La Côte d’Ivoire continue de renforcer son leadership sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes. Invitée à une table ronde de haut niveau organisée ce lundi 6 juillet au siège du Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris, la délégation ivoirienne a présenté les résultats d’une étude inédite qui place désormais le pays au premier rang mondial dans l’analyse des normes de masculinité.
Conduite par Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre et titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), la délégation ivoirienne a exposé les conclusions de l’Enquête nationale sur les normes de masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI), une initiative scientifique destinée à mieux comprendre les représentations sociales qui influencent les comportements et les rapports entre les femmes et les hommes.
La rencontre a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, notamment le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, la directrice du Centre de développement de l’OCDE, Ragnheiður Elín Árnadóttir, ainsi que plusieurs ambassadeurs et représentants permanents auprès de l’organisation.
Cet indicateur est issu de l’EMASCI, dont les résultats ont été rendus publics le 30 juin dernier à Abidjan à travers le rapport intitulé « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ». Réalisée en partenariat avec le Centre de développement de l’OCDE, cette étude vise à fournir des données scientifiques capables d’orienter les politiques publiques et les stratégies nationales en faveur de l’égalité de genre.
Cette enquête constitue une avancée majeure, car elle s’intéresse à un aspect encore insuffisamment pris en compte dans les politiques d’égalité : les normes sociales qui définissent les attentes associées aux hommes et aux femmes dans la société.
Les résultats montrent notamment que de nombreux hommes adhèrent davantage aux principes de l’égalité entre les femmes et les hommes qu’ils ne l’expriment publiquement. Cette réalité ouvre la voie à une approche fondée sur la masculinité positive, qui considère les hommes comme des acteurs essentiels de la transformation sociale et non comme de simples bénéficiaires des politiques d’égalité.
Le communiqué souligne que l’étude met en lumière la persistance de certaines représentations traditionnelles. Parmi les tendances observées, une forte proportion des personnes interrogées continue d’associer l’homme au rôle principal de soutien financier du foyer, révélant ainsi l’influence durable des normes sociales sur la répartition des responsabilités familiales.
La Côte d’Ivoire était également représentée par Anthelm Prosper Angui, Premier conseiller de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, qui intervenait au nom de l’ambassadeur Maurice Kouakou Bandaman. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision portée par les autorités ivoiriennes, sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, pour renforcer l’égalité des chances entre les femmes et les hommes.
Forte de ces résultats scientifiques, la Côte d’Ivoire ambitionne désormais de franchir une nouvelle étape avec l’élaboration d’une Stratégie nationale pour la promotion de la masculinité positive 2026-2030.
À travers cette initiative pionnière, la Côte d’Ivoire entend désormais agir au-delà des réformes institutionnelles en s’attaquant aux normes sociales qui façonnent les comportements individuels et collectifs. En plaçant la masculinité au cœur de la réflexion sur l’égalité femmes-hommes, le pays ambitionne de devenir une référence africaine et internationale dans la construction d’une société plus inclusive et équitable.