arabes. Vous ignorez une seule chose, la période dont vous faites allusion a connu plusieurs détenteurs de doctorats au sein des arabophones au Maroc. En plus, d’autres sont venus des écoles franco-arabes pour continuer en droit ou économie en français et sont tous sortis majors de leurs promotions. Nous détenons également cette statistique, pour prouver le contraire de vos propos mensongers.

Votre décision nous a galvanisé à plus d’un titre, nous avons compris qu’un ennemi est venu pour nous anéantir. Vous pouvez constater de vous-même de 1997 à 2014 en suite jusqu’à nos jours, beaucoup d’arabophones sont sortis avec des diplômes de doctorat au Maroc. Nous pouvons vous donner une liste exhaustive par rapport à ces lauréats, aujourd’hui ces docteurs sont tous au service de l’Etat dans les universités guinéennes ou ailleurs. Nous vous laissons constater vous-même afin de vous rendre compte de cette grotesque mensongère.

La déperdition dont vous faites allusion ne ressemble pas à tous les étudiants arabophones au Maroc. La preuve vivante est sur le terrain. Nous relevons ces défis grandioses. Nous sommes les seuls qui pouvaient rester pendant 5 ans ou plus sans bourse et sans pour autant abandonner les cours dans les universités. Nous avions eu cette conviction que les hommes comme vous ne souhaitent pas voir ce pays avancé avec la diversité linguistique, et surtout avec des dignes fils qui font honore à notre nation ailleurs.

À chaque fois que vous parlez de ce sujet, ceux qui connaissent bien la réalité se rendront compte du degré de l’ignorance que vous avez Monsieur le Directeur censé connaître tout, mais ne savent rien sur les étudiants à l’extérieur. Dans vos propos, vous avez mis un accent sur le faible niveau des élèves arabophones. À ce point, nous croyons bien qu’il faille regarder dans votre jardin, si vous n’avez pas le même souci de niveau que ces arabophones.

Le problème de niveau en Guinée est commun, mais vu que les arabophones sont les orphelins pauvres de la nation, personne ne les défend, vous focalisez vos énergies sur eux, pour attiser votre haine en vue de compromettre leur cursus scolaire et universitaire. Dites-nous qu’avez-vous fait étant un responsable éducatif ? Avez-vous remonté un rapport pour faire une proposition de solution par rapport à ce fait ? Nous croyons bel et bien que cela ne vous ressemble pas, vu l’incapacité et la cécité administrative dont vous avez fait preuve dans ce département.

Séquance3 : « ce n’est pas le Maroc seulement pour les franco-arabes, je vous assure… Même en Egypte, ils ne peuvent pas étudier dans les universités… » Alors là soit vous ignorez complètement le système éducatif égyptien, soit vous êtes dans votre logique de diffamation ou les deux à la fois. La quasi-totalité des étudiants étrangers en Égypte sont confrontés à ce problème. Cela indépendamment de leurs domaines d’études religieuses ou scientifiques ou encore moins de leur niveau. Lorsque vous n’avez pas effectué vos études préuniversitaires dans le système, vous serez quasi-automatiquement rétrogradé, c’est un choix souverain et compatible avec leur politique éducative. Il faut donc comprendre que si l’Egypte était une destination pour les lauréats guinéens issus de l’enseignement classique (français) ils seraient frappés de la même manière, voire plus, et là votre discours n’aurait pas été le même.

Sequence4 , « je suis venu pour former des cadres et non les imams… C’est la ligue qui forme les imams. » M. Dioubaté, nous avons honte à votre place. Ces propos sont indignés de votre fonction et d’une gravité particulière. Vous vous êtes enfermé dans cette bulle de haine, dans votre monde, c’est étude arabe, c’est imam, franco-arabe, c’est imam et rien de plus. Cette phrase rime avec l’arrogance, l’incompétence et le mépris vis-à-vis de ce métier noble pour tout bon croyant. Être imam est une fierté pour tous les Hommes de croyance. Peut-être sauf ceux qui rejettent comme vous Dr Dioubaté.

D’abord, vous êtes incapable de faire la différence entre la langue arabe et l’imamat, qui vous a dit quand dans les universités marocaines qu’on forme simplement des imams ? L’université a un programme spécifique pour former les cadres. Pour vous, tous ceux qui parlent l’arabe sont imams ? Une autre ignorance pour un administrateur à votre calibre !!!

