A la découverte d’un nomade peulh : le berger Mamadou Diawara et son troupeau

[dropcap]L[/dropcap]es activités rurales de la Guinée sont aussi diverses que variées en fonction des régions naturelles du pays. L’élevage en est une de ces activités, qui reste quasiment pratiqué en Basse, Moyenne et Haute Guinée, pour une faible main d’œuvre ; soit 7%  des populations environ.

Dans ces régions, l’élevage est caractérisé par la transhumance pastorale ou le mouvement saisonnier qu’effectuent les éleveurs, à la recherche du pâturage. Avec leurs troupeaux, les adeptes de cette pratique plusieurs fois séculaires se déplacent sur plusieurs dizaines de kilomètres pour faire traire leurs bétails. Une réalité que nombreuses personnes remontent aujourd’hui aux temps anciens. Pourtant non ! C’est une évidence concrète en Guinée.

Cette activité ancestrale, Mamadou Diawara l’hérite de ses parents, qui l’ont aussi héritée des leurs. Ce jeune d’environ 29 ans dirige un troupeau depuis sa tendre enfance. Rencontré à Totiah – localité située à Koba, dans la préfecture de Boffa –  le jeune éleveur dit entretenir une cohabitation avec les populations autochtones.

Toutefois, de petites histoires interviennent entre ces nomades peulhs, éleveurs allogènes et les Baga autochtones, autour de la dévastation des champs de riz de ces derniers. Mais le contentieux finit le plus souvent par trouver un dénouement heureux, suite à la concession des deux parties en conflit.

Originaire d’une localité à cheval avec les préfectures de Télimélé et de Fria, Mamadou Diawara et son troupeau ont fait un trajet de plus de 80 km à pieds pour en arriver là. Et ce, pour un délai de près d’une dizaine de jours de parcours. Les enfants ne pouvant pas tenir cet exercice sont embarqués à bord des véhicules qui viennent les déposer à Koba, avant de continuer sur Totiah.

Logés sous les palmiers à huile, dans des maisons de fortune faites de paille, ces nomades passent leur temps entre le bétail essentiellement composé de bovins et de caprins et la volaille. Avec à leurs côtés, leurs enfants –une dizaine– qui n’ont jamais mis pieds à l’école.

Mady Bangoura, pour VisionGuinee.Info

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