Comprenez-vous que l’arabe est une voie de transmission de savoir ? Au même titre que le français, l’anglais, l’espagnol, le chinois, le russe et autre… Comprenez-vous que toutes ces langues sont capables de transmettre des connaissances, à la fois scientifiques et religieuses ? Il faut juste savoir que la particularité de la langue arabe réside seulement dans le fait que la prière islamique n’est dirigée qu’en langue arabe (sauf pour Nanfo bien sûr). C’est pourquoi, dans la conscience collective, toute écriture arabe est assimilée généralement au cornant ou autres livre islamique, mais cette ignorance devrait être celle de nos parents et grand parent qui n’ont pas eu la chance d’étudier, mais pas un haut cadre de l’enseignement supérieur.

Dites-nous, est-ce que l’Etat a mis en place des disciplines scientifiques au lycée pour permettre aux étudiants arabophones, d’apprendre les sciences et les technologies dans ses domaines ? Votre méconnaissance du secteur a causé des dommages aux Guinéens, à cause de vous, la Guinée a perdu et continue de perdre des formations de ses cadres, un changement est mieux à ce niveau.

M. Doubaté, vous devriez reconsidérer votre position vis-à-vis de cette partie de l’école guinéenne, car il y a de vos compatriotes issues de cette partie qui font la fierté de notre pays a l’étranger, au-delà de la fonction que vous leur attribuerez uniquement. Il y a de vos compatriotes guinéens issues de cet enseignement qui sont aujourd’hui des banquier, senior-manager dans des banques d’investissement au Qatar (Fofana Oumar), d’autres sont experts internationaux en matière de maintien de paix et consultant des Nations Unies et qui ont rédigé des ouvrages de qualité et appréciés des spécialistes et qui enseignent la science politique dans des universités guinéennes (Dr Issiaka Souaré). D’autres encore ont réussi avec brio à obtenir des hauts diplômes dans les plus grandes universités occidentales, en France , université Lyon (Mohamed Ramadan Diallo , docteur en science politique), Université Paris Assas (Therno Madiou Diallo, Master en relation internationale et Doctorant), Université Paris Descartes (Sidiki Camara, master droit public des affaire , master en politique publique et développement et doctorant ) dans les université marocaines (Oumar Sano, docteur en littérature arabe, Dr Mohamd Lamine Keita à l’université strasbourg,  Hassan Kanne, docteur en lettres modernes, étude menée sur les langues africaines précisément sur le N’KO) en Angleterre et aux USA, Mansaré Ibrahim, titulaire de deux masters en économie et linguistique, doctorant à l’Université Mohamed V Rabat, cadre à la banque islamique  de Guinée, sans parler ces dizaines des docteurs à travers  les universités guinéennes dans tout le domaine…

Peu importe notre volonté, nous ne pouvons tout citer, mais nous croyons que nos compatriotes savent bien que vos propos ne sont pas fondés, ils savent que vous n’appréciez pas ce domaine d’enseignement. Pourtant, les principes de services publics vous commandent de mettre de côté vos sentiments personnels et ne voir que l’intérêt général.

L’intérêt général voudrait que la bourse soit attribuée aux plus méritants des Guinéens sans aucune autre considération. Autrement dit, la bourse ne devrait pas être considérée comme une marchandise, or, nous savons bien que vous avez contribué à monétiser la bourse extérieure et donc détruire les enfants des citoyens pauvres. Si nous parlons de dysfonctionnements dans l’administration guinéenne, vous en êtes donc le prototype.

En tant que citoyens et intéressés, nous demandons aux autorités de transition de s’intéresser à cette question de bourse. Il faut que le service des bourses extérieures soit audité sur le cas d’exclusion des lauréats issus de l’enseignement franco-arabe et sur la gestion générale de ce service, car l’enseignement franco-arabe n’est pas la seule victime de cette monétisation de la bourse extérieure.

Votre plan a échoué, car la vérité triomphera toujours, Dieu même est la vérité. Tenir des propos pour salir toutes ces personnes relève d’une bassesse impardonnable, d’une haine profonde. La Guinée a besoin de ceux qui peuvent unir les Guinéens pas ceux qui les divisent. C’est avec une très grande fierté que nous avons accepté cette formation en langue arabe dans ses différentes disciplines, pour participer pleinement au rayonnement de ce pays et nous l’assumons bien. Car les résultats prouvent à suffisance qu’aucun pays ne peut se développer économiquement et socialement sans cette diversité.

Nous croyons en notre chance dans notre pays que nous aimons de nos cœurs. Malgré votre haine et mépris, nous apporterons notre pierre à l’édifice.

Dr FADIGA Abdourahamane

M. MANSARE Ibrahim

